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Écusson : immeuble en péril, deux rues fermées à Montpellier

Façade d'un immeuble ancien étayée et rue barrée par des barrières de chantier dans le centre historique de Montpellier

Un immeuble du centre historique de Montpellier est interdit d’habitation depuis le 8 juillet. Fissures généralisées, planchers affaissés, début d’effondrement d’un plafond : l’expert mandaté par la Ville a conclu à un danger imminent. Deux rues de l’Écusson sont fermées à la circulation jusqu’au 31 décembre 2026.

Des étais métalliques retiennent un mur déformé, à l’angle de la rue du Saint-Sépulcre et de la rue de la Rochelle. Le dispositif est en place depuis le début de l’été et il va rester longtemps. Le bâtiment qu’il soutient fait l’objet d’un arrêté de mise en sécurité pris par la Ville de Montpellier le 8 juillet 2026.

Des désordres structurels sur trois niveaux

Les services municipaux ont relevé une liste de dégradations qui touchent l’ossature même du bâtiment. Des fissures généralisées d’abord. Un début d’effondrement d’un plafond au deuxième étage ensuite. Puis des affaissements de planchers au premier comme au deuxième étage.

Un expert a été mandaté sur place. Ses conclusions ont déclenché la procédure d’urgence.

« Danger imminent pour les occupants et le voisinage. »

Conclusion de l’expert mandaté par la Ville, citée dans l’arrêté de mise en sécurité du 8 juillet 2026

Deux mesures découlent de ce constat. La première interdit temporairement l’habitation du bâtiment : les occupants ont dû quitter les lieux. La seconde impose l’intervention d’un bureau d’études, chargé de déterminer les mesures conservatoires à appliquer sur l’ensemble de la construction. La Ville prévoit de renforcer l’ensemble : étaiement du bâtiment, puis bastaings plaqués contre la façade.

Où se trouve exactement le bâtiment concerné

Le secteur se situe dans la partie ouest de l’Écusson, à une cinquantaine de mètres de l’église Sainte-Anne et à deux pas de la rue Saint-Guilhem. Un quartier de ruelles étroites bordé d’immeubles anciens, souvent antérieurs à 1900, où le moindre chantier bloque une desserte entière.

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Localisation : rue du Saint-Sépulcre et rue de la Rochelle, quartier Sainte-Anne, Montpellier.

Cette configuration explique l’ampleur du second arrêté. Pris le 27 juillet, celui-ci relève de la voirie. Les deux voies sont neutralisées jusqu’au 31 décembre 2026 : plus aucun véhicule n’a le droit d’y rouler ni d’y stationner, le temps que le périmètre soit sécurisé.

Les riverains conservent l’accès à leur domicile. En revanche, tout véhicule en infraction avec l’arrêté pourra être mis en fourrière immédiatement.

Au moins le quatrième immeuble concerné en moins d’un an

Le cas n’a rien d’isolé dans le centre historique. Le 27 novembre 2025, trois résidents du 1 rue de l’Arc des Mourgues étaient évacués après un constat de désordres structurels et un risque d’effondrement « dans des délais courts ». En mars 2026, deux commerces de la rue Jacques-Cœur fermaient en urgence pour des raisons comparables.

Le 22 avril, l’épisode le plus spectaculaire : une fissure apparue sur le mur mitoyen des 53 bis et 55 rue de l’Aiguillerie a conduit la police municipale à évacuer l’immeuble en soirée. Quatre logements et deux commerces interdits d’accès, deux locataires relogés.

L’Écusson concentre un bâti ancien et mitoyen, parfois surélevé au fil des décennies sans que la structure d’origine ait été renforcée. Un défaut sur un mur porteur s’y propage vite aux immeubles voisins.

Ce que prévoit la procédure de mise en sécurité

L’arrêté de mise en sécurité, qui a remplacé l’arrêté de péril, est pris par le maire au terme d’une procédure contradictoire. Il oblige le propriétaire à réaliser les réparations nécessaires ou, quand aucune autre solution technique n’existe, à démolir tout ou partie du bâtiment.

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La charge financière pèse sur le propriétaire, pas sur les occupants. Lorsque l’interdiction d’habiter est prononcée, les loyers cessent d’être dus et le propriétaire doit assurer l’hébergement ou le relogement des locataires. S’il reste inactif, la commune peut exécuter les travaux d’office puis lui en réclamer le coût. La procédure complète est détaillée sur le portail service-public.gouv.fr.

Tout habitant qui constate des signes inquiétants dans son logement, fissures évolutives, planchers qui fléchissent ou infiltrations importantes, peut alerter la mairie. La Ville renvoie vers la plateforme nationale Histologe pour signaler un logement dégradé, un dispositif qui s’inscrit dans son action contre l’habitat indigne.

Un chantier qui va durer

Aucun calendrier précis de travaux n’a été communiqué. La date butoir du 31 décembre inscrite dans l’arrêté de voirie donne un ordre d’idée : la Ville table sur un périmètre neutralisé pendant au moins cinq mois supplémentaires.

Le retour des habitants dans les logements dépendra des conclusions du bureau d’études et de la levée de l’arrêté par la mairie. Cette mainlevée n’intervient qu’après un rapport final de contrôle technique attestant de la conformité des travaux, une étape qui se compte généralement en mois.

D’ici là, deux rues de l’Écusson restent barrées et un immeuble de plus s’ajoute à la liste des bâtiments sous surveillance du centre-ville. D’autres chantiers de consolidation sont encore ouverts dans le secteur, à commencer par celui de l’Espace Pitot, toujours sous étais et celui de la rue Jacques-Cœur, où deux commerces avaient dû fermer.