Une cellule sécheresse a été installée le 4 août à la préfecture de l’Hérault pour recenser les pertes des exploitations agricoles du département. Toutes les filières sont touchées, des élevages du Haut-Languedoc aux vignes non irriguées. Le mois de juillet a dépassé de 4,2 °C les normales de saison, effaçant le record de chaleur de 2006.
Une cellule réunie à la demande du ministère de l’Agriculture
La préfète de l’Hérault Chantal Mauchet a convoqué cette cellule départementale le mardi 4 août, à la demande de la ministre de l’Agriculture. Autour de la table figuraient les services de l’État, le Conseil départemental, la chambre d’agriculture, la Mutualité sociale agricole, la Banque de France ainsi que les organisations professionnelles agricoles.
Le dispositif se réunira désormais tous les quinze jours. La prochaine séance est fixée au 18 août. Son premier objectif reste d’obtenir une photographie précise des difficultés, activité par activité, avant d’engager les mesures de soutien.
L’annonce avait été faite quelques jours plus tôt, le 31 juillet, lors d’un déplacement de la préfète auprès des éleveurs de La Salvetat-sur-Agout.
« Un dispositif que l’on construit collectivement avec la chambre d’agriculture de l’Hérault, les organisations syndicales agricoles, la MSA et les services de l’État dans le département. »
Chantal Mauchet, préfète de l’Hérault
Juillet 2026 a effacé le record de chaleur de 2006
Les chiffres présentés au comité ressource en eau du 29 juillet donnent la mesure de l’épisode. Les températures de juillet se sont établies 4,2 °C au-dessus des normales de saison dans l’Hérault, au-delà du précédent record chaud de 2006.
Depuis le début de l’été, le département a connu 15 journées à 35 °C ou plus. La normale est de deux jours. Le record de 2025 était de seize. L’indice d’humidité des sols atteint lui aussi les valeurs du record sec de 2006, après une vague de chaleur qui avait porté le thermomètre à 40,8 °C début juillet à Montpellier.
La pluviométrie du mois est très déficitaire à l’échelle du département. Les orages de fin juillet n’ont apporté de pluie que très localement, entre Pézenas et Prades-le-Lez. À l’ouest et sur les bassins amont de l’Hérault et de l’Orb, les effets de la recharge hivernale ne se font plus sentir.
Élevages, vignes, maraîchage : aucune filière épargnée
Le constat dressé le 4 août parle de pertes de production et d’un déficit fourrager marqué. La situation est jugée particulièrement préoccupante pour les élevages, les vignes non irriguées, les plantiers, le maraîchage et l’arboriculture.
Dans le Haut-Languedoc, les éleveurs réunis par l’association Marise autour du président de la chambre d’agriculture Jérôme Despey et du président du Département Kléber Mesquida ont décrit des prairies sans repousse, des rendements céréaliers en chute et des troupeaux difficiles à abreuver.
La chambre d’agriculture poursuit son recensement des pertes de rendement, des pertes de fonds et des besoins en fourrage, avec une attention portée aux exploitations les plus fragiles ainsi qu’aux jeunes agriculteurs récemment installés. L’État et le Département organisent en parallèle une remontée rapide des besoins en transport d’eau.
Dégrèvement foncier et médiation bancaire
Plusieurs leviers sont déjà activés. L’État prévoit d’accélérer un dégrèvement collectif de la taxe foncière sur les propriétés non bâties, calculé sur la base des pertes recensées.
La reconnaissance de la force majeure pour les accidents de culture, l’indemnisation des pertes de fonds et l’adaptation de certaines obligations agricoles seront examinées au cas par cas. La MSA renforce son accompagnement social. La Banque de France rappelle de son côté que les exploitants en difficulté peuvent recourir gratuitement à son service de médiation du crédit pour renégocier leurs échéances bancaires.
Autour de Montpellier, la vigilance sans restriction
Le bassin versant du Lez et de la Mosson, qui couvre Montpellier ainsi que la plupart des communes de la métropole, reste classé en vigilance par l’arrêté préfectoral de fin juillet. Le bassin de la lagune de l’étang de l’Or, qui prend le relais à l’est vers Castries et Baillargues, est au même niveau. Ce niveau n’entraîne aucune interdiction d’irriguer : il impose des pratiques économes et un relevé mensuel des compteurs pour les prélèvements non domestiques.
Le reste du département est nettement plus contraint. Les bassins de l’Argent double, de l’Ognon et du Jaur sont en crise. Le Vidourle, l’Orb amont, les affluents de l’Orb, l’axe Orb aval Réals, le Thoré amont et la Cesse sont en alerte renforcée, l’Hérault amont, l’Aude aval et le canal du Midi en alerte. En zone d’alerte, toute irrigation agricole est interdite de 10 h à 18 h. En alerte renforcée, l’interdiction court de 8 h à 20 h jusqu’au 30 septembre. L’abreuvement des animaux reste autorisé quel que soit le niveau. La carte interactive RestrEau 34 détaille les mesures applicables commune par commune.
À Saint-Clément-de-Rivière, la source du Lez, principale ressource en eau de la région, débitait 227 litres par seconde ce jeudi à la mi-journée selon les relevés en temps réel d’Hub’Eau. Le comité ressource en eau se réunit de nouveau le 11 août, dans un département déjà placé en vigilance rouge incendie à plusieurs reprises cet été.
Retenues et forages, le chantier de septembre
Une cellule distincte se réunira en septembre pour travailler sur l’accès durable à l’eau. Y seront étudiées la remise en service de retenues existantes, les retenues collinaires, les forages, les eaux brutes et les ressources impropres à la consommation humaine mais mobilisables pour certains usages agricoles.
Les financements possibles du Plan agriculture méditerranéenne seront passés en revue, tout comme les mesures compensatoires attachées à la future ligne nouvelle Montpellier-Perpignan. Les partenaires attendent de cette séance des solutions qui dépassent la seule gestion de crise.















