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Semaine de mobilisations à Montpellier : grève dans l’Éducation mardi, Gilets jaunes samedi

Cortège de lycéens et d'étudiants dans une rue de Montpellier le 8 octobre 2026

Montpellier entre dans une semaine sociale dense. Les personnels de l’Éducation nationale rejoignent mardi 13 octobre la mobilisation lycéenne et étudiante en cours depuis plusieurs semaines, pendant qu’un rassemblement citoyen est annoncé le même jour place de la Comédie. Le secteur associatif, les routiers et un appel au retour des Gilets jaunes complètent un calendrier qui court jusqu’au samedi 17.

Mardi, les personnels de l’Éducation rejoignent les lycéens

Les syndicats de personnels soutenaient jusqu’ici la mobilisation lycéenne sans appeler les leurs à la rejoindre. Leur communiqué du 9 octobre, daté de Paris, change la donne : six organisations syndicales appellent les personnels à se mobiliser le mardi 13 octobre, « en particulier par la grève » : la FSU, l’UNSA Éducation, la FNEC FP FO, la CFDT Éducation Formation et Recherche Publiques, la CGT Éduc’action et SUD Éducation.

Le texte porte des revendications qui dépassent celles des lycéens. Les signataires réclament l’abandon des suppressions de postes inscrites au budget 2027, des créations d’emplois, des hausses de salaire sans contrepartie et un chantier de rénovation du bâti scolaire. Ils demandent aussi la titularisation des agents non titulaires, une grille salariale nationale pour les assistants d’éducation ainsi qu’un statut pour les AESH. Les organisations relèvent que Sébastien Lecornu « n’a rien annoncé de concret le 7 octobre », après la journée de mobilisation du 6.

« Tout en étant toujours aux côtés des lycéennes et des lycéens mobilisés, nous appelons désormais aussi les personnels à se mobiliser sur la base de nos revendications »

Communiqué intersyndical FSU, UNSA Éducation, FNEC FP FO, CFDT, CGT Éduc’action et SUD Éducation, 9 octobre 2026

Dans le supérieur, les organisations syndicales visent aussi deux dispositifs d’affectation, Parcoursup et Mon Master, autant que le tour de vis budgétaire, rapporte l’Hérault Tribune. Le communiqué intersyndical précise que les signataires se reverront pour tirer le bilan de la journée.

Deux rendez-vous mardi à Montpellier, à midi puis à 13 heures

Le premier n’a rien de syndical. Le mouvement World With Women appelle à un rassemblement place de la Comédie de 12 heures à 14 heures, avec un geste symbolique collectif annoncé à 13 heures précises par les organisateurs. Pendant vingt-quatre heures, l’appel invite celles qui le peuvent à mettre à l’arrêt travail rémunéré, tâches domestiques et dépenses. Les hommes sont appelés à prendre le relais.

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Portée par des bénévoles et se voulant indépendante, cette initiative citoyenne s’inspire du 24 octobre 1975 en Islande. Ce jour-là, les Islandaises avaient déserté travail et foyer pour montrer ce que pèse leur contribution. Les organisateurs invitent les participants à venir avec leur sandwich, pour trente minutes ou deux heures. Les détails pratiques figurent sur la page du rassemblement montpelliérain.

Pour le volet éducation, les indications divergent selon les sources. L’Hérault Tribune fixe le rendez-vous montpelliérain à 13 heures, place Albert-1er. Le Syndicat de combat universitaire de Montpellier, lui, donne rendez-vous sur son compte X « mardi 13/10, 13h, au Peyrou ». Les deux lieux sont distants d’environ six cents mètres. La place Albert-1er était déjà le point de départ annoncé du cortège départemental du 29 septembre, lors de la grève de la fonction publique.

  • Mardi 13 octobre : grève dans l’Éducation, rassemblement World With Women de 12 h à 14 h place de la Comédie, cortège à 13 h
  • Jeudi 15 octobre : temps fort de la mobilisation du secteur associatif
  • Samedi 17 octobre : rassemblement des Gilets jaunes à 14 h place de la Comédie

Facultés et lycées : où en est le mouvement ce lundi

À l’université, la semaine démarre comme la précédente s’est achevée. Le SCUM annonce ce lundi 12 octobre que la faculté des sciences, l’université Paul-Valéry et la faculté d’économie sont « intégralement bloquées ». Le syndicat étudiant revendique l’initiative du mouvement depuis le 1er octobre et en défend deux objectifs : libérer du temps pour rejoindre les blocages de lycées, obtenir l’inscription des étudiants restés sans admission en licence et en master.

Paul-Valéry devait pourtant rouvrir. Un courriel envoyé aux étudiants vendredi 9 octobre à 16 h 30 annonçait que « dès le lundi 12 octobre matin, l’ensemble des campus seront ouverts et l’activité reprendra normalement », rapporte Midi Libre. Lundi matin, des étudiants se sont pourtant présentés devant un campus fermé. La semaine dernière, les facultés de droit et de sciences devaient rester fermées au moins jusqu’à vendredi inclus.

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Côté lycées, le barrage filtrant de Clemenceau était de nouveau monté ce lundi matin et la passerelle de Joffre de nouveau bloquée. Didier Donati, qui dirige le lycée Clemenceau, énumère auprès de Midi Libre une série d’opérations programmées ou envisagées : rénovation de la toiture, mise en service du portail historique, installation de brasseurs d’air, rénovation des cages d’escalier et suppression des cours entre 17 heures et 18 heures dès la rentrée prochaine. Côté élèves, cela ne suffit pas. « Nous continuons aussi pour les remplacements des professeurs absents et pour les revendications au niveau national », explique l’un d’eux à Midi Libre. Le parquet de Montpellier avait de son côté recensé 44 gardes à vue dont 38 mineurs au 5 octobre. Le Premier ministre Sébastien Lecornu met de son côté en avant la consultation nationale ouverte en ligne par le gouvernement : plus de 76 500 lycéens y auraient déjà pris part.

Le secteur associatif et les routiers entrent dans la semaine

Une autre mobilisation démarre ce lundi, beaucoup plus discrète. Sous le mot d’ordre « Et si nous arrêtions vraiment ? », l’Uniopss entraîne derrière elle les réseaux associatifs de la santé, du social et du médico-social dans six jours d’actions, du 12 au 17 octobre, dont un temps fort le 15. L’union place ce calendrier « à la veille de l’examen du projet de loi de finances au Parlement » et dénonce une baisse des financements publics consacrés aux solidarités.

À l’échelle régionale, deux villes sont citées pour des actions de terrain : Montpellier et Toulouse, selon la Fédération des acteurs de la solidarité. Ni le lieu ni l’heure du rendez-vous montpelliérain n’étaient connus lundi. Les structures restent libres d’adapter leurs actions, de la distribution de tracts à l’interruption d’activité.

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Le transport routier de marchandises, lui, est appelé à la grève depuis dimanche 22 heures par la fédération FO-UNCP, qui résume son conflit salarial d’une formule : quatre années ne valent que 2,9 % d’augmentation. L’appel est national. Aucun blocage ni rassemblement précis n’a été annoncé dans l’Hérault à ce stade, ce qui rend les perturbations difficiles à anticiper sur les axes routiers et dans les zones logistiques.

Samedi 17 octobre, la convergence que tout le monde guette

La dernière date du calendrier est aussi la plus incertaine. Des appels à faire renaître les Gilets jaunes tournent depuis plusieurs semaines sur les réseaux sociaux, avec le prix des carburants et le coût de la vie en toile de fond. Les Gilets jaunes du Prés d’Arènes, à Montpellier, donnent rendez-vous samedi 17 octobre à 14 heures, place de la Comédie.

Le SCUM a annoncé vouloir prolonger et élargir la mobilisation étudiante jusqu’à cette date. Le Poing Levé, mouvement lycéen et étudiant, parle de « semaine rouge ». L’expression ne forme pourtant pas un mot d’ordre commun aux organisations syndicales. L’ampleur du 17 octobre reste difficile à évaluer, les appels circulant surtout en ligne sans organisation nationale identifiée à leur tête.

Depuis le début du mois, la contestation lycéenne a largement débordé Montpellier dans le département : Agde, Béziers, Castelnau-le-Lez, Gignac, Lunel, Pézenas, Sérignan et Sète figurent parmi les communes touchées. L’exécutif, lui, dit constater une « nette décélération » ces derniers jours. Mardi dira laquelle de ces deux lectures correspond à la réalité de la rue.