Le bilan est tombé ce vendredi 10 juillet : 52 hectares de garrigue et de pinède ont brûlé à Murviel-lès-Montpellier, à l’ouest de la métropole. Le feu, déclaré mercredi en fin d’après-midi, a léché les premières maisons du village avant d’être fixé le soir même. Aucune habitation n’a été détruite. Aucun blessé n’est à déplorer.
Un départ de feu au bord d’une route
Tout commence mercredi 8 juillet vers 16 h 30, dans le secteur du quartier des Saliniers, en direction de Saint-Georges-d’Orques. Un feu de chaumes se déclare sur un terrain sec. Sous l’effet du vent et d’une sécheresse installée depuis des semaines, les flammes gagnent une pinède voisine en quelques minutes.
Le maire de la commune, Gilles Cusin, penche pour un geste d’imprudence. Interrogé par ICI Hérault au lendemain du sinistre, l’élu écarte l’hypothèse d’un départ isolé en pleine nature.
« On peut soupçonner aujourd’hui un départ de feu par un mégot, en tout cas c’est parti du bas-côté d’une route très proche des habitations. »
Gilles Cusin, maire de Murviel-lès-Montpellier
La configuration des lieux explique la suite. Murviel-lès-Montpellier est un village de collines où les lotissements s’insèrent directement dans la garrigue. Entre les dernières maisons et les premiers pins, il n’existe souvent qu’une route et quelques mètres de broussailles.
Quatre cents pompiers et trois Canadair mobilisés
La réponse des secours a été à la mesure de la menace. Jusqu’à 400 sapeurs-pompiers ont été engagés au plus fort de l’intervention, appuyés par plus de 40 engins du SDIS 34. Les bénévoles des comités communaux feux de forêt de Murviel et de Montarnaud ainsi que trois équipages de forestiers-sapeurs ont complété le dispositif au sol.
Dans les airs, trois Canadair, deux avions de la cellule aérienne départementale et l’hélicoptère Dragon 34 de la Sécurité civile se sont relayés au-dessus du village. Une quarantaine de largages ont été nécessaires pour stopper la progression des flammes vers les zones habitées.
Les riverains ont vu passer les bombardiers d’eau à quelques dizaines de mètres de leurs toits. Jean-Pierre Cutullic, habitant des hauteurs du village et ancien pompier, décrit à France 3 Occitanie un embrasement fulgurant : le feu a « sauté par-dessus la route, à ras des maisons » avant que le vent ne tourne et ne renvoie les flammes vers le bourg.
Cent cinquante habitants évacués, trois quartiers vidés
Trois quartiers ont été évacués par précaution, dont celui de Saliniers Nord. Entre 150 et 200 personnes ont quitté leur domicile mercredi soir. Elles ont été accueillies à la salle des fêtes de Murviel-lès-Montpellier ainsi qu’à celle de Montarnaud, le village voisin, dont la mairie a ouvert ses portes dans l’heure.
Tous ont pu regagner leur logement le lendemain soir. Le bilan matériel se limite à des constructions précaires situées hors agglomération. Une antenne relais et les ateliers municipaux ont été sauvés, avec quelques dégâts périphériques.
« À ce moment-là, on pense surtout à sauver des vies et les habitations. »
Gilles Cusin, maire de Murviel-lès-Montpellier
Les vues aériennes diffusées par le SDIS 34 donnent la mesure du danger. La zone noircie s’arrête net au ras des jardins et des piscines, sur plusieurs centaines de mètres. Des fumerolles ont encore été surveillées jeudi matin pour prévenir toute reprise.
Un département sous tension jusqu’au 14 juillet
Murviel n’est pas un cas isolé. Le même mercredi, les pompiers de l’Hérault ont comptabilisé une dizaine de départs de feux. À Grabels, au nord de Montpellier, un hectare est parti en fumée. À Carlencas-et-Levas, dans le cœur du département, l’incendie déclenché dimanche a parcouru 400 hectares et mobilisé 375 pompiers avec 122 véhicules.
Thomas Ricard, secrétaire général adjoint de la préfecture de l’Hérault, prévient que le risque restera « très sévère » plusieurs jours encore. Les rafales atteignaient 40 km/h mercredi. L’Hérault est repassé en vigilance orange canicule ce vendredi 10 juillet.
Dans ce contexte, la Protection civile de l’Hérault lance un appel aux dons. Ses bénévoles ont fourni près de 150 lits de camp aux colonnes de renfort ces derniers jours et assuré la livraison de repas et d’eau aux équipes engagées. L’association veut financer des lits, des kits d’hygiène et du matériel d’hébergement d’urgence.
« Les événements récents nous rappellent qu’une catastrophe ne prévient jamais. Notre responsabilité est d’être prêts avant qu’elle ne survienne. »
Dylan Bondon, président de la Protection civile de l’Hérault
Les particuliers imposables bénéficient d’une réduction d’impôt de 66 % du montant versé. La campagne est ouverte sur la plateforme de dons de l’association, qui rassemble environ 150 bénévoles dans le département.
Ce nouvel épisode s’ajoute à une série noire. Il y a trois jours à peine, vingt riverains étaient évacués lors d’un incendie au bois de Grammont, à Montpellier. Fin juin déjà, l’Hérault avait été placé en vigilance rouge feux de forêt. La préfecture a d’ailleurs interdit les feux d’artifice du 14 juillet sur l’ensemble du département.















