Trois départs de feu quasi simultanés ont été signalés lundi 17 août au petit matin à Clapiers, au nord de Montpellier. Les gendarmes ont pris en chasse trois jeunes gens qui leur ont échappé, abandonnant une chaussure dans un bois. Des traces ADN sont désormais analysées pour tenter de les identifier.
Trois foyers allumés en quelques minutes au petit matin
Il était environ 5 heures du matin ce lundi 17 août lorsque les secours ont reçu trois signalements coup sur coup sur la commune de Clapiers. Un premier foyer s’est déclaré à proximité du magasin Botanic, un deuxième à quelques dizaines de mètres du camping Plein Air des Chênes, un troisième dans une rue située entre les deux sites où une poubelle avait été volontairement embrasée.
À l’arrivée des sapeurs-pompiers de l’Hérault, les flammes avaient déjà gagné plusieurs arbres et menaçaient des voitures en stationnement. La rapidité de l’intervention a permis d’éviter que les véhicules ne soient touchés. Aucun blessé n’est à déplorer.
Le choix des lieux interroge les enquêteurs. Un commerce, un camping en pleine saison estivale et une voie de circulation résidentielle : les trois cibles se trouvent dans un rayon de quelques centaines de mètres, dans un secteur pavillonnaire adossé à la garrigue.
Une chaussure abandonnée et un chien pisteur mis en échec
Trois patrouilles de la compagnie de gendarmerie de Castelnau-le-Lez ont quadrillé le quartier dans la foulée des interventions. À force de sillonner les rues, les militaires ont fini par apercevoir trois jeunes gens qui ont détalé dès qu’ils ont reconnu les véhicules sérigraphiés.
Une chasse à l’homme s’est engagée derrière l’un d’eux, qui s’est enfoncé dans un bois voisin. Le fuyard a perdu l’une de ses chaussures pendant sa course. Malgré l’appui d’un chien pisteur dépêché en renfort, les gendarmes n’ont pas réussi à le rattraper.
La chaussure abandonnée constitue aujourd’hui la principale pièce du dossier. Des traces ADN y ont été prélevées et sont en cours d’exploitation. Si le profil génétique correspond à une empreinte déjà enregistrée au fichier national, l’identification pourrait intervenir rapidement.
Neuf massifs héraultais toujours sous surveillance
Ces mises à feu sont survenues le jour même où la préfecture plaçait six secteurs forestiers du département au niveau rouge, celui qui entraîne l’interdiction pure et simple des accès et des travaux. La Ville de Montpellier avait dans la foulée fermé six de ses espaces naturels, dont le bois de Montmaur et le parc Méric.
Ce mercredi 19 août, la tension retombe d’un cran sans disparaître. Les neuf massifs du département sont classés en risque élevé : Somail, Espinouse et Monts d’Orb, l’Escandorgue et le Larzac, le Gangeois, les garrigues et pinèdes de l’Est héraultais, les collines du centre Hérault, le Minervois et le Saint-Chinianais, la plaine viticole cœur Hérault et les plaines littorales, la Gardiole ainsi que la plaine viticole de l’Est héraultais.
« Risque incendie élevé dans 9 secteurs. Les accès aux espaces forestiers y sont déconseillés et les travaux réglementés. »
Préfecture de l’Hérault, message du 18 août 2026
Carte du risque incendie dans l’#Hérault pour le mercredi 19 août 🔥
🟠 Risque incendie élevé dans 9 secteurs. Les accès aux espaces forestiers y sont déconseillés et les travaux réglementés.
🔍 Carte du risque #incendie : https://t.co/3OswTw4Mii
⚠️ Rappels :
🚭 Ne jetez… pic.twitter.com/82PPeZVfPm— Préfète de l'Hérault 🇫🇷 (@Prefet34) August 18, 2026
Le niveau de vigilance est réévalué chaque soir vers 18 heures pour la journée du lendemain, sur toute la période allant du 16 juin au 30 septembre. Les habitants peuvent le consulter sur la carte interactive du risque incendie mise en ligne par les services de l’État.
Les chiffres de la préfecture donnent la mesure du phénomène. Chaque année, 825 hectares partent en fumée dans l’Hérault, soit l’équivalent de 1 250 terrains de football. Plus de la moitié de ces incendies sont d’origine accidentelle, un tiers d’entre eux étant liés à des travaux menés à proximité des zones boisées.
Quinze ans de réclusion criminelle encourus
Les auteurs de mises à feu volontaires s’exposent à des sanctions lourdes. L’article 322-6 du code pénal prévoit dix ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende pour la destruction d’un bien par incendie. La peine grimpe à quinze ans de réclusion criminelle quand le feu touche des bois, forêts, landes ou maquis dans des conditions exposant autrui à un dommage corporel.
Un précédent récent illustre la fermeté des parquets héraultais. À Péret, dans le cœur d’Hérault, un homme de 20 ans a reconnu avoir allumé un feu de végétation le 7 août en pleine canicule. L’incendie avait ravagé 1,5 hectare et mobilisé une centaine de sapeurs-pompiers, un avion bombardier d’eau Dash et l’hélicoptère Puma Bravo de la sécurité civile.
Identifié grâce à une enquête de voisinage des gendarmes de la compagnie de Lodève, il a été présenté en comparution immédiate au tribunal judiciaire de Béziers le 13 août. Les magistrats ont ordonné une expertise psychiatrique et renvoyé son procès au 8 octobre. Le prévenu reste en détention provisoire d’ici là, une mesure justifiée par le risque de réitération.
À Clapiers, l’enquête se poursuit sous la direction des gendarmes de Castelnau-le-Lez. La commune reste marquée par un été à haut risque, comme l’ensemble du département où les épisodes de vigilance rouge se sont multipliés depuis le mois de juin.















