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Supérette U au Studio Lunaret : les Beaux-Arts s’inquiètent

Le marché des Beaux-Arts à Montpellier, cœur du commerce de proximité du quartier

Le feuilleton des ex-Studios Lunaret touche peut-être à sa fin. Une supérette du groupement coopératif U doit s’installer dans ce bâtiment de 800 m² fermé depuis 2021 au cœur du quartier des Beaux-Arts à Montpellier. L’identité du futur gérant sera connue d’ici début septembre. Riverains et commerçants, qui avaient fait reculer Carrefour il y a cinq ans, viennent de lancer une nouvelle pétition.

Un gérant désigné d’ici début septembre

Le groupement U a jeté son dévolu sur l’ancienne salle de sport pour y ouvrir un commerce de proximité, vraisemblablement sous l’enseigne Utile. Le magasin occuperait un peu plus de la moitié de la surface totale, répartie sur deux niveaux en plein cœur du quartier. Le futur exploitant est en cours de sélection au sein du réseau coopératif. Son nom devrait être dévoilé au début du mois de septembre.

Avant toute ouverture, le site devra passer par la case chantier. Le montant des travaux est estimé à 600 000 euros. Une partie de la somme servira à remettre le bâti aux normes. Elle sera assumée par le propriétaire Pierre Berthès, un ancien professionnel des métiers de la viande qui utilisait les lieux comme entrepôt jusque dans les années 1980. Le reste serait financé par l’aménageur du futur magasin. Le local est proposé à la location autour de 10 000 euros par mois, un loyer régulièrement pointé comme l’un des freins aux projets précédents.

Localisation : les ex-Studios Lunaret, quartier des Beaux-Arts, Montpellier

Carrefour, halle gourmande, skatepark : cinq ans de projets avortés

L’ancien complexe de salles de sport et de danse a fermé ses portes en 2021. Depuis, le bâtiment emblématique des Beaux-Arts a vu défiler les prétendants sans jamais retrouver preneur. Un Carrefour City d’abord, retoqué au printemps 2021 après une mobilisation massive des habitants. Une pétition avait alors recueilli plus de 2 000 signatures. Le maire Michaël Delafosse avait adressé un courrier cinglant au PDG de Carrefour France, Alexandre Bompard, en s’appuyant sur l’avis défavorable des Bâtiments de France.

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La Ville a ensuite soutenu le projet Plaza Beaux-Arts du promoteur Thierry Aznar, une halle gourmande et culturelle imaginée avec la CCI. Son rooftop, jugé trop bruyant par une partie des riverains, a fini par décourager son porteur. Terminal de cuisson pour une chaîne de boulangerie, moyenne surface de bricolage, skatepark flanqué d’un café, locaux associatifs : aucune piste n’a abouti. Le site a même été squatté par un collectif baptisé La Thermite, délogé par la force publique en mars 2025.

« La collectivité a tout fait pour trouver une destination viable à ce site, en soutenant notamment le projet du Plaza Beaux-Arts. Elle ne peut pas éternellement empêcher le propriétaire de disposer de son bien. »

La Ville de Montpellier

Des associations « partagées » et une nouvelle pétition

L’histoire semble bégayer. Au début du mois de juin, le propriétaire a informé Nadia Grini, présidente de l’association Beaux-Arts Pierre Rouge, de l’arrivée du projet U. Avec l’association des commerçants du quartier, elle vient de lancer une pétition pour défendre l’équilibre commercial des Beaux-Arts. Le texte pointe les nuisances logistiques d’une grande enseigne dans un secteur que la municipalité dit vouloir apaiser. Il rappelle aussi que le quartier dispose déjà d’une supérette. Il se retrouve par ailleurs cerné par les implantations de la grande distribution.

Le ton n’est pourtant plus à la guerre ouverte. Marie Bastide, figure de l’association des commerçants, constate que la Ville ne peut pas s’opposer cette fois à un projet qui respecte les règles d’urbanisme. Les deux responsables associatives se disent fatalistes autant que déçues.

« Nous comprenons que ce lieu vide doit être rempli et qu’il est privé. Dans un monde idéal la Ville l’aurait acquis. Mais, malheureusement, les seuls qui ont les moyens financiers de le faire ce sont les grandes enseignes. »

Marie Bastide, association des commerçants des Beaux-Arts

À l’étage, 300 m² restent sans affectation. Nadia Grini rêve tout haut d’y voir s’installer une association. Le propriétaire se dit quant à lui ouvert aux propositions jusqu’au bout.

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Biocoop, l’autre arrivée qui crispe le quartier

La supérette U n’est pas la seule enseigne attendue aux Beaux-Arts. Un magasin Biocoop d’environ 300 m² doit ouvrir d’ici la fin de l’année rue de Substantion, au rez-de-chaussée d’une résidence neuve bâtie à la place d’un ancien garage automobile. Porté par Antoine Kollen, un professionnel du réseau depuis vingt ans, le projet représente 550 000 euros d’investissement pour sept à huit emplois créés. Son arrivée entraîne la fermeture de Folle Avoine, l’épicerie bio historique du quartier ouverte en 1988, dont les gérants rejoindront la nouvelle structure comme salariés-associés.

Chez les commerçants, les avis oscillent entre prudence et inquiétude face à une enseigne adossée à une centrale d’achat nationale, dans un quartier qui ne compte aucune moyenne surface. Cette recomposition du paysage commercial montpelliérain dépasse les Beaux-Arts : à Odysseum, l’ancien Géant Casino va laisser place à dix nouvelles boutiques, tandis que le centre-ville digère encore la liquidation de la librairie Sauramps.

La pétition des associations circulera tout l’été dans les commerces du quartier. Le nom du gérant retenu par le groupement U, attendu début septembre, donnera le véritable coup d’envoi du dossier. Les Montpelliérains des Beaux-Arts sauront alors à quoi ressemblera leur rentrée.