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Le 1er mai à Montpellier 2026 : place Albert 1er à 10h30

Comme chaque année, les syndicats appellent à manifester pour la fête internationale du travail. À Montpellier, le rendez-vous est fixé vendredi 1er mai à 10h30, place Albert 1er, à deux pas de la fac de lettres. Sept autres rassemblements sont prévus dans l’Hérault. Cette édition 2026 s’ouvre dans un climat particulier, après le bras de fer remporté contre la tentative gouvernementale de remettre en cause le caractère férié du 1er mai. Tour d’horizon des enjeux et des points de mobilisation.

Le rendez-vous montpelliérain : place Albert 1er à 10h30

Le cortège partira de la place Albert 1er, en bordure du centre historique et face à l’université Paul-Valéry. L’horaire fixé à 10h30 est resté inchangé par rapport aux années précédentes. La marche traversera ensuite le centre-ville selon un parcours qui sera précisé en début de matinée par les services de la préfecture.

L’appel est porté à l’échelle départementale par l’intersyndicale, qui rassemble notamment la CGT, la FSU et Solidaires. Force ouvrière, sans participer systématiquement aux mêmes cortèges, défend la même journée et appelle aussi à se mobiliser. Les organisations attendent une affluence solide, dans la lignée des grands rassemblements de printemps qui ont marqué la capitale héraultaise ces dernières années.

Point de départ du cortège : place Albert 1er, à Montpellier.

Une fête du travail sur fond de bras de fer politique

Cette mobilisation 2026 prend une saveur de victoire pour les organisations syndicales. Le gouvernement avait déposé une proposition assouplissant le caractère férié du 1er mai, avec un dispositif de volontariat permettant aux commerces d’ouvrir ce jour-là. Le texte concernait potentiellement 1,4 million de salariés, principalement dans la grande distribution, la boulangerie et la fleuristerie. La levée de boucliers syndicale a poussé l’exécutif à reculer. Les esprits restent toutefois échauffés.

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Pour Franck Mary Montlaur, secrétaire départemental de Force ouvrière dans l’Hérault, ce recul gouvernemental ne suffit pas à apaiser les inquiétudes. Le responsable syndical, qui rejoint l’équipe nationale du secrétaire général Frédéric Souillot, a livré sa lecture à Midi Libre à la veille des défilés.

« Les attaques sur le 1er-Mai sont terribles. Alors qu’on a d’autres urgences. Les Français souffrent avec la guerre et les hausses du carburant, de certains produits. Et on vient nous agiter ce chiffon rouge pour dire qu’il faut mettre à bas le jour férié du 1er-Mai. »

Franck Mary Montlaur, secrétaire départemental de Force ouvrière de l’Hérault

Le syndicaliste défend une logique de négociation directe entre salariés et employeurs, branche par branche. Il rappelle que le précédent du travail dominical dans la grande distribution a montré les limites du volontariat : « avant d’embaucher, les employeurs ont dit : si vous ne travaillez pas le dimanche on ne vous prend pas ».

Vie chère, salaires et paix : les revendications portées dans la rue

Au-delà du symbole de la journée chômée, les organisations entendent porter trois grandes batailles. La première concerne le pouvoir d’achat. Les syndicats rappellent que les prix de l’énergie ont explosé tandis que les salaires n’ont toujours pas retrouvé leur niveau de 2020. Côté étudiant, les organisations chiffrent à 30 % la hausse du coût de la vie, une envolée qui n’a pas été suivie par la revalorisation des bourses.

Deuxième front : la fiscalité et les aides aux entreprises. L’intersyndicale chiffre à 211 milliards d’euros le montant annuel des aides publiques versées sans condition ni contrepartie, alors que les dividendes versés aux actionnaires battent des records. Les manifestants demandent que ces aides soient conditionnées et réorientées vers le financement des services publics. Ils réclament également que les salaires, pensions et minima sociaux soient indexés sur les prix.

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Troisième axe : la paix. Les syndicats affichent leur solidarité avec les travailleurs vivant sous les bombes en Ukraine, en Palestine, au Liban, en Iran ou au Soudan. Ils dénoncent l’asphyxie des services publics au profit de budgets militaires et appellent la France et l’Europe à porter un agenda de désarmement.

Le 1er mai est un jour férié et chômé pour la quasi-totalité des salariés. Les rares exceptions concernent les secteurs où l’activité ne peut être interrompue (hôpitaux, transports, sécurité). Pour ces professionnels, la rémunération de la journée travaillée est doublée.

Sept autres rassemblements dans l’Hérault

Au-delà de Montpellier, la mobilisation s’étend dans l’ensemble du département. L’intersyndicale a publié la carte des rendez-vous pour permettre à chacun de rejoindre le cortège le plus proche.

  • Béziers : 10h30, bourse du travail
  • Sète : 10h30, place de la Mairie
  • Lunel : 10h30, devant l’hôpital
  • Bédarieux : 10h30, maison des syndicats
  • Agde : 10h00, haut de la promenade
  • Clermont-l’Hérault : 11h00, allée Roger-Salengro
  • Ganges : 11h00, mairie

Cette dispersion des points de rassemblement traduit la volonté des organisations de toucher les salariés dans les bassins d’emploi locaux, au-delà de la seule capitale régionale. La carte complète des rendez-vous est consultable sur le site de la CGT Hérault.

Un mouvement social qui ne faiblit pas dans la métropole

Le rassemblement du 1er mai s’inscrit dans une séquence sociale chargée à Montpellier. Au tribunal de la ville, les avocats ont mené une grève du zèle contre la loi SURE et son extension du plaider-coupable aux affaires criminelles. Devant le Département, les aides à domicile mobilisées par la CGT dénoncent leurs conditions de travail.

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Le secteur de l’éducation n’est pas en reste : les enseignants du lycée Jules-Guesde ont déposé un préavis de grève pour la semaine du 4 au 7 mai, après les violences survenues entre un professeur et deux élèves. Le 1er mai s’annonce donc comme le point d’orgue d’un printemps social montpelliérain où plusieurs corps de métier expriment leurs revendications.

Côté pratique, les services de transport adapteront leurs horaires en raison du jour férié. Les commerces du centre-ville resteront fermés pour la quasi-totalité, à l’exception des fleuristes traditionnels qui bénéficient d’une dérogation pour la vente du muguet. Les syndicats appellent les Montpelliérains à venir nombreux, tracts et drapeaux à la main, pour porter une fête du travail qu’ils défendent comme un acquis et un repère collectif.