Un animateur du périscolaire a été écarté de deux écoles montpelliéraines après des soupçons d’agressions sexuelles sur des enfants. La Ville de Montpellier convoque les familles à une réunion d’information lundi 29 juin, plus de quatre mois après la suspension. Du côté des parents, l’incompréhension domine.
Une suspension révélée quatre mois après les faits
La mairie a écarté en février un animateur du périscolaire qui intervenait à l’école maternelle Jean de La Fontaine et à l’école élémentaire Jules-Verne, dans le quartier des Beaux-Arts. Le salarié municipal est soupçonné d’agressions sexuelles sur au moins un élève. La mesure remonte à plus de quatre mois.
Les familles n’ont appris la situation que cette semaine. L’information a d’abord été donnée lors d’un conseil d’école le mardi 23 juin, avant un courriel adressé aux parents le lendemain. Ce message les convoque à une réunion en mairie lundi 29 juin à 18h30, en présence de Tasnime Akbaraly, adjointe au maire déléguée à la Ville éducative. La municipalité y évoque « les faits graves qui se sont déroulés pendant les temps périscolaires des écoles Jean La Fontaine et Verne », sans entrer dans le détail.
- Février 2026 : suspension de l’animateur par la Ville
- Mardi 23 juin : information donnée lors d’un conseil d’école
- Mercredi 24 juin : courriel de convocation aux parents
- Lundi 29 juin : réunion d’information à l’Hôtel de ville
Une enquête confiée à la brigade des mineurs
La suspension a pris la forme d’une mesure conservatoire, le temps d’une double enquête, administrative et pénale. Les plaintes déposées par des familles font l’objet d’investigations de la brigade des mineurs du service local de police judiciaire, sous l’autorité du procureur de la République de Montpellier. La police nationale a confirmé qu’une enquête est en cours.
Selon les éléments rapportés par la presse locale, plusieurs enfants ont été entendus à deux reprises dans un cadre adapté. Des policiers se sont rendus dans l’une des écoles le mercredi 24 juin pour des constatations techniques. L’animateur reste écarté de ses fonctions jusqu’aux conclusions des investigations. À ce stade de la procédure, il bénéficie de la présomption d’innocence.
Les parents dénoncent une communication de crise
Le ton du courriel municipal passe mal auprès des familles. L’association « Une école, un avenir », qui les accompagne, dénonce un message « extrêmement évasif » laissant place aux « suppositions » et aux « bruits de couloir ». Beaucoup de parents s’étonnent surtout d’être prévenus plus de quatre mois après la mise à l’écart de l’animateur.
Pour Muriel Kosman, co-porte-parole de l’association, le procédé fragilise autant les familles que l’enquête en cours.
« Ce mail témoigne d’une incapacité, à l’heure actuelle, des institutions à s’adresser de manière convenable aux familles, à donner un contexte et des éléments qui permettent aux parents de réagir face à ce type d’annonce. »
Muriel Kosman, co-porte-parole de « Une école, un avenir »
L’association rappelle avoir réclamé, dès le printemps, des informations précises sur le parcours des animateurs mis en cause, sur le nombre d’agents écartés pour des atteintes sur mineurs et sur les protocoles de formation aux violences sexuelles. Ces demandes sont, à ce jour, restées sans réponse. Contactée, la municipalité invoque la complexité de ce type d’affaire et le temps nécessaire avant de communiquer.
Un second cas en quelques mois
Le dossier des Beaux-Arts n’est pas isolé. En mars, un autre animateur scolaire de Montpellier a été mis en examen, soupçonné de viol et d’agressions sexuelles sur des fillettes, dans une école et un centre de loisirs de la ville. Deux affaires distinctes qui dessinent un même malaise autour de l’encadrement périscolaire et de la protection des enfants.
La réunion de lundi devra répondre aux interrogations des familles sur la prise en charge des élèves concernés et sur les mesures de prévention déployées dans les écoles. Les parents annoncent qu’ils seront nombreux à se déplacer. La capitale héraultaise reste très sensible à ces sujets, après la mobilisation autour de l’affaire Lyhanna devant le tribunal de Montpellier et les engagements pris localement contre les violences sexuelles dans le sport.















