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Concours d’internat de médecine : pas de fraude massive, Montpellier hors des six sites cités

Cour du Theatrum Anatomicum de la faculté de médecine de Montpellier

Les deux inspections générales saisies à la mi-septembre sur les soupçons de triche au concours de l’internat ont rendu leur rapport. Elles écartent toute fuite de sujets avant les épreuves et confirment les résultats des ECOS 2026. Le document nomme les six centres d’examen visés par la lettre anonyme à l’origine de l’affaire. Montpellier n’en fait pas partie.

Un rapport définitif de 130 pages

L’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et l’Inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche (IGÉSR) ont remis leur travail conjoint en fin de semaine dernière, indique Le Quotidien du Médecin. Le rapport est signé du professeur Olivier Laboux pour l’IGAS et de Stéphane Elshoud pour l’IGÉSR, avec le concours du pôle data de l’IGAS.

La mission portait sur les examens cliniques objectifs et structurés, les ECOS, ces épreuves orales réparties en dix stations sur deux jours qui pèsent dans le classement d’accès à l’internat. Elle avait été confiée à la mi-septembre par Stéphanie Rist, ministre de la Santé, des Familles, de l’Autonomie et des Personnes handicapées. Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace, cosignait la saisine. L’IGÉSR n’est pas une inconnue dans la capitale héraultaise : l’inspection avait déjà rendu cette année ses conclusions sur la situation de l’université Paul-Valéry.

« Le caractère organisé d’une fraude massive, impliquant un nombre important de candidats sur plusieurs sites avec un effet statistique significatif sur les résultats, n’est donc, en l’état, absolument pas démontré. »

Rapport définitif IGAS-IGÉSR, Mission de contrôle sur une allégation de fraude lors des épreuves nationales ECOS 2026

Six centres d’examen cités, Montpellier absente de la liste

Le Centre national de gestion (CNG) a reçu la lettre anonyme de dix-huit pages le 30 juin, avant de la transmettre aux deux ministères. Le texte n’a commencé à circuler sur les réseaux sociaux que les 13 et 14 septembre, quelques jours après la clôture du second tour complémentaire ouvert sur les postes restés vacants. En septembre, la doyenne montpelliéraine écartait déjà toute fraude.

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Le rapport établit la liste des centres d’examen mis en cause par ce document. Les inspecteurs en comptent six :

  • Lyon Sud
  • Lille catho
  • Bordeaux
  • Marseille
  • Tours
  • Sorbonne Paris Nord

La faculté Montpellier-Nîmes n’apparaît pas dans cet inventaire. Midi Libre écrivait ce mardi que le document dénonçait des tricheries dans plusieurs universités, Montpellier-Nîmes comprise. Les inspecteurs précisent de leur côté que les profils de résultats des six sites nommés restent comparables à la distribution nationale. Aucun centre du pays n’obtient en 2026 des notes significativement meilleures qu’en 2024 ou 2025, ajoutent-ils.

Montpellier occupe pourtant une place singulière dans ce dossier. Isabelle Laffont, doyenne de la faculté de médecine Montpellier-Nîmes, a été auditionnée au titre de la présidence de la Conférence des doyennes et des doyens des facultés de médecine. Le rapport rappelle aussi une particularité locale : sur les trente-cinq UFR de médecine ou de santé du pays, deux seulement organisent les épreuves sur un double site, celle des Antilles et celle de Montpellier-Nîmes, ce qui porte le total national à trente-sept centres d’examen.

Le nom d’une patiente a tranché le débat

La démonstration la plus serrée du rapport tient à une correction de dernière minute. La veille du premier jour d’épreuves, à 15 h 30 ce lundi-là, un courriel du président du conseil scientifique part vers les facultés. Il leur enjoint de rectifier à la main le nom de la patiente de la station 102, amputé d’un « s ». La mission dispose d’une copie de ce courriel.

La vignette photographiée dans la lettre anonyme porte déjà, elle, le nom dans sa graphie rectifiée. Avant ce lundi après-midi, la pièce ne pouvait donc pas se présenter ainsi. Les clichés joints montrent aussi des traces d’usage, feuilles pivotées et taches d’encre ou de toner, cohérentes avec des jeux papier manipulés dans les salles. Le CNG évoque des grilles parfois jetées à la corbeille ou conservées par des examinateurs après les épreuves.

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Les pièces jointes à la lettre sont bien authentiques, le CNG l’a vérifié. Reste la date à laquelle elles ont été saisies : pas avant la veille du premier jour d’épreuves selon les inspecteurs. Vraisemblablement le jour même ou plus tard. Les inspecteurs relèvent enfin que l’auteur du texte commet des approximations révélant une connaissance faible du dispositif. Certains doyens y voient pour leur part une lettre « étrange, décousue ».

Dix recommandations avant les ECOS 2027

La mission n’a trouvé aucune faille de sécurité systémique. Elle identifie en revanche onze catégories de risques et formule dix recommandations. La première, attendue pour les ECOS 2027, impose à chaque centre d’arrêter qui, nommément, peut accéder aux documents, puis de tracer consultations, téléchargements et impressions. Les suivantes visent la réduction des supports papier, la remise des grilles le matin même de l’épreuve ainsi qu’un protocole d’inventaire en fin de journée.

Les inspecteurs proposent également d’étudier l’annulation d’une station isolée plutôt que de l’épreuve entière en cas d’irrégularité localisée. Le retrait de trois stations au plus affecte peu les résultats, montrent leurs simulations. L’organisation mobilise environ 3 000 intervenants, dont 2 500 examinateurs, deux par station, l’un au moins venant d’une autre université. Le rapport complet est consultable en ligne.

Du côté des étudiants, la lecture reste réservée. Le président de l’Association nationale des étudiants en médecine de France a réagi auprès du Quotidien du Médecin.

« Ce rapport présente des éléments factuels qui sont intéressants mais qui ne permettent pas d’affirmer qu’il n’y a pas eu fraude. Il dit juste que c’est peu probable. Le doute continue de planer, nous le déplorons »

Thibault Patey, président de l’Association nationale des étudiants en médecine de France

Le ministère de la Santé retient pour sa part que les conclusions « permettent de confirmer que les résultats des Ecos 2026 ne sont pas remis en cause ». Le rapport verse enfin au dossier une statistique spectaculaire. En 2024, aucune station n’attribuait plus de 5 % de notes maximales, contre la moitié d’entre elles en 2026, l’une atteignant 16,3 % de 20 sur 20. Ce décompte s’appuie sur des notes déjà retravaillées, via la régression des scores limites employée pour la validation. Ce calcul pourrait, selon les inspecteurs, expliquer pour partie la multiplication des 20 sur 20.

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