Un adolescent de 16 ans est mort dans la nuit de dimanche à lundi après avoir reçu deux coups de couteau lors d’une rixe entre deux groupes de jeunes, allée Alberto-Giacometti, dans le quartier Port-Marianne à Montpellier. Un mineur de 17 ans s’est présenté volontairement au commissariat lundi matin en se désignant comme l’auteur des coups. Il a été placé en garde à vue.
Une rixe entre deux groupes de jeunes près d’une aire de jeux
Les faits se sont produits dimanche 9 août vers 23h20, allée Alberto-Giacometti, à proximité du parc Georges-Charpak. Deux groupes de jeunes se sont affrontés non loin d’une aire de jeux pour enfants, écrit France 3 Occitanie. Midi Libre situe pour sa part l’altercation sur cette aire de jeux elle-même. Le lieu se trouve à quelques pas de l’hôtel de ville et du quartier d’Odysseum.
Ils étaient au moins sept selon des témoins cités par France 3 Occitanie. Le média régional décrit deux bandes de jeunes âgés de 16 à 19 ans. L’un d’eux a sorti un couteau. La victime, un jeune Montpelliérain, a été touchée à deux reprises, au bras et au thorax, ce dernier coup étant mortel selon France 3. Le motif de l’altercation reste inconnu à ce stade de l’enquête. Les agresseurs ont quitté les lieux à trottinette pendant que l’adolescent gisait au sol.
Un médecin et une infirmière, riverains, portent les premiers secours
Alertés par le bruit et les cris, un médecin et sa compagne infirmière, qui habitent une résidence proche, sont intervenus pour porter secours au blessé. Ils lui ont prodigué les premiers soins, dont un massage cardiaque. L’adolescent se trouvait déjà en arrêt cardio-ventilatoire quand les policiers sont arrivés sur les lieux.
Les sapeurs-pompiers et le Samu 34 ont pris le relais. La victime a été transportée au CHU avec un pronostic vital engagé. Elle n’a pas pu être réanimée.
« Malgré les tentatives de réanimation opérées par les secours, la victime décédait au CHU des suites de ses blessures, lundi 10 août aux environs de 2 h »
Thierry Lescouarc’h, procureur de la République de Montpellier
Un mineur de 17 ans se désigne comme l’auteur des coups
Deux mis en cause ont été interpellés, indique le parquet de Montpellier dans un communiqué diffusé lundi. Selon Midi Libre, il s’agit de deux amis de la victime qui étaient présents lors de la bagarre. Hérault Tribune situe ces interpellations dans la nuit de dimanche à lundi.
Lundi matin, un adolescent de 17 ans s’est présenté « volontairement au commissariat de police de Montpellier ce lundi 10 août matin en se désignant comme l’auteur des coups de couteau », rapporte le parquet. Il a été immédiatement placé en garde à vue.
Le récit n’est pas tout à fait le même d’une source à l’autre. France 3 Occitanie indique que l’auteur présumé, un jeune qui aura 18 ans le 1er septembre, avait été identifié rapidement et que le domicile de sa mère avait été perquisitionné dès 6 h lundi matin, en son absence.
Le service local de police judiciaire de Montpellier a été chargé des actes d’enquête en flagrance. Les autres individus impliqués dans la rixe sont activement recherchés. Une autopsie a été ordonnée par le parquet. Celui-ci rappelle que toute personne mise en cause bénéficie de la présomption d’innocence.
Des armes blanches déjà en cause chez des adolescents de la métropole
Ce n’est pas le premier épisode de ce type dans l’agglomération. En avril, un collégien de 13 ans avait été interpellé après avoir porté un coup de couteau au cou d’un autre adolescent, lors d’une bagarre sur un terrain de foot du Crès. Il avait été placé sous contrôle judiciaire, avec un jugement fixé au mois de juin.
Les abords du parc Georges-Charpak avaient déjà mobilisé la justice il y a deux mois. En juin, un homme de 39 ans avait été interpellé près du parc, avenue Raymond-Dugrand, soupçonné d’avoir tenté d’enlever un enfant de 3 ans. Les versions des témoins divergeaient et une information judiciaire avait été ouverte.
Ce que disent les statistiques officielles
Les bases du service statistique ministériel de la sécurité intérieure permettent de replacer ce drame dans une tendance plus longue. À Montpellier, 1 556 victimes de violences physiques hors cadre familial ont été enregistrées par la police et la gendarmerie en 2025, contre 1 464 en 2024 et 1 283 en 2023.
Rapporté à la population communale, ce volume représente 5,0 victimes pour 1 000 habitants. À l’échelle de l’Hérault, le taux publié par le ministère de l’Intérieur s’établit à 3,8 pour 1 000, pour 4 640 victimes recensées la même année. Le département a par ailleurs comptabilisé 18 victimes d’homicide en 2025, autant qu’en 2024, après 20 en 2023.
Ces séries ne couvrent que les faits enregistrés par les services de police et de gendarmerie. Elles s’arrêtent à l’année 2025 : le drame de dimanche soir n’y figure évidemment pas.
Ce qu’il reste à établir
Les enquêteurs doivent maintenant reconstituer le déroulé exact de la soirée. Combien de jeunes se trouvaient sur place, comment les deux groupes se sont retrouvés face à face, ce qui a mis le feu aux poudres : rien de tout cela n’a été rendu public.
Le parquet a annoncé des auditions de témoins et des investigations techniques, qui doivent permettre de déterminer les causes et les circonstances du décès. L’autopsie de la victime sera prochainement réalisée par le service de médecine légale montpelliérain. Le parquet indiquait lundi matin que la garde à vue du mineur de 17 ans était « en cours ».















