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Aides à domicile : la CGT mobilise ses salariées devant le Département contre des « conditions indignes »

Rassemblement des aides à domicile de la CGT Hérault devant l'Hôtel du Département à Montpellier le 21 avril 2026

Des aides à domicile se sont rassemblées mardi 21 avril devant les hôtels du Département de l’Hérault à Montpellier et Béziers pour dénoncer leurs conditions de travail. À l’appel de la CGT, les salariées ont porté cinq revendications : salaires, indemnités kilométriques, reconnaissance du métier, droits et temps de travail.

Le rassemblement montpelliérain s’est tenu devant le Mas d’Alco, siège du Conseil départemental, situé 1977 avenue des Moulins. À Béziers, les manifestantes étaient réunies devant l’annexe de l’Hôtel du Département, 173 avenue Maréchal-Foch. Deux actions simultanées, pour un même cri d’alerte lancé à l’employeur public.

Deux rassemblements devant les hôtels du Département

Les deux mobilisations ont démarré à 10 heures, selon l’appel lancé par la CGT Hérault quelques jours plus tôt. Le syndicat a choisi de cibler le Conseil départemental, qui finance une partie des services d’aide à domicile et qui négocie chaque année ses tarifs avec les structures employeuses.

Sur les parvis des deux hôtels, les militantes ont installé les tentes rouges du syndicat, accroché les drapeaux et déployé des banderoles. Le message, résumé par la CGT Hérault, tenait en quelques mots : « un métier essentiel, des conditions indignes ».

Localisation : Hôtel du Département, Mas d’Alco, 1977 avenue des Moulins, Montpellier

Cinq revendications pour sortir de la précarité

La CGT a structuré son appel autour de cinq demandes concrètes. Elles reprennent les grands maux d’un secteur qui s’est considérablement dégradé depuis dix ans.

  • Revalorisation immédiate des salaires, jugés « indécemment bas »
  • Augmentation des indemnités kilométriques, aujourd’hui fixées à 0,38 euro du kilomètre
  • Amélioration des conditions de travail et des plannings
  • Reconnaissance réelle du métier et du temps de travail effectif
  • Respect des droits et des horaires
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L’enjeu des frais de déplacement est devenu central. Les aides à domicile parcourent chaque jour plusieurs dizaines de kilomètres entre les logements des personnes accompagnées, sur des plages horaires souvent fractionnées. La flambée des prix du carburant, accentuée par les tensions géopolitiques autour du détroit d’Ormuz, fait peser une charge financière de plus en plus lourde sur des salariées déjà mal rémunérées.

« Le quotidien de ces travailleuses, ce sont des salaires insuffisants, des frais de déplacement en hausse, des temps de déplacement non reconnus, des journées morcelées et épuisantes, un manque de respect et de reconnaissance. »

Communiqué de la CGT Hérault

Un secteur essentiel face à un Département sous contrainte budgétaire

Les quelque milliers d’aides à domicile de l’Hérault accompagnent chaque jour des personnes âgées, des personnes en situation de handicap et des familles fragilisées. Toilette, repas, entretien du logement, aide aux déplacements, maintien du lien social : autant de missions qui permettent à des milliers d’Héraultais de rester chez eux plutôt que d’être contraints à l’hébergement en établissement.

Le message des manifestantes arrive dans un contexte financier tendu pour la collectivité. Début 2026, le président du Conseil départemental Kléber Mesquida a reconnu publiquement que les « difficultés budgétaires » empêchaient le Département « d’intervenir avec autant de force que par le passé ». Une phrase qui sonne comme une fin de non-recevoir pour les aides à domicile, alors que leur financement dépend directement des arbitrages départementaux.

Le secteur subit par ailleurs une crise de vocations. Le turn-over est massif, les absences maladie nombreuses et les offres d’emploi peinent à trouver preneuses. Dans plusieurs associations d’aide à domicile héraultaises, les plannings sont tendus chaque semaine, au point de fragiliser la continuité du service auprès des bénéficiaires.

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Une mobilisation qui s’inscrit dans une série

Ce rassemblement s’ajoute à une longue liste de mouvements portés ces derniers mois par les travailleurs de la santé et du soin. En mars, vingt infirmières Asalée de l’Hérault dénonçaient deux mois sans salaire. Le 31 mars, les enseignants étaient massivement mobilisés à Montpellier, un mouvement dont le bilan avait marqué la capitale héraultaise.

Les aides à domicile, elles, sont rarement sous le feu des projecteurs. Majoritairement composée de femmes, la profession souffre d’un manque de visibilité qui nourrit le sentiment d’injustice exprimé sur les parvis des hôtels du Département. La CGT Hérault a prévenu : si les négociations ne débouchent sur rien de concret, d’autres actions suivront dans les semaines à venir.

Pour l’heure, aucune réponse officielle du Département de l’Hérault n’a été rendue publique à l’issue du rassemblement. Les salariées du secteur attendent désormais de voir si leurs revendications seront prises en compte dans les prochaines discussions budgétaires.