Une usagère de 28 ans a subi des gestes déplacés dimanche 20 septembre au petit matin, dans une rame de la ligne 5 du tramway de Montpellier. Alerté par la jeune femme en pleurs, le conducteur a immobilisé la rame et prévenu la police. L’agresseur présumé, un homme de 49 ans fortement alcoolisé, a été interpellé sur place.
Une rame presque vide, un homme insistant
Il est environ 7 h ce dimanche matin quand la jeune femme monte à la station Parc Font-Colombe, à l’ouest de Montpellier. Elle se rend à son travail. La rame de la ligne 5 est presque vide.
Un homme s’approche d’elle et lui adresse des compliments. La passagère refuse la conversation. Elle simule même une barrière de langue pour le décourager. L’individu insiste, s’assied à côté d’elle puis lui touche la cuisse. Rabroué une première fois, il recommence en portant cette fois la main sur sa poitrine.
Le conducteur immobilise le tramway et appelle la police
Choquée, la passagère se lève et rejoint la cabine de conduite. L’agent de TaM la voit en larmes. Il arrête aussitôt la rame et alerte les forces de l’ordre. Les policiers arrivent sur place vers 7 h 20 et interpellent l’homme.
Le mis en cause affiche un taux supérieur à 2 grammes d’alcool par litre de sang. Lors de son audition, ce travailleur handicapé de 49 ans ne conteste pas les faits. Il dit être alcoolique depuis cinq ans. Son dossier part vers le tribunal correctionnel par la voie de la CRPC, la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité : le parquet propose une peine au prévenu qui admet les faits, un juge l’homologue ensuite.
Un bouton SOS dans l’application M’Ticket depuis novembre
Dans cette affaire, l’alerte est partie du poste de conduite. Les voyageurs disposent aussi depuis le 25 novembre 2025 d’un dispositif dédié sur le réseau métropolitain : un bouton SOS intégré à l’application M’Ticket, forte de 420 000 utilisateurs. Toute victime ou témoin d’agression dans un bus ou un tramway peut déclencher une alerte et se faire géolocaliser.
Le signal remonte au poste de commandement de TaM, qui écoute la scène en direct et l’enregistre, avant de déclencher une intervention graduée mobilisant la police métropolitaine des transports ou la police municipale. Deux modes existent : parler directement au poste de contrôle ou échanger par message, le dispositif ayant été pensé pour rester discret. Le détail du fonctionnement est publié par la Métropole. Le réseau compte par ailleurs 440 caméras de vidéosurveillance sur les quais et dans les rames, dont les images peuvent être réquisitionnées par la justice.
« La capacité à identifier la personne qui donne l’alerte nous permet d’être plus réactifs, grâce à la géolocalisation »
Loïc Messner, directeur général de la TaM
Le même arsenal comprend la descente à la demande entre deux arrêts sur les lignes de bus avant 7 h et après 21 h, ainsi que le dispositif Angela, un maillage de commerces volontaires et de lieux publics où prononcer un mot-code suffit à demander de l’aide. Ils étaient quatre-vingts à y participer en novembre 2025, sites de TaM compris.
Un réseau qui affiche par ailleurs des chiffres en baisse
L’incident survient sur une ligne mise en service le 20 décembre 2025, qui dessert 27 stations sur 16 kilomètres entre Clapiers et le Grès de Montpellier. Les travaux avaient débuté en avril 2019.
Le dernier bilan du ministère de l’Intérieur recensait 1 207 victimes de vols, de violences, d’escroqueries et de fraudes aux moyens de paiement dans les transports en commun de la métropole en 2025. Le territoire arrive en tête des intercommunalités françaises pour la baisse du nombre de victimes depuis 2016. Ce décompte ne retient toutefois que les faits qui aboutissent à une procédure. Cet été encore, trois usagers du tramway avaient été agressés en 48 heures à Montpellier.
Un clip chorégraphique sur le harcèlement dans les rames
La question occupe aussi la scène artistique locale. Sorti le 13 septembre, le clip « Cumbia Porqueta » réunit douze danseurs dans un décor de rame de transport en commun. Porté par Marion Sila, il met en scène un groupe soudé que l’intrusion d’un harceleur désorganise, avant qu’une chaîne de solidarité ne se forme et repousse l’importun.
Le projet mêle danse contemporaine, cumbia latino-américaine et réalisation audiovisuelle. Il vise les usagers du réseau TaM comme les élèves des écoles de danse locales, avec une diffusion envisagée sur les plateformes de l’exploitant et auprès d’associations féministes.















