Un homme de 58 ans est décédé dans la nuit du mardi 12 mai 2026 au commissariat d’Agde, dans l’Hérault. Paul Maingre, surnommé « Monoï » par ses proches, avait été interpellé par la brigade anticriminalité après avoir dégradé des commerces avec une machette en centre-ville. Victime d’un arrêt cardio-ventilatoire malgré plusieurs tentatives de réanimation, il n’a pas survécu. Sa famille a depuis décidé de porter plainte, dénonçant une interpellation violente.
Une interpellation dans la nuit au cœur d’Agde
C’est peu après minuit que les policiers de la brigade anticriminalité (BAC) d’Agde ont été alertés qu’un individu criait dans la rue et portait des coups sur des véhicules à l’aide d’une machette. À leur arrivée sur la Promenade, au cœur du centre-ville, ils ont découvert l’homme en train de briser la vitrine d’un bureau de tabac avec une arme blanche de 40 centimètres.
L’individu a refusé d’obtempérer aux injonctions des forces de l’ordre. Les policiers ont alors fait usage d’un pistolet à impulsion électrique. L’homme a lâché sa machette en criant « C’est bon, c’est bon ! » avant d’être interpellé malgré une vive résistance. Selon le parquet de Béziers, trois fonctionnaires de police ont été blessés lors de l’intervention : l’un souffre d’une entorse au genou et à la cheville, un autre de contusions au dos, un troisième de blessures légères. Deux d’entre eux se sont vu prescrire cinq jours d’ITT.
Une fois conduit au commissariat, Paul Maingre est resté très agité. Ses hurlements et son état d’agressivité ont conduit les policiers à demander un avis médical. Les pompiers se sont déplacés. Un médecin du SAMU de Béziers était en route lorsque l’homme a été victime d’un arrêt cardio-ventilatoire. Plusieurs tentatives de réanimation ont été pratiquées. Le médecin a officiellement constaté le décès vers 3 heures du matin.
Deux versions s’affrontent : la famille conteste l’interpellation
Dès le lendemain, la famille de « Monoï » a pris la décision de porter plainte, mandatant Me Jean-Marc Darrigade pour les représenter. Son neveu, Esaïe Maingre, était présent sur la Promenade au moment des faits, ayant été réveillé par les cris depuis son domicile situé à deux étages au-dessus.
« J’ai reconnu mon oncle qui hurlait. Je suis très vite descendu. Dès que je suis arrivé, j’ai hurlé « Bonsoir, c’est mon oncle ! ». Tout s’est arrêté. Mon oncle était en sang face aux policiers. C’est là que les policiers l’ont tasé. Il a lâché sa machette en hurlant « C’est bon, c’est bon ! ». Ils sont allés sur mon oncle et lui ont mis des coups de pied et des coups de matraque. »
Esaïe Maingre, neveu de la victime, témoin oculaire
Le neveu assure que le corps de son oncle, examiné à la morgue, était « couvert de coups ». Il précise que toute la scène s’est déroulée devant les caméras de vidéosurveillance de la ville. Les syndicats de police réfutent fermement ces accusations. « Sincèrement, ce n’est pas ce qu’il s’est passé. Ils ne le frappaient pas, ils tentaient de le maîtriser. Ils faisaient face à un homme totalement hystérique », indiquent-ils. Une cellule psychologique a été mise en place pour les fonctionnaires impliqués.
Un homme aux troubles psychologiques connus des services
Paul Maingre était un visage familier de la communauté d’Agde. Cet homme de 58 ans, connu sous le surnom de « Monoï », vivait seul dans un appartement situé juste derrière la Promenade, avec son chien pour seule compagnie. Bénéficiaire de l’allocation adulte handicapé, il était connu pour ses troubles psychologiques. Une main courante le concernant avait été établie au début du mois d’avril 2026.
Selon les représentants syndicaux, les analyses toxicologiques se sont révélées négatives à l’alcool. D’autres examens seront menés dans le cadre de l’enquête judiciaire. Le procureur de la République de Béziers, Arnaud Faugère, a précisé les circonstances de l’intervention dans un communiqué transmis à la presse le 13 mai.
« À leur arrivée sur place, les policiers ont aperçu un individu en train de casser la vitrine d’un tabac-presse à coups de machette. Ce dernier a refusé d’obtempérer aux injonctions des forces de l’ordre, ce qui a amené les fonctionnaires de police à faire usage d’un taser à une seule reprise. »
Arnaud Faugère, procureur de la République de Béziers
Deux enquêtes pour faire la lumière sur le déroulé des faits
Le parquet de Béziers a ouvert une enquête en recherche des causes de la mort, confiée au service interdépartemental de la police judiciaire (SIPJ) de Montpellier. Une autopsie doit être réalisée prochainement à l’Institut médico-légal (IML) de l’hôpital Lapeyronie, à Montpellier.
Les enregistrements des caméras de vidéosurveillance installées sur la voie publique, ainsi que ceux des caméras internes du commissariat, ont été réquisitionnés par les enquêteurs. Les armes des policiers et la machette du défunt ont également été saisies. Les fonctionnaires de la BAC ont été entendus par des enquêteurs extérieurs à leur service dans le cadre de la procédure.
De son côté, la famille a déposé une plainte distincte, que Me Darrigade devrait formaliser dans les prochains jours après un rendez-vous avec les proches du défunt. L’issue des deux enquêtes ainsi que les résultats de l’autopsie seront déterminants pour établir les circonstances exactes du décès de Paul Maingre.














