À Prades-le-Lez, deux animateurs du centre de loisirs municipal Le Terrier sont écartés de leurs fonctions depuis le 14 août. La municipalité a informé les familles par courrier après les déclarations d’une fillette faisant état d’un comportement inapproprié. Une enquête de gendarmerie est en cours. Les parents sont reçus ce mercredi 26 août à 18 heures.
Deux suspensions décidées le 14 août
C’est un courrier adressé aux familles qui a fait sortir l’affaire de la sphère administrative. La maire de Prades-le-Lez, Florence Brau, y indique que deux animateurs de l’accueil de loisirs municipal ont été suspendus de leurs fonctions le vendredi 14 août. À l’origine de la décision : les déclarations d’une petite fille, qui a décrit un comportement inapproprié survenu au cours d’une activité.
L’élue évoque une « situation grave » et des « faits préoccupants ». Les deux agents restent écartés le temps que la procédure suive son cours.
« Ces mesures conservatoires sont effectives jusqu’à l’issue de l’enquête en cours et des suites qui lui seront données. »
Florence Brau, maire de Prades-le-Lez
L’enquête est pilotée par la brigade de gendarmerie de Clapiers. Dans son courrier, la maire précise ne disposer d’aucune information sur l’avancée des investigations. Le Terrier accueille les enfants de 3 à 12 ans pendant les vacances scolaires, de 7 h 30 à 18 h 30, dans les locaux du chemin des Mazes. Aucun des deux animateurs n’a été mis en cause publiquement à ce stade de la procédure.
Des familles qui retirent leurs enfants
Le courrier est parti le dimanche 23 août. Neuf jours après les suspensions, il a provoqué un choc chez ses destinataires. L’onde s’est propagée bien au-delà des seuls usagers du centre : l’un des animateurs concernés assurait aussi les activités périscolaires dans une école de la commune, ce qui a inquiété les parents d’élèves de l’établissement.
Dès le lundi, plusieurs familles ont retiré leurs enfants du Terrier. Certaines ont fait état de dysfonctionnements déjà signalés par le passé mais restés sans réponse selon elles. La direction du centre dément de son côté que la sécurité des enfants ait été compromise.
La municipalité a décidé d’ouvrir « un temps d’écoute et d’échange » ce mercredi 26 août à 18 heures, une rencontre voulue « dans un souci de transparence » mais aussi « dans le respect des personnes et de l’enquête en cours ». Ses services continuent en parallèle de recevoir individuellement les familles qui en font la demande. Cette commune de 6 200 habitants, au nord de la métropole, n’avait jamais connu pareille séquence.
Le précédent montpelliérain de juin
La métropole a déjà vécu cette situation il y a deux mois. Deux animateurs du périscolaire de la Ville de Montpellier ont été suspendus au printemps : l’un en mars après un signalement visant un vacataire de l’école maternelle La Fontaine, l’autre révélé fin juin. Une information judiciaire a été ouverte le 26 juin. Une centaine de parents des écoles La Fontaine et Jules Verne s’étaient retrouvés le 29 juin à l’invitation de la municipalité, pour une réunion qui a rapidement tourné à l’affrontement.
« À aucun moment nous avons minimisé les faits qui nous ont été rapportés. Nous avons immédiatement écarté l’animateur pour protéger les enfants. »
Tasnime Akbaraly, adjointe au maire de Montpellier déléguée à la Réussite éducative
Le principal reproche portait alors sur le délai : quatre mois s’étaient écoulés entre la mise à l’écart du premier animateur et le moment où les familles ont été prévenues. La Ville avait invoqué la nécessité de ne pas compromettre les investigations. Plusieurs parents avaient jugé l’argument insuffisant, rappelant que la mémoire des très jeunes enfants se fragilise vite. Notre article sur la colère des parents après la suspension d’un animateur périscolaire à Montpellier revenait en détail sur cet épisode.
À Prades-le-Lez, la chronologie est nettement plus resserrée : neuf jours entre la suspension et le courrier aux familles, douze avant la réunion publique.
Le périscolaire, angle mort du contrôle d’honorabilité
Ces affaires locales s’inscrivent dans une séquence nationale tendue. À Paris, 132 animateurs du périscolaire ont été suspendus depuis le 1er janvier 2026, dont 52 pour suspicion de violences sexuelles ou sexistes. Le décompte d’avril faisait état de 78 suspensions. La progression a relancé le débat sur la vérification des antécédents judiciaires des adultes en contact avec des mineurs.
Le dispositif existe pourtant. L’attestation d’honorabilité, déployée depuis septembre 2024, garantit qu’une personne n’a pas de condamnation incompatible avec une activité auprès d’enfants. Le décret du 28 avril 2026 en a élargi le périmètre aux agents intervenant auprès des personnes âgées et handicapées. Le périscolaire, lui, en reste expressément exclu.
Le député Sylvain Berrios a alerté le ministre de l’Éducation nationale sur ce point dans une question orale publiée au Journal officiel le 23 juin 2026. Il y rappelle que 3 711 personnes se sont vu refuser cette attestation depuis septembre 2024 en raison de condamnations incompatibles. Autant de profils qui peuvent postuler dans le périscolaire sans avoir à produire le document. Les accueils collectifs de mineurs déclarés, comme les centres aérés, relèvent quant à eux d’un régime de contrôle distinct piloté par les services départementaux de la Jeunesse et des Sports.
À Prades-le-Lez, la réunion de ce mercredi soir dira si la transparence revendiquée par la mairie suffit à rassurer les familles. L’enquête de la gendarmerie se poursuit sans calendrier annoncé.















