Montpellier Info

Toute l'actualité de Montpellier et sa région en direct

Nuits tropicales : Montpellier proche du record de 2006

Le quartier Antigone à Montpellier, la nuit

Depuis le 24 juillet, la nuit n’apporte plus de répit à Montpellier. La température nocturne ne repasse plus sous les 20 °C. Au matin du vendredi 14 août, la série atteignait 21 nuits tropicales consécutives. Le record local, 22 nuits enchaînées à l’été 2006, est désormais à portée.

Vingt et une nuits sans passer sous 20 °C

Une nuit tropicale répond à une définition simple : la température minimale ne descend pas sous 20 °C. Montpellier en aligne depuis trois semaines. Selon les données de Météo-France rapportées par Midi Libre, la série court depuis le 24 juillet sans interruption.

Le précédent remonte à 2006. Cette année-là, la ville avait enregistré 22 nuits tropicales d’affilée, entre le 12 juillet et le 2 août. Égaler cette série demande une 22e nuit consécutive, soit celle du vendredi 14 au samedi 15 août. La dépasser en exigerait une de plus. Midi Libre, qui a révélé la séquence, annonce pour sa part le record déjà battu.

La séquence n’est pas isolée dans l’été montpelliérain. Deux séquences de quatorze nuits tropicales consécutives l’ont précédée : la première entre le 24 juin et le 7 juillet, la seconde entre le 9 et le 22 juillet. À peine une nuit de répit a séparé chaque épisode : le thermomètre n’est repassé sous les 20 °C que le 8 juillet, puis le 23 juillet.

« On ne s’interdit pas de penser que ce record de 22 jours, qui tient depuis 2006, risque effectivement d’être un petit peu allongé »

Éric Pioch, directeur adjoint du service prévision de Météo-France pour le Sud-Est

Le prévisionniste pointe aussi le rôle de la mer. Une Méditerranée encore chaude tire les minimales nocturnes vers le haut. Les « quelques coups de mistral » de l’été n’ont, dit-il, pas réussi à faire véritablement baisser la température de l’eau.

READ  Maera lance sa production de biométhane à Montpellier

Fréjorgues mesure, les quartiers minéraux encaissent

Les chiffres officiels viennent de la station de Montpellier-Fréjorgues, installée près de l’étang de l’Or, à l’écart du tissu urbain dense. C’est elle qui sert de référence climatique pour la ville. Dans la nuit du 7 août, le mercure y est resté au-dessus de 25 °C.

La station de référence de Montpellier-Fréjorgues, sur le site de l’aéroport Montpellier-Méditerranée à Mauguio

Dans les quartiers les plus minéraux, l’écart se creuse. Météo-France décrit un phénomène connu sous le nom d’îlot de chaleur urbain : le béton, la pierre et le bitume stockent l’énergie solaire la journée puis la restituent lentement une fois le soleil couché. Le manque de végétation et la densité du bâti freinent le refroidissement nocturne. D’après Midi Libre, il n’est pas rare de relever encore 30 °C à minuit dans certains secteurs lors des soirées les plus chaudes.

La question de l’ombre urbaine occupe déjà le débat local. Un artisan montpelliérain propose de tendre des voiles d’ombrage sur la place des Martyrs-de-la-Résistance, sur le modèle andalou. Les établissements de santé encaissent eux aussi la répétition des épisodes : au CHU de Montpellier, des services sans climatisation ont relevé jusqu’à 40 °C.

L’Hérault en vigilance orange jusqu’au 15 août

Le département figure parmi ceux placés en vigilance orange canicule du 14 au 15 août par Météo-France. Au bulletin de 6 heures ce vendredi, 75 départements étaient concernés à l’échelle nationale, dont dix en Occitanie. À 16 heures, l’alerte a été étendue aux huit derniers départements du Grand Est encore épargnés, portant le total à 83 départements.

La suite reste incertaine d’un bulletin à l’autre. Celui de vendredi matin annonçait une rétrogradation de l’Hérault en vigilance jaune le samedi à 6 heures. Celui de 16 heures maintient 83 départements en orange pour la journée de samedi à l’échelle nationale.

Une nuance mérite d’être posée. Le seuil de déclenchement de l’alerte canicule varie d’un département à l’autre depuis 2003. Dans l’Hérault, la Ville de Montpellier rappelle qu’il faut une température minimale de 35 °C le jour et de 22 °C la nuit pour que la canicule soit avérée. Une nuit tropicale à 20 °C ne suffit donc pas, à elle seule, à faire basculer le département en alerte.

READ  Canicule : la préfète de l'Hérault autorise les chantiers dès 6 heures

Le contexte national dépasse le seul cas montpelliérain. Dans son bilan climatique publié le 4 août, Météo-France indique que juillet 2026 a été le mois le plus chaud jamais enregistré en France depuis le début des mesures en 1900, avec 24,9 °C de moyenne et une anomalie de +3,8 °C par rapport à la normale 1991-2020. L’établissement y signale le début d’une nouvelle vague de chaleur le 28 juillet, la troisième de l’année.

Registre, clubs climatisés : ce que la Ville a prévu

Le Centre communal d’action sociale tient un registre des personnes vulnérables. Il s’adresse aux personnes de 65 ans et plus vivant à leur domicile ainsi qu’aux adultes handicapés résidant chez eux. En cas de canicule, un agent contacte les inscrits pour s’assurer que tout va bien et leur apporter de l’aide si besoin.

La Ville recense par ailleurs une série de lieux frais accessibles quand le logement devient invivable : clubs de l’âge d’or, piscines, musées, médiathèques, bâtiments administratifs, cinémas. Certains sont en accès libre. En vigilance canicule orange ou rouge, indique la Ville, le maire prendra la décision d’étendre leurs horaires d’ouverture. Trois clubs de l’âge d’or figurent au dispositif d’août, ouverts le week-end de 10 h à 18 h en cas de déclenchement du niveau orange du plan canicule :

  • Club Docteur Bonnet
  • Club Baroncelli
  • Club Lemasson

Fontaines, points d’eau potable, parcs et jardins complètent la liste. La Ville met en ligne deux cartes des points frais, l’une pour la journée, l’autre pour la soirée. Nous avions recensé où trouver un lieu frais à Montpellier. Le service Canicule info service, au 0 800 06 66 66, est ouvert tous les jours de 9 h à 19 h.

READ  Canicule : Montpellier et le littoral épargnés ce week-end

Un répit court avant le retour du chaud et sec

Le record pourrait tomber au moment précis où la chaleur commence à refluer. Éric Pioch attend un basculement de la circulation atmosphérique ce week-end, avec « un petit signal de petit sud-ouest » et quelques pluies possibles à la clé.

La baisse restera modeste. « On va perdre 2-3 °C en température maximale », prévient Éric Pioch, qui évoque une sortie possible de la vigilance orange à partir du samedi ou du dimanche matin sans vouloir l’assurer. Le pic national de chaleur a été atteint jeudi 13 août, selon le bulletin officiel de 16 h 14.

Après cette parenthèse, le prévisionniste ne promet pas de bascule. « Une fois que ce petit épisode sera passé, c’est chaud et sec », résume-t-il. Reste l’inconnue de l’anticyclone. S’il revient bloquer l’air chaud sur la région, « on est reparti pour autre chose », avertit le prévisionniste.