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Morilles séchées : après la mort d’une Montpelliéraine de 27 ans, le rappel s’étend à un grossiste

Pot de morilles séchées Champibon 60 g concerné par le rappel national

Une Montpelliéraine de 27 ans est morte au CHU de Montpellier le 3 novembre, au lendemain d’un repas contenant des morilles séchées achetées en magasin. La préfecture de l’Hérault confirme que le retrait des lots a été engagé. Une seconde fiche publiée ce jeudi étend la mesure à un grossiste de la restauration.

Des symptômes sévères quelques heures après le repas

Les autorités sanitaires ont appris le décès le 3 novembre. D’après le communiqué de la préfecture de l’Hérault, la patiente ne présentait aucune autre pathologie. Les troubles gastro-intestinaux, sévères, sont apparus la veille, dans les heures qui ont suivi la consommation des champignons.

Elle avait prévenu le centre antipoison de sa région, puis elle a été orientée vers l’établissement hospitalier le plus proche. La prise en charge a été rapide, souligne la préfecture. La jeune femme est morte le lendemain.

« À ce stade des investigations menées par les ministères chargés de la Santé et de l’Agriculture, un lien est suspecté entre la consommation des morilles, la survenue des symptômes gastro-intestinaux et le décès. Des analyses complémentaires sont en cours. »

Préfecture de l’Hérault, dans son communiqué

Prénommée Marie-Lou, la victime était une jeune écrivaine. Elle aurait cuisiné ces champignons avec du poulet, rapporte Midi Libre, qui cite le témoignage publié par sa sœur sur Instagram.

« Le CHU de Montpellier a fait tout son possible. Elle aurait dû être sauvée. Mais elle a eu une forte réaction, une réaction très rare. Et ses organes vitaux ont lâché les uns après les autres. »

La sœur de la victime, sur son compte Instagram

Deux fiches de rappel publiées en deux jours

La première fiche, mise en ligne le 4 novembre sur le site gouvernemental RappelConso, vise les morilles séchées Champibon conditionnées en pot de 60 grammes et distribuées chez B&M. Elle couvre tous les lots du code-barres 3760201609743, référence 534199, date limite de consommation au 1er décembre 2029. Ces pots ont été vendus en France entière du 12 octobre au 3 novembre.

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La seconde a été publiée le 5 novembre. Elle porte sur un conditionnement de 400 grammes de la même marque, distribué par Promocash. Ce réseau de libre-service de gros appartenant au groupe Carrefour fournit les professionnels de la restauration.

Pot de 400 grammes de morilles séchées Champibon rappelé chez Promocash
Le second produit rappelé, un pot de 400 grammes vendu chez Promocash. Visuel officiel RappelConso.

Le lot 262306 était en rayon depuis le 23 juin, soit pendant plus de quatre mois. La consigne y est plus stricte que pour le pot de 60 grammes : ne plus consommer et détruire le produit. Les deux rappels sont volontaires, sans arrêté préfectoral. Le motif affiché est le même dans les deux cas : une « probable contamination d’un lot de morilles par une toxine », écrit RappelConso.

La préfecture annonce que des rappels d’autres enseignes suivront. Le produit est conditionné par une entreprise de Haute-Loire, selon France 3 Occitanie.

Ce qu’il faut faire si vous avez ces pots chez vous

Ces morilles ne doivent pas être consommées, y compris après cuisson. La préfecture insiste sur ce point : passer les champignons à la casserole ne neutralise pas le risque. Les pots achetés chez B&M peuvent être rapportés en magasin contre remboursement, ceux du circuit Promocash doivent être détruits.

  • Pot de 60 g, code-barres 3760201609743, tous lots, vendu chez B&M du 12 octobre au 3 novembre
  • Pot de 400 g, code-barres 3760201600023, lot 262306, vendu chez Promocash depuis le 23 juin

En cas de diarrhées ou de vomissements apparus dans les heures suivant un repas contenant ces champignons, la préfecture demande d’appeler sans attendre un centre antipoison au 01 45 42 59 59, joignable en permanence. Le centre antipoison d’Occitanie répond pour sa part au 05 61 77 74 47. Devant des signes graves, le réflexe reste le 15.

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B&M France invite ses clients à se signaler au 04 73 69 90 60 en précisant la date et le magasin d’achat. L’enseigne dit avoir pris ses premières mesures de précaution dès ses échanges avec la DDPP, le service de l’État chargé des contrôles sanitaires dans le département. Elle a fait part de sa « profonde émotion » tout en rappelant que le lien avec le produit rappelé reste « à établir ».

Les champignons du commerce, un risque sous-estimé

Le cas montpelliérain renvoie à une réalité mal connue. Sur l’ensemble de l’année 2025, les centres antipoison ont recensé plus de 1 300 intoxications dues à des champignons, selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire. La plupart sont restées bénignes. Trois pour cent ont été de gravité forte.

Détail éclairant : sur les six premiers mois de l’année, les victimes avaient le plus souvent acheté leurs champignons en magasin ou les avaient mangés au restaurant. L’agence cite les agarics, les morilles et les shiitakés, auxquels s’ajoutent les récoltes de la saison précédente gardées sèches ou au congélateur. Le danger ne vient donc pas de la seule cueillette.

Le lien entre les morilles et la mort de la jeune Montpelliéraine reste au stade de la suspicion. Les analyses complémentaires se poursuivent sous l’égide des ministères de la Santé et de l’Agriculture. Une enquête « en recherche des causes de la mort » a été ouverte et une autopsie était pratiquée, selon France 3 Occitanie.