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Commerces pillés à Montpellier : jusqu’à 10 000 euros d’aide de l’État

Nettoyage des tags sur la devanture barricadée d'un commerce du centre de Montpellier

L’État a enfin mis un chiffre sur son aide aux commerçants sinistrés. Le ministre du Commerce Serge Papin a annoncé mercredi 28 octobre une aide directe pouvant atteindre 10 000 euros pour les petites entreprises frappées lors du week-end de violences des 17 et 18 octobre. À Montpellier, plus d’une cinquantaine de commerces avaient essuyé des dégradations ce samedi noir. Les rideaux se relèvent un à un dans le centre historique.

Jusqu’à 10 000 euros pour les plus petites structures

Le fonds de soutien avait été promis dès les lendemains des violences. Son montant restait inconnu. Serge Papin a levé le voile mercredi en marge d’une conférence de presse parisienne consacrée aux dérives des plateformes de vente en ligne venues d’Asie, rapporte l’AFP. Les commerces « qui avaient subi des dommages » pourront toucher « jusqu’à 10 000 euros ».

Deux conditions encadrent le dispositif : réaliser moins de 10 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel et employer moins de 50 salariés. L’aide prendra la forme d’un versement forfaitaire indexé sur le chiffre d’affaires et borné par un plafond propre à chaque entreprise, précisent les services de l’État. Le ministre a détaillé le calendrier l’après-midi même à l’Assemblée nationale : un décret « va être promulgué dans les jours qui viennent », puis l’argent sera disponible « à peu près dans les cinq semaines » après cette promulgation.

Serge Papin évalue à « à peu près 3 000 commerces » le nombre d’entreprises affectées par les événements. Le réseau CCI France, lui, recensait mardi plus de 2 500 commerces dégradés dans le pays. Sur ce total, 1 161 ont été ciblés par un pillage, un saccage ou un incendie.

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Un prêt Bpifrance à taux zéro jusqu’à 50 000 euros

Deuxième levier, présenté le 23 octobre : le « Prêt Solidarité Commerce » que Bpifrance déploie sur mandat de l’État. Son montant va de 5 000 à 50 000 euros, à taux zéro, remboursable sur 36 mois avec un différé d’amortissement du capital de douze mois. Ni le patrimoine du dirigeant ni les actifs de l’entreprise ne servent de garantie.

Les critères servent à cibler les entreprises réellement touchées, explique la banque publique. Les conditions à remplir :

  • relever du commerce comme entreprise individuelle, TPE ou PME, avec un établissement réellement sinistré
  • exister depuis plus d’un an et pouvoir produire douze mois d’historique comptable au minimum
  • travailler avec un expert-comptable inscrit à l’Ordre
  • détenir un compte bancaire professionnel et ouvrir à la banque publique, par le dispositif sécurisé DSP2, la lecture des relevés récents

Un justificatif de sinistre sera réclamé. La banque publique annonce des dossiers finalisables dès les premiers jours de novembre. Le versement intervient ensuite sous dix jours, une fois l’éligibilité confirmée.

À Montpellier, une cinquantaine de commerces dégradés et quinze pillés

Le décompte local, c’est la CCI Hérault qui le tient. Sur sa page dédiée, actualisée mercredi 28 octobre, la chambre consulaire recense, à Montpellier, plus d’une cinquantaine de commerces touchés par des dégradations, dont quinze visés par des actes de pillage. Ses équipes continuent de parcourir le terrain pour évaluer les dégâts.

La chambre rappelle l’ordre des premiers réflexes : photographier les dégâts, lister les marchandises volées ou détruites, déposer plainte, puis déclarer le sinistre à son assureur. Plusieurs dispositifs de trésorerie restent ouverts en parallèle. Les salariés empêchés de travailler peuvent être placés en activité partielle à 60 % de leur rémunération brute, 100 % pour ceux au SMIC. La CCI précise que cette indemnité est intégralement couverte par l’État dès lors que l’entreprise compte moins de 250 salariés. Les travailleurs indépendants relevant du CPSTI peuvent de leur côté solliciter, sous certaines conditions, une aide financière exceptionnelle allant jusqu’à 6 000 euros.

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Le volet humain n’a pas été oublié. Une cellule d’écoute de l’observatoire Amarok, qui suit la santé des non-salariés, est joignable au 0 800 50 12 01. Une ligne d’information avait aussi été ouverte sous l’autorité de la préfecture au 04 67 61 63 21, rapportait Hérault Tribune le 19 octobre.

Le fonds local promis par la Ville et la Métropole

Dès le 19 octobre, Michaël Delafosse avait annoncé trois mesures portées par la Ville, la Métropole, son opérateur Altémed, la CCI Hérault et la préfecture : un fonds d’urgence complémentaire aux assurances, des locaux pour mettre les stocks à l’abri et des locaux vacants pour permettre aux commerces pillés de reprendre leur activité.

« Derrière les vitrines brisées et les commerces pillés, il y a des femmes et des hommes, des années de travail et parfois toute une vie d’efforts. »

Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole, dans un message public du 19 octobre

Le montant de ce fonds d’urgence, ses critères d’attribution et son calendrier ne figuraient pas dans l’annonce, relevait alors Hérault Tribune. Ailleurs, les collectivités ont déjà chiffré leur effort : 13 millions d’euros pour Paris et l’Île-de-France, 12 millions à titre provisoire à Marseille et dans sa métropole, 15 millions annoncés par le conseil régional d’Auvergne-Rhône-Alpes avec un plafond de 5 000 euros par boutique pour des équipements d’autoprotection, 10 millions débloqués par la Métropole de Lyon.

Des rideaux qui se relèvent un à un

Dans l’Écusson, le paysage change de semaine en semaine. The North Face a rouvert mercredi sur le Jeu-de-Paume. Gertrude annonce son redémarrage pour le samedi 31 octobre. The Kooples reste pour sa part barricadé derrière une palissade de tôle, comme Dewachter, Courir ou Foot Locker, selon le constat dressé par Midi Libre. Certaines enseignes rouvrent après dix jours de fermeture.

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Le 17 octobre, 35 000 personnes avaient défilé dans la capitale héraultaise avant que le centre-ville ne bascule. La veille, les commerçants de l’Écusson se préparaient à masquer leurs vitrines. Une semaine plus tard, le 24 octobre, aucun commerce n’avait été dégradé, s’était félicité le maire.

Les commerçants qui cherchent à s’y retrouver dans l’empilement des dispositifs peuvent consulter la page de la CCI Hérault, qui détaille les démarches contact par contact. Autre porte d’entrée : le récapitulatif officiel des mesures de soutien publié le 26 octobre.