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Tourisme à Montpellier : + 12 % d’arrivées, restaurants en baisse

Des visiteurs partagent des produits locaux sur une terrasse en surplomb du centre de Montpellier

Les arrivées touristiques ont bondi de 12 % en juillet sur la métropole de Montpellier par rapport à juillet 2025. Les professionnels, eux, décrivent un mois compliqué : 83 % des restaurateurs interrogés déclarent une activité en recul. Les deux notes de conjoncture publiées cette semaine, l’une par l’office de tourisme de la métropole, l’autre par l’agence régionale AD’OCC, racontent la même saison sous deux angles opposés.

Plus de visiteurs pour des séjours plus courts

L’office de tourisme de Montpellier Méditerranée Métropole a interrogé 167 professionnels du territoire les 3, 4 et 5 août. Cent dix-huit ont répondu. Le tableau qui en ressort est celui d’une destination qui attire davantage de monde qu’il y a un an, sans que cette hausse se traduise dans les caisses.

Les données Flux Vision citées par l’office, encore provisoires, donnent des arrivées globales en progression de 12 %, avec 17 % d’arrivées françaises supplémentaires et 11 % du côté des clientèles internationales. Les nuitées, elles, ne gagnent que 3 %. L’explication tient en un chiffre : les nuitées françaises reculent de 6 %, quand les nuitées internationales progressent de 9 %. L’office attribue cet écart à des séjours qui se raccourcissent.

« Les gens partent moins longtemps qu’auparavant. Ils partaient deux semaines auparavant, aujourd’hui, ils ne partent plus qu’une seule semaine. »

Yves Soria, secrétaire général de l’Umih 34

Les Américains arrivent en tête des nuitées internationales du mois, devant les Allemands, les Espagnols et les Anglais. La région parisienne reste le premier bassin français de la destination. Ses arrivées comme ses nuitées sont pourtant en baisse sur le mois.

Restaurateurs et commerçants n’ont rien vu passer

Le décalage entre les compteurs et le ressenti est le fait marquant de cette note. Chez les restaurateurs montpelliérains, 83 % des répondants signalent une baisse d’activité par rapport à juillet 2025, contre 9 % une hausse. Les bars ne font pas mieux avec 75 % de fréquentation en recul. Au total, 76 % des bars et restaurants se disent insatisfaits de leur mois, dans un contexte de budget mesuré de la part des clients.

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Les hôtels affichent un profil comparable : 61 % font état d’un taux d’occupation en baisse, 30 % en hausse. Plus de la moitié d’entre eux, 56 %, jugent le mois décevant. Certains établissements ont abaissé leurs tarifs pour dynamiser leur remplissage. Les résidences de tourisme ont elles aussi dû appliquer des promotions, ce qui n’est pas habituel en juillet.

Côté commerces, seuls 20 % des répondants se déclarent satisfaits de la fréquentation. Les professionnels pointent deux causes : les fortes chaleurs et les difficultés d’accès au centre-ville liées aux travaux d’été sur les lignes de tramway. Le même motif revient chez les acteurs culturels, dont la moitié enregistre une fréquentation inférieure à celle de juillet 2025. L’accueil de l’office de tourisme, place de la Comédie, a vu passer 6 % de visiteurs en moins qu’il y a un an.

Airbnb : le plus fort recul de la région

Le second document, publié le 7 août par l’agence régionale AD’OCC, apporte une donnée que la métropole ne mesure pas elle-même. L’observatoire mutualisé du locatif en plateforme, qui suit 81 % de l’offre Airbnb en Occitanie, chiffrait au 5 août les nuits réservées par territoire. La métropole de Montpellier y signe le repli le plus marqué de la région pour juillet.

  • Montpellier métropole : -15 % en juillet, -16 % en août, -7 % en septembre
  • Toulouse métropole : -10 %, -10 %, +1 %
  • Littoral : -9 %, -14 %, -8 %
  • Pyrénées : -2 %, -7 %, -6 %
  • Ensemble de l’Occitanie : -8 %, -13 %, -8 %

Ce chiffre est à manier avec prudence. Il porte sur les nuits réservées à date sur les calendriers de la plateforme, pas sur le nombre de voyageurs accueillis. Dans le panel de l’office de tourisme, les exploitants de meublés et de chambres décrivent d’ailleurs un mois nettement moins sombre : 54 % le jugent équivalent à 2025 et 65 % s’en disent satisfaits.

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Un élément local complète le tableau, que la note régionale n’aborde pas. Depuis janvier 2026, un propriétaire montpelliérain ne peut plus louer sa résidence principale en meublé de tourisme au-delà de 90 jours par an, contre 120 auparavant, en application d’une délibération du 16 octobre 2025. La Ville a aussi plafonné à 770 le nombre d’autorisations temporaires délivrables dans sa zone à quota : 744 sont en cours de validité selon les chiffres publiés par la collectivité, ce qui laisse 26 places disponibles. Les locations non déclarées restent suivies de près par les services municipaux.

Canicule, incendies et pouvoir d’achat : la région décroche

À l’échelle de l’Occitanie, le bilan de juillet est franchement mauvais. Sur les 2 861 professionnels ayant répondu à l’enquête d’AD’OCC et des comités départementaux, 41 % seulement se disent satisfaits de la fréquentation, soit 9 points de moins qu’en juillet 2025. Le volume de nuitées régionales, tous hébergements confondus, recule de 3 % à 6 %.

Trois causes ressortent des plus de 800 verbatims analysés par l’agence. La chaleur d’abord : avec 24,9 °C de moyenne nationale, juillet 2026 est le mois le plus chaud jamais enregistré en France depuis 1900. L’épisode du 4 au 19 juillet a duré seize jours. Montpellier a vu son thermomètre grimper à 40,8 °C, Narbonne à 41,2 °C, soit 10 à 12 °C au-dessus des normales.

Les incendies ensuite. Le feu de Trévillach, dans les Pyrénées-Orientales, a parcouru environ 4 900 hectares à partir du 4 juillet. À Canet-en-Roussillon, 281 bungalows de camping ont brûlé et près de 1 700 vacanciers ont été évacués en pleine saison. Les professionnels estiment que la médiatisation de ces épisodes a pesé bien au-delà des zones touchées. Reste la troisième cause, celle qui revient depuis le printemps : les arbitrages budgétaires des ménages, accentués par le prix des carburants, qui raccourcissent les séjours et rognent la consommation sur place.

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Août se jouera à la dernière minute

Les perspectives restent prudentes. Dans l’enquête régionale, 47 % des professionnels jugent leur niveau de réservation « encourageant » pour août, 35 % pour septembre, des proportions quasiment identiques à celles relevées un mois plus tôt. Sur les stations du littoral, le taux d’occupation prévisionnel d’août s’établit à 75,7 %, en retrait de 3,6 points sur un an, la baisse la plus forte de la saison.

À Montpellier, les professionnels disent manquer de visibilité : les clients appellent, comparent les prix, puis se décident au tout dernier moment. C’est sur ces réservations tardives que repose désormais le cœur de la saison. Les deux documents sont consultables en ligne, celui de l’office de tourisme de Montpellier comme celui de l’agence AD’OCC.