Laurent Nicollin a apposé sa signature au manifeste départemental de lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans le sport, mardi 2 juin, à la préfecture de l’Hérault. Le président du Montpellier Hérault Sport Club rejoint ainsi une coalition institutionnelle réunie à l’initiative de la préfète Chantal Mauchet, aux côtés de fédérations sportives, d’élus locaux et de clubs amateurs de l’Hérault.
Un signal politique fort à la préfecture de l’Hérault
La cérémonie de signature a rassemblé un aréopage inhabituel dans l’enceinte de la préfecture de Montpellier : représentants de l’État, collectivités, fédérations sportives et clubs professionnels ont formé un front commun pour engager le sport héraultais dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes. Le MHSC, club de Ligue 2 et institution sportive phare de la métropole, est l’un des signataires les plus visibles.
« Je voulais un temps officiel pour cet engagement collectif. Les témoignages que nous entendons permettent de faire émerger des signaux parfois faibles mais essentiels pour détecter ces violences. »
Chantal Mauchet, préfète de l’Hérault
La préfète a rappelé que ces faits, longtemps considérés comme des incidents isolés, relèvent d’un phénomène plus large alimenté par une culture du silence. Son ambition est explicite : faire de l’Hérault un département pilote dans la lutte contre ces violences, capable de mobiliser ses services « dans la journée » dès qu’un signalement est effectué.
Laurence Collas, directrice régionale académique de la jeunesse, de l’engagement et du sport d’Occitanie, a présenté les conclusions d’une enquête menée auprès de près de 400 encadrants associatifs. Son diagnostic est sans appel : « Des comportements que nous considérons comme très graves n’étaient pas toujours perçus comme tels. Si l’on ne voit pas les violences, on ne les signale pas. »
Les engagements concrets du MHSC
Par cette signature, le club pailladin s’engage à des mesures précises : désigner une personne référente dédiée à ces questions au sein de l’organisation, participer à des réunions annuelles de suivi des engagements, organiser des actions de sensibilisation et s’inscrire dans une démarche active de signalement des faits de violences ou de discrimination.
Ces engagements s’appuient sur des initiatives déjà déployées cette saison. Le MHSC s’est notamment associé à l’organisation HerGame Too pour mieux protéger les supportrices dans l’enceinte du Stade de La Mosson. Des panneaux de sensibilisation dotés d’un QR Code ont été installés pour permettre aux témoins ou aux victimes de signaler un incident via un formulaire dédié. Le personnel du stade a été formé à la prise en charge des victimes. Des « safe zones » ont également été aménagées dans l’enceinte.
Le club rappelle dans son communiqué sa volonté de faire de l’ensemble de ses infrastructures « des espaces sûrs, inclusifs et respectueux pour toutes et tous ».
Le centre de formation, pilier de la prévention
L’engagement du MHSC va au-delà du stade et de ses tribunes. Le centre de formation du club est pleinement impliqué dans la démarche. Des affichages de prévention contre les actes de malveillance et de maltraitance ont été déployés dans les vestiaires, l’école et les espaces communs fréquentés par les jeunes joueurs. Des actions régulières de sensibilisation y sont organisées, notamment sur les questions de cyberharcèlement.
Cette attention portée aux plus jeunes fait écho aux convictions d’Isabelle de Montgolfier, vice-présidente de l’Association des maires de l’Hérault et maire de Saussines. L’élue, qui parle aussi en tant que mère et grand-mère d’enfants investis dans le sport, a posé les mots qui résument l’enjeu collectif :
« Le respect du corps et la question du consentement sont essentiels. »
Isabelle de Montgolfier, vice-présidente de l’AMF34
L’AMF34 prévoit de mobiliser son centre de formation des élus pour diffuser ces enjeux dans les communes du département.
Prévenir avant le passage à l’acte
Pour Bernard Soto, président du Comité départemental olympique et sportif, la priorité est claire. « Il faut agir avant le passage à l’acte », a-t-il déclaré lors de la cérémonie, rappelant les actions engagées par le CDOS depuis 2020 pour former dirigeants, éducateurs et bénévoles à la détection des situations à risque.
L’enjeu dépasse les clubs professionnels. Le manifeste héraultais concerne aussi les associations sportives amateurs, les fédérations locales et les bénévoles qui encadrent des milliers d’enfants chaque semaine dans l’Hérault. L’objectif final, résumé par l’ensemble des signataires : qu’aucun enfant n’ait à choisir entre sa passion sportive et sa sécurité.
Isabelle de Montgolfier a plaidé pour une meilleure utilisation des Conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) dans les communes, qu’elle juge encore trop peu mobilisés sur ces problématiques. Cette approche territoriale complète l’engagement pris par les grandes institutions sportives du département, dont le MHSC est désormais l’un des ambassadeurs les plus visibles. Le club pailladin rejoint ainsi les autres clubs montpelliérains dans un rôle qui dépasse désormais le rectangle vert.















