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Chasse : à Montpellier, un parti écologiste réclame le report de l’ouverture

Militants du Parti animaliste et de la REV rassemblés devant la préfecture de l'Hérault à Montpellier contre l'ouverture de la chasse

À huit jours de l’ouverture générale de la chasse dans l’Hérault, des militants écologistes se sont rassemblés samedi 5 septembre devant la préfecture, à Montpellier. Le parti Révolution écologique pour le vivant réclame le report de la saison ainsi qu’un moratoire sur les zones brûlées, de trois ans selon les revendications qu’il a publiées. La page de la préfecture consacrée à l’exercice de la chasse n’avait pas été mise à jour depuis le 20 mai samedi soir, alors que le préfet du Var vient de trancher.

« Pas de fusils sur les cendres » devant la préfecture

Rendez-vous avait été donné à 14 heures, place des Martyrs-de-la-Résistance. L’antenne montpelliéraine de Révolution écologique pour le vivant (REV), parti fondé par le journaliste Aymeric Caron, avait appelé à se retrouver face aux grilles de la préfecture de l’Hérault. Mot d’ordre affiché : « Pas de fusils sur les cendres ».

Les organisateurs attendaient des représentants ou sympathisants de l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) et de One Voice. Le Parti animaliste a répondu à l’invitation. Son coprésident et porte-parole Eddine Ariztegui, adjoint au maire de Montpellier délégué à la biodiversité et à la condition animale, est intervenu pour soutenir l’initiative. Les chasseurs vont « achever des animaux encore traumatisés », a lancé l’élu, cité par Midi Libre.

La REV ne s’en cache pas : la demande de report s’inscrit dans une ligne bien plus large. Le parti revendique l’abolition de la chasse et dit vouloir en finir avec le spécisme.

L’argumentaire tient en quelques lignes du communiqué. Les animaux qui ont échappé aux flammes de l’été ont perdu leur couvert végétal ainsi que leurs sites de repos et de reproduction. Le parti décrit ensuite le sort des rescapés.

« Entassés autour des derniers points d’eau. Affaiblis. Épuisés. Ce ne serait pas chasser. Ce serait achever. »

Communiqué de Révolution écologique pour le vivant

Trois demandes adressées à la préfète

Le parti avance trois revendications précises. La première consiste à activer l’article R. 424-3 du code de l’environnement, qui autorise un préfet à suspendre l’exercice de la chasse par périodes de dix jours renouvelables en cas de calamité. Le communiqué du parti formule la même exigence autrement, en demandant une suspension tant que les seuils de crise sécheresse ne sont pas levés. « On demande que la loi soit respectée », résume Julie Boulangier, militante montpelliéraine de la REV, interrogée par Hérault Tribune deux jours avant le rassemblement. Elle souhaite qu’un état des lieux soit mené par l’Office français de la biodiversité et la Direction départementale des territoires et de la mer.

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Vient ensuite le décalage du coup d’envoi. La REV veut un mois de délai minimum, conditionné au retour de la pluie puis à la recharge des nappes, doublé d’un arrêt sans attendre des tirs visant les oiseaux d’eau. Son communiqué vise plus largement les tirs sur les oiseaux. Ces populations se regroupent autour de points d’eau devenus rares, ce dont le parti tire un facteur de vulnérabilité aggravé.

Troisième demande, la plus ambitieuse : geler la chasse trois ans durant sur l’ensemble des secteurs partis en fumée. S’y ajouteraient des zones de repli pour les animaux ainsi que des lisières sanctuarisées dans les massifs voisins. Toute reprise resterait suspendue à une expertise écologique menée par un tiers. Une durée voisine figure dans la pétition « Pas de fusils sur les cendres », qui réclame trois ans au minimum. Lancée mi-juillet sur Change.org par Bruno Valentin, un habitant du Cantal qui se présente comme le gérant d’un refuge personnel pour animaux, elle est adressée au Premier ministre. Le compteur du site affichait 487 216 signatures vérifiées samedi soir.

Reste le chiffre que les militants brandissent sur l’état des cours d’eau. Leur communiqué avance 43 % de cours d’eau à sec ou en rupture d’écoulement au niveau national, une donnée qu’ils rattachent aux observations de l’Office français de la biodiversité. Nos propres calculs sur les relevés d’août du réseau ONDE, diffusés par la plateforme Hub’Eau, donnent 1 924 assecs et 440 écoulements non visibles sur 5 601 observations, soit 42,3 %. L’ordre de grandeur tient donc, à condition de retenir ce périmètre large : en ne comptant que les assecs, la proportion tombe à 34,4 %.

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Localisation : préfecture de l’Hérault, place des Martyrs-de-la-Résistance, Montpellier

Le Var a tranché, l’Hérault attend toujours

La comparaison avec le département voisin nourrit la mobilisation montpelliéraine. Le 3 septembre, le préfet du Var a signé un arrêté interdisant toute action de chasse pendant un an dans les surfaces boisées incendiées de neuf communes, à compter de l’ouverture du 13 septembre. Sont concernées Les Arcs-sur-Argens, Barjols, Châteauvert, Correns, Cotignac, Montfort-sur-Argens, Pontevès, Taradeau et Le Val, après les feux du Gros Bessillon et des Arcs-Taradeau.

L’objectif affiché tient en un mot : laisser le petit gibier se réinstaller. La décision a été soumise en amont à la commission départementale de la chasse et de la faune sauvage. Une réserve de taille l’accompagne toutefois, puisque les battues au sanglier échappent à l’interdiction. Motif invoqué : les ravages que l’espèce inflige aux terres cultivées en bordure des zones brûlées.

Dans l’Hérault, la rubrique consacrée à la chasse sur le site des services de l’État n’avait pas bougé depuis le mois de mai samedi soir. « On exige une réponse de la préfecture de l’Hérault, parce qu’on ne comprend pas pourquoi il n’y en a toujours pas eu », déclarait Julie Boulangier avant la mobilisation. Le département sort pourtant d’un été de sécheresse et de feux : une cellule de crise agricole a été installée le 4 août à la préfecture, tandis que sept massifs forestiers sur neuf basculaient au niveau de vigilance maximal le 17 août, entraînant la fermeture de six sites naturels montpelliérains.

Les chasseurs héraultais rejettent la demande

Côté cynégétique, l’accueil est glacial. Max Alliès, président de la Fédération départementale des chasseurs de l’Hérault, conteste la légitimité des associations à intervenir sur le sujet. Il rappelle que les sociétés de chasse ont alimenté les points d’eau accessibles à la faune durant l’été et que le report de l’ouverture sur l’étang de Capestang, frappé par une épidémie de botulisme, avait été demandé par les chasseurs eux-mêmes.

« Ces gens-là, on ne les a pas vus, lors des feux de forêt. Nous, les chasseurs, nous étions là. »

Max Alliès, président de la Fédération départementale des chasseurs de l’Hérault

Le responsable se dit malgré tout ouvert à une discussion « en bonne intelligence », notamment sur la question de l’eau. Au niveau national, la Fédération nationale des chasseurs estime qu’une interdiction généralisée à l’échelle d’un département pourrait avoir des effets contre-productifs, en favorisant l’explosion des populations de sangliers. Elle défend un traitement au cas par cas. Son président Willy Schraen assure que les suspensions liées aux conditions climatiques sont fréquentes et que tirer sur des animaux affaiblis n’a aucun intérêt pour les chasseurs.

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L’État a lui aussi bougé. Une instruction adressée aux préfets le 21 août par Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, les invite à peser l’opportunité d’un arrêt de la chasse au gibier d’eau, au vu de la dégradation des zones humides constatée sur leur territoire. Le texte leur demande d’en informer les présidents de fédération départementale de chasse ainsi que les autres parties prenantes, puis de tenir compte de leur avis. Le grand gibier échappe à ce cadre.

Une saison qui s’ouvre le 13 septembre

Le calendrier soumis à la consultation du public par la préfecture retenait une ouverture générale de la chasse à tir dans l’Hérault au dimanche 13 septembre 2026 et une clôture au 28 février 2027. La date d’ouverture est confirmée par les fédérations de chasseurs comme par les organisateurs du rassemblement. Le code de l’environnement encadre strictement ces bornes puisque l’ouverture ne peut intervenir avant le deuxième dimanche de septembre. Des dates différentes s’appliquent selon les espèces et les modes de chasse. Le sanglier peut déjà être chassé avant l’ouverture générale au titre de la prévention des dégâts agricoles.

Un refus de la préfecture ne clorait pas le dossier : la REV promet d’autres initiatives. Le parti sera par ailleurs de la partie lors de la marche citoyenne du 26 septembre, annoncée pour le climat, le vivant puis la justice sociale.