Vendredi 10 juillet, la cité Gély, à Montpellier, a été le théâtre d’une saisie de stupéfiants peu banale. À l’arrivée de la police, un trafiquant présumé s’est débarrassé de son stock en le jetant par une fenêtre. Le sac à dos contenait près de 50 000 euros de drogue.
Un guetteur repéré, un sac balancé par la fenêtre
Il est environ 13h30 ce vendredi quand un équipage de la brigade anticriminalité patrouille place Étienne-Jodelle, en plein cœur du quartier Gély. Les policiers repèrent un jeune homme au comportement suspect. À leur vue, l’intéressé prend la fuite et s’engouffre dans un immeuble voisin.
La locataire de l’appartement laisse les fonctionnaires entrer. Elle assure que le jeune homme voulait seulement récupérer un chargeur de téléphone.
« Il venait simplement chercher un chargeur de téléphone. »
Une habitante de l’immeuble, propos rapportés
Le suspect, lui, se cache dans la salle de bains. Pendant ce temps, d’autres policiers postés au pied du bâtiment voient un sac à dos tomber d’une fenêtre. Le geste va coûter cher à son propriétaire présumé. Les fonctionnaires n’ont plus qu’à ramasser la marchandise abandonnée au sol.
Près de 50 000 euros de cocaïne et de cannabis saisis
À l’intérieur du sac, les enquêteurs découvrent un stock conséquent : plus de 1,4 kg de résine de cannabis, 130 grammes d’herbe et plus de 600 grammes de cocaïne. La perquisition menée ensuite dans l’appartement complète la moisson.
Les policiers y saisissent une vingtaine de grammes de résine, plus de 60 grammes de cocaïne supplémentaires et 2 300 euros en espèces. Au total, le préjudice est estimé à près de 50 000 euros. Une somme rare pour une interpellation de rue, qui témoigne du niveau de stock manipulé dans ce point de deal bien connu des forces de l’ordre.
La quantité de cocaïne retrouvée interpelle. Longtemps réputée réservée à une clientèle aisée, la poudre blanche s’est banalisée dans l’agglomération, au point d’y circuler désormais à des prix cassés. Un stock de cette ampleur, à même un sac à dos, illustre la place croissante qu’elle occupe dans l’économie souterraine des quartiers.
Un homme déjà interdit de paraître dans le quartier
L’interpellation ne s’est pas déroulée sans heurts. À la sortie de l’immeuble, les policiers ont dû faire face à un attroupement de riverains hostiles à leur intervention avant de pouvoir ramener le suspect au commissariat.
Âgé de 24 ans, l’homme n’est pas un inconnu de la justice. Il faisait déjà l’objet d’une interdiction de paraître à la cité Gély, prononcée après une précédente affaire de stupéfiants en février dernier. Malgré cette mesure, il avait continué de fréquenter le secteur.
À l’issue de sa garde à vue, il a été déféré devant le parquet de Montpellier dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité. Cette procédure de plaider-coupable permet de sanctionner rapidement les faits reconnus, sans passer par un procès classique. Le mis en cause est ressorti libre, de nouveau interdit de paraître dans le quartier. L’enquête se poursuit pour déterminer l’origine du stock saisi.
La cité Gély, cible récurrente des opérations anti-drogue
Ce coup de filet n’a rien d’isolé. Situé dans le secteur de Figuerolles, le quartier Gély figure depuis des mois parmi les points de deal les plus surveillés de la ville. En avril, une opération d’ampleur s’était soldée par quatorze interpellations et un policier blessé après cinq jours de présence renforcée sur place.
La lutte contre le narcotrafic mobilise plus largement les services montpelliérains, à l’image du démantèlement du camp de Marels, où 200 policiers étaient intervenus. Autant d’opérations qui rappellent la difficulté à tarir durablement un trafic solidement implanté dans certains quartiers de la cité surdouée.















