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Mort de Mickaël Virad, espoir du MHSC : deux ans avec sursis requis contre l’urgentiste

Un médecin urgentiste a comparu mercredi 4 novembre devant le tribunal judiciaire de Montpellier pour homicide involontaire. Il était jugé après la mort de Mickaël Virad, gardien du centre de formation du MHSC, victime en janvier 2019 d’une crise de diabète repérée tardivement. Le parquet a requis deux ans de prison avec sursis et 15 000 euros d’amende.

Un résultat d’analyse pris en compte cinq heures et demie plus tard

Fin janvier 2019, le jeune gardien venu de La Réunion quelques mois plus tôt se plaint de douleurs au ventre, de vomissements et de diarrhées. Une gastro-entérite est diagnostiquée. Une appendicite est écartée après une échographie du ventre.

Son état ne s’améliore pas et aucun examen sanguin n’a encore été réalisé. Le 31 janvier 2019, il arrive aux urgences de la clinique Saint-Roch, où on lui fait une prise de sang. Le résultat biologique tombe à 11 h 37 et révèle une crise de diabète. Il faudra cinq heures et demie de plus pour que le praticien en tienne compte. L’adolescent fait un arrêt cardiorespiratoire à 17 h 10, suivi d’un œdème cérébral.

Après trois mois au CHU Lapeyronie, il est transféré au centre de rééducation de Lamalou-les-Bains. Il y restera quatre années dans un état végétatif, capable seulement de cligner des yeux pour dire oui ou non. Des proches s’installent dans l’Hérault pour rester à son chevet. Le MHSC a annoncé son décès le 22 août 2023. Il avait 20 ans.

« Il est parti accomplir ses rêves à Montpellier, devenir footballeur professionnel. Nous l’avions accompagné à l’aéroport, plein de vie, plein d’espoir, sans penser que notre vie allait basculer dans la souffrance et la douleur. Monsieur le médecin, votre éthique est de soigner, de sauver des vies, vous avez brisé la vie de notre fils… »

Les parents et la sœur de Mickaël Virad, dans un texte porté au tribunal par leur avocat

Le parquet accable, la défense plaide la relaxe

Ses parents et sa sœur n’ont pas pu faire le déplacement depuis La Réunion. C’est leur avocat, Me Luc Abratkiewicz, qui a porté leurs mots au tribunal. Les experts médicaux sollicités pendant l’instruction sont unanimes : l’un d’eux estime que « le diagnostic d’acidocétose diabétique était évident », un autre juge que l’arrêt cardiorespiratoire aurait pu être évité.

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« Avec simplement de l’insuline et de l’hydratation, Mickaël avait 1 % de chance d’avoir des séquelles… On a attendu que la catastrophe arrive », a tancé l’avocat de la famille. « Il aurait pu survivre s’il y avait eu ce diagnostic adapté, cette prise en charge sérieuse, s’il n’y avait pas eu de faute ! », a lancé le ministère public, qui a requis deux ans avec sursis et 15 000 euros d’amende, en s’étant « posé la question » d’une interdiction d’exercer.

Le prévenu, lui, conteste toute faute. « Je suis médecin urgentiste depuis vingt-six ans, c’est la première fois que je suis devant une juridiction », a-t-il lancé à la barre. Interrogé par le président Errabih sur la reconnaissance d’une erreur, il a répondu « non », jugeant le diagnostic complexe face à un patient sans antécédent. Son avocate, Me Ruffié, a plaidé la relaxe en rappelant qu’il avait vu « entre 25 et 35 patients » ce jour-là. Selon le compte rendu d’audience de Midi Libre, la clinique Saint-Roch a bénéficié d’un non-lieu.

L’acidocétose diabétique, une urgence médicale

Le Service public d’information en santé décrit une acidité excessive du sang provoquée par un manque d’insuline. Il s’agit d’une urgence qui nécessite une hospitalisation. Sa forme sévère est devenue rare. Elle concerne toutefois encore environ un patient diabétique sur 250 chaque année.

Parmi les manifestations décrites figurent une soif intense, des urines abondantes et une perte de poids rapide. L’affection provoque aussi « très souvent des douleurs abdominales intenses, des nausées et des vomissements ».

Jugement attendu le 9 décembre

La décision a été mise en délibéré au 9 décembre, soit trente-cinq jours après l’audience et sept ans et neuf mois après les faits. La famille avait déposé une plainte contre X en 2020. Selon le parquet de Montpellier, une information judiciaire pour blessures involontaires a été ouverte en février 2022 puis confiée à un juge d’instruction, avant que le médecin ne soit finalement jugé pour homicide involontaire.

  • 31 janvier 2019 : arrêt cardiorespiratoire aux urgences de la clinique Saint-Roch
  • 2020 : plainte contre X déposée par la famille
  • Février 2022 : ouverture d’une information judiciaire
  • 22 août 2023 : le MHSC annonce le décès de Mickaël Virad
  • 4 novembre 2026 : audience devant le tribunal judiciaire de Montpellier
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Ce dossier en rappelle un autre dans l’Hérault. En juin 2026, le tribunal correctionnel montpelliérain condamnait un infirmier et l’hôpital de Sète pour homicide involontaire dans le dossier de Marwa Fadil, fillette de 11 ans admise en 2020 aux urgences du bassin de Thau pour des douleurs au ventre. Les deux dossiers se sont noués dans un service d’accueil des urgences. À Montpellier, celles du CHU sont installées à Lapeyronie, celles du privé au Millénaire, à Saint-Roch et à Beau Soleil.