Les commerces de Montpellier pénalisés par les manifestations et les pillages pourraient lever le rideau un dimanche de plus avant Noël. La préfète de l’Hérault Chantal Mauchet a confirmé ce mercredi 4 novembre son intention d’octroyer des dérogations exceptionnelles au repos dominical. Le dispositif pourrait entrer en vigueur dès le dimanche 15 novembre, les demandes passant par la chambre de commerce.
Une annonce faite en marge du point presse sur le 5 novembre
L’annonce est tombée mercredi, lors d’un point presse de la représentante de l’État consacré notamment à la journée de mobilisation du 5 novembre. Elle reprenait là une requête d’André Deljarry, qui préside la Chambre de commerce et d’industrie de l’Hérault, rapporte Midi Libre.
Le 8 novembre, premier dimanche à venir, resterait en dehors du dispositif. Les dérogations prendraient effet le dimanche suivant. Une réunion avec les représentants du commerce doit se tenir la semaine prochaine pour en fixer les modalités.
« Je vais les accorder, à l’issue d’une réunion qui doit se tenir la semaine prochaine »
Chantal Mauchet, préfète de l’Hérault, citée par Midi Libre
Les commerçants intéressés devront déposer leur dossier auprès de la CCI de l’Hérault. La chambre consulaire a ouvert une cellule d’appui aux commerçants dont la page a été actualisée le lundi 2 novembre. Elle y recense, à Montpellier, plus d’une cinquantaine de commerces dégradés, dont quinze visés par des actes de pillage.
Cinq des sept dimanches restants sont déjà ouverts par la mairie
Sept dimanches séparent encore la capitale héraultaise de Noël : les 8, 15, 22 et 29 novembre, puis les 6, 13 et 20 décembre. Cinq d’entre eux figurent déjà au calendrier de la Ville.
L’arrêté municipal n° VAR2025-0183, publié sur la page consacrée à l’ouverture des commerces le dimanche, autorise trois familles de commerces à ouvrir sept dimanches de l’année 2026 :
- le commerce de détail alimentaire spécialisé
- l’équipement de la personne, la culture et les loisirs
- l’équipement du foyer, électroménager, TV et HIFI
Les dates retenues sont les 11 janvier, 28 juin, 22 et 29 novembre, 6, 13 et 20 décembre 2026. Le document les présente comme les sept premières autorisations du calendrier 2026 pour le commerce de détail alimentaire spécialisé. La loi du 6 août 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques plafonne ces ouvertures à douze par an, l’avis conforme de la Métropole devenant nécessaire au-delà de cinq dimanches. Le secteur automobile relève d’un arrêté distinct, qui liste cinq dimanches tous écoulés depuis le 11 octobre.
Restent donc deux dimanches sans autorisation municipale d’ici aux fêtes, le 8 et le 15 novembre. C’est sur la seconde date que la préfète situe l’entrée en vigueur de son dispositif.
Trois dimanches supplémentaires réclamés par le gouvernement
Le cadre national a été posé le lundi 2 novembre par le ministre du Commerce Serge Papin, qui a fait état de nombreuses demandes de commerçants.
« Je vais demander dès cette semaine aux préfets un arrêté pour que les commerces puissent ouvrir trois dimanches supplémentaires »
Serge Papin, ministre du Commerce
Le ministre a ajouté qu’il serait possible d’aller au-delà de ces trois dimanches, sous réserve d’une négociation avec les syndicats de salariés et les organisations patronales. La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon avait ouvert la voie le jeudi 29 octobre sur BFMTV et RMC, en présentant la mesure comme une réponse à une demande des commerçants eux-mêmes.
Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou s’est dit favorable le même jour sur France Inter, sous conditions. Il voulait d’abord s’assurer que les commerçants « sont prêts à repartir dans de bonnes conditions » et qu’ils ont « pu réparer leurs commerces ». Ces ouvertures se feraient « sur la base du volontariat des salariés », a-t-il précisé. Les dérogations viennent compléter les aides financières déjà actées, parmi lesquelles une aide directe pouvant atteindre 10 000 euros pour les plus petites structures.
Force ouvrière dénonce une « nouvelle provocation »
Le dispositif ne fait pas l’unanimité. Force ouvrière y voit une « nouvelle provocation du gouvernement » dans un communiqué, estimant que les travailleurs vont « devoir subir des dérogations au repos dominical ». Le syndicat avertit que la mesure risque « de pénaliser les plus petites structures commerciales, qui n’ont ni les moyens humains ni les moyens financiers d’ouvrir sept jours sur sept ».
La contrepartie pour les salariés est écrite noir sur blanc dans l’arrêté municipal. Citant l’article L3132-27 du code du travail, celui-ci rappelle que chaque salarié privé de repos dominical perçoit une rémunération au moins égale au double de celle normalement due pour une durée équivalente. S’y ajoute un repos compensateur équivalent en temps, accordé collectivement ou par roulement dans la quinzaine qui précède ou suit la suppression du repos.
Novembre et décembre, deux mois décisifs
La fin d’année pèse lourd dans les comptes du commerce de détail. L’Alliance du Commerce, qui dit représenter 16 000 enseignes et plus de 150 000 salariés en France, a saisi, selon son communiqué, le Premier ministre ainsi que les ministres chargés du Travail et du Commerce, puis l’ensemble des préfets, pour appuyer la démarche.
Dans l’Écusson, les samedis de mobilisation continuent de rythmer la vie des boutiques. Le 31 octobre, la manifestation interdite a réuni jusqu’à 8 000 personnes selon la préfecture et donné lieu à une seule interpellation. Une nouvelle journée d’action est annoncée ce jeudi 5 novembre.
Chantal Mauchet prévoit aussi d’appliquer dans le département le reste du plan de soutien de l’État aux commerces sinistrés : aides forfaitaires, chômage partiel et reports d’échéances fiscales. La réunion de la semaine prochaine dira quels commerçants pourront ouvrir le 15.














