Montpellier Info

Toute l'actualité de Montpellier et sa région en direct

Villeneuve-lès-Maguelone : fouille XXL et grosses saisies à la prison

Objets interdits saisis lors d'une fouille à la prison de Villeneuve-lès-Maguelone

Une opération de grande ampleur a secoué le centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone dans la nuit du jeudi 4 juin. De 19 heures à 23 h 30, les surveillants épaulés par les équipes régionales d’intervention ont passé au crible 103 détenus et une soixantaine de cellules. Le bilan des saisies illustre l’ampleur des trafics dans un établissement qui tourne à 180 % de sa capacité.

Une fouille nocturne d’envergure

Tout démarre peu après 19 heures, à la prise de service du soir. La direction de l’établissement lance une fouille sectorielle ciblant l’ensemble de l’étage du bâtiment 2A ainsi que 15 cellules du bâtiment 3C. Au total, 103 détenus sont contrôlés pendant que les agents inspectent une soixantaine de cellules.

Pour mener une opération de cette taille, les personnels de Villeneuve-lès-Maguelone ont été renforcés par les ERIS, les équipes régionales d’intervention et de sécurité de l’administration pénitentiaire. Certains surveillants volontaires étaient à pied d’œuvre depuis 7 heures le matin, cumulant plus de douze heures de service au moment où l’intervention s’achève, vers 23 h 30.

Un bilan de saisies particulièrement lourd

Dans le seul bâtiment 2A, les fouilles ont permis de retirer de la détention 186 grammes de résine de cannabis et 5,75 grammes de cocaïne. Les agents y ont aussi découvert 18 téléphones portables, une console PlayStation avec ses manettes, plusieurs clés de streaming Amazon Fire TV Stick, de nombreux câbles et chargeurs, ainsi que des puffs et des chichas électroniques.

Les 15 cellules visées du bâtiment 3C ont livré un complément tout aussi parlant. Les surveillants y ont saisi 8 grammes de résine et 12 grammes d’herbe de cannabis, cinq téléphones supplémentaires et une chicha électronique. Au-delà des stupéfiants, l’opération met au jour tout un écosystème d’objets interdits qui circulent en détention.

  • Stupéfiants : environ 206 grammes de cannabis et 5,75 grammes de cocaïne
  • Téléphonie : 23 téléphones portables et de nombreux kits oreillettes
  • Électronique : une console PlayStation, des clés de streaming, chargeurs et chichas électroniques
  • Divers : un tournevis, une clé Torx et du matériel non référencé au catalogue des cantines
READ  Affaire Lorenzo : Lucas Barreto demande sa remise en liberté

Une prison à 180 % de sa capacité

Ce coup de filet ne dit pas seulement l’ampleur des trafics. Il braque aussi le projecteur sur l’état du centre pénitentiaire montpelliérain. L’établissement accueille aujourd’hui 1 045 détenus pour 587 places, soit un taux d’occupation de 180 %, avec 166 matelas posés à même le sol.

À cette surpopulation s’ajoute un sous-effectif chronique. Selon le syndicat UFAP UNSA Justice, il manquerait 25 surveillants à l’organigramme de référence, tous corps et grades confondus. Une équation qui pèse directement sur la capacité des agents à contrôler ce qui entre et ce qui circule dans les coursives.

« Aujourd’hui la surpopulation carcérale, le manque chronique de personnels et la multiplication des tâches sont un véritable frein aux contrôles des objets et substances interdites. »

Marine Orengo, secrétaire locale UFAP UNSA Justice au centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone

Les syndicats réclament des moyens face aux drones

Pour les représentants du personnel, la réussite de la fouille ne doit pas masquer l’essentiel. Le syndicat exige des moyens humains, logistiques et financiers renforcés pour lutter contre l’introduction de produits illicites et veut aussi la prévenir en amont. La quantité d’objets retirés en une seule nuit en dit long sur le volume qui échappe au quotidien.

Les organisations pointent surtout une menace devenue banale : les livraisons par drones. Elles réclament l’installation de brouilleurs pour stopper ces approvisionnements aériens décrits comme quasi quotidiens. Du côté de FO Justice, présent lors de l’opération aux côtés de la gendarmerie, on encourage la reconduction régulière de telles fouilles, jugées indispensables pour maintenir l’ordre en détention. Le syndicat a détaillé le bilan de la nuit dans son communiqué officiel.

READ  Lauriane Alomene, cheffe d'état-major de la police de l'Hérault

Ce nouvel épisode s’inscrit dans une série noire pour la maison d’arrêt héraultaise, déjà marquée fin mai par l’agression de deux surveillants. Il résonne aussi avec le débat local sur le trafic de drogue, alors que le maire Michaël Delafosse réclamait cette semaine la création d’une JIRS à Montpellier pour frapper plus fort les réseaux.