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Déserts médicaux : 26 docteurs juniors déployés dans l’Hérault, une seule adresse à Montpellier

Une jeune médecin généraliste en consultation avec un patient âgé sous la supervision d'un médecin plus expérimenté

Ils ont déjà soutenu leur thèse mais ne sont pas encore tout à fait installés. Vingt-six docteurs juniors en médecine générale prennent leurs fonctions ce lundi 2 novembre dans des cabinets, des maisons de santé et des centres de santé de l’Hérault. Dans la liste des communes d’accueil publiée par l’agence régionale de santé, une seule adresse se trouve à Montpellier.

Une quatrième année d’internat qui démarre ce lundi

La date était inscrite au calendrier depuis des mois. Ce lundi marque l’entrée en vigueur d’une année supplémentaire ajoutée au diplôme d’études spécialisées (DES) de médecine générale. Une première promotion d’internes bascule ainsi sous le statut de docteur junior, celui d’un praticien qui prend en charge consultations et suivis comme tout médecin inscrit à l’Ordre, sous la responsabilité d’un maître de stage.

À l’échelle du pays, ils sont environ 3 000 à faire cette rentrée particulière, selon 20 Minutes. L’allongement de l’internat de trois à quatre ans porte le cursus complet à neuf années d’études, un alignement sur celui des autres spécialités décidé par la réforme de 2022. En Occitanie, 241 docteurs juniors sont déployés dans les treize départements de la région, annonce l’ARS Occitanie dans une publication mise en ligne le 29 octobre.

« Les docteurs juniors effectueront leur formation en ambulatoire, auprès de praticiens agréés maîtres de stage des universités, dans le cadre d’une autonomie supervisée. »

Agence régionale de santé Occitanie, publication du 29 octobre 2026

Vingt-trois communes héraultaises, deux dans la métropole

L’agence a mis en ligne le détail de ses affectations, mis à jour au 28 octobre. Pour l’Hérault, le tableau recense 23 communes d’accueil avec le nom du médecin encadrant. Deux seulement appartiennent à Montpellier Méditerranée Métropole : Montpellier, où le docteur Saddik est l’unique maître de stage mentionné. L’autre se situe à Cournonterral.

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Le reste du dispositif se joue ailleurs dans le département. On y retrouve Béziers, Sète et Clermont-l’Hérault, puis surtout un chapelet de petites communes rurales : Saint-Pons, Capestang, Hérépian, Saint-Bauzille-de-Putois, Nébian, Cessenon, Puisserguier, Thézan-lès-Béziers, Roujan, Tourbes ou Montblanc. Plusieurs d’entre elles comptent moins de 2 000 habitants.

L’écart avec le poids démographique de la capitale héraultaise est frappant. La commune de Montpellier abrite à elle seule 310 240 habitants et sa métropole 516 657, selon les données de population légale diffusées par l’État. L’ARS assume cette répartition : l’agence indique que plus de 40 % des 241 docteurs juniors de la région sont accueillis dans des secteurs classés prioritaires, là où l’accès aux soins pose difficulté.

Le ministère de la Santé avance de son côté une proportion nationale de près de 80 % d’affectations dans des territoires en grande difficulté d’accès, un périmètre qu’il décrit par les sigles ZIP, ZAC et quartiers prioritaires. Les deux institutions ne décrivent donc pas leur périmètre dans les mêmes termes. Dans l’Hérault, le suivi des patients chroniques en cabinet a déjà été un point de tension, comme l’avait montré le conflit financier qui a privé de salaire vingt infirmières Asalée du département.

Ce que ces médecins pourront faire en consultation

Le périmètre de leur activité est cadré par l’agence. Celle-ci parle d’une phase de consolidation : le docteur junior tient des consultations, suit des patients et prend part à la vie de la structure qui l’héberge, toujours épaulé sur le plan pédagogique.

  • Recevoir en consultation pour une pathologie banale, un symptôme qui vient d’apparaître ou une simple demande d’avis
  • Traiter ce qui n’attend pas, quand le patient ne peut pas patienter jusqu’à son rendez-vous habituel
  • Revoir régulièrement les malades au long cours, les personnes âgées et celles placées sous surveillance rapprochée
  • Prescrire analyses et examens, puis adresser le patient à un confrère quand la situation le dépasse
  • Vacciner, dépister et porter les campagnes de prévention avec le reste de l’équipe soignante
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Le rythme de travail penche nettement vers la ville. La plupart de ces jeunes praticiens passeront quatre journées hebdomadaires au cabinet ou dans une structure pluriprofessionnelle, seule une minorité restant à l’hôpital, rapporte 20 Minutes. L’année se partage en deux semestres, tous deux effectués dans un seul et même lieu d’exercice, pour l’essentiel loin des murs hospitaliers.

Côté rémunération, le salaire de base dépasse 2 700 euros par mois, auxquels s’ajoutent une prime d’autonomie supervisée de 400 euros, des indemnités de garde et jusqu’à 1 000 euros de prime territoriale.

Montpellier pilote la formation, le CHU verse les salaires

La capitale héraultaise n’est pas absente du dispositif pour autant. Son rôle y est universitaire plus que clinique. L’agence confie le pilotage pédagogique de cette année supplémentaire aux deux départements universitaires montpelliérain et toulousain spécialisés en médecine générale. La paperasse et les salaires relèvent pour leur part du CHU auquel chaque docteur junior est rattaché.

L’agence cite aussi l’Assurance Maladie, qui intervient dans le financement du dispositif auprès des structures d’accueil, ainsi que les collectivités locales, mobilisées sur la mise à disposition de locaux et la recherche de logements. L’URPS Médecins Libéraux d’Occitanie accompagne de son côté la construction du projet professionnel de ces jeunes médecins via son dispositif Med’In Occ. À Montpellier, le CHU mène de son côté deux extensions à 96,7 millions d’euros sur le site d’Arnaud-de-Villeneuve.

Une étape de formation, pas encore une installation

Il faut lire ces 241 affectations pour ce qu’elles sont. Aucune ne constitue l’installation définitive d’un généraliste : ce sont des terrains de stage, pour une durée d’un an. L’ARS mise sur les liens que ces praticiens vont nouer avec leur territoire de formation pour susciter des installations plus tard.

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La comparaison avec les départements voisins éclaire le poids relatif de l’Hérault. La Haute-Garonne arrive en tête des affectations régionales, suivie du Gard avec 35 docteurs juniors, puis de l’Hérault avec 26, des Pyrénées-Orientales avec 18 et de l’Aude avec 16. La Lozère en accueille six. Le détail des communes et des médecins encadrants est consultable département par département sur le site de l’ARS Occitanie.

Reste une inconnue que ce premier déploiement ne tranche pas. Les premiers stages s’achèvent dans six mois, le second semestre devant se dérouler dans le même lieu d’exercice. Il faudra attendre la fin de cette année de consolidation pour mesurer combien de ces vingt-six médecins choisissent de rester dans l’Hérault. Et dans quelle commune. La filière montpelliéraine de formation des médecins a connu un autre épisode cet automne : Montpellier ne figure pas parmi les six centres d’examen visés par la lettre anonyme à l’origine des soupçons de fraude au concours de l’internat.