Quatre interpellations en quatre jours. Entre le vendredi 31 juillet et le lundi 3 août, les services de police montpelliérains ont mis fin à quatre affaires de stupéfiants, du tramway au quartier des Cévennes. Le décompte des produits saisis atteint 661 grammes, dont 233 grammes de cocaïne.
Du tramway aux Cévennes, quatre quartiers touchés
Tout commence le vendredi 31 juillet vers 9 h 40. Les policiers de la police métropolitaine des transports contrôlent un tramway. Un homme de 20 ans, dépourvu de titre de transport, tente de s’échapper avant d’être rattrapé.
La fouille de son sac livre 86 grammes de résine de cannabis, 31 grammes d’herbe et 104 grammes de cocaïne. Placé en garde à vue, l’intéressé a soutenu avoir trouvé le sac et vouloir en garder le contenu pour sa consommation personnelle. Les estimations de la valeur marchande divergent selon les sources policières relayées par la presse locale, entre 6 000 et 7 000 euros.
Le lendemain, samedi 1er août vers 11 h 30, une patrouille de la brigade anticriminalité surprend une transaction place Bouschet-de-Bernard, à la charnière des quartiers Gambetta et Figuerolles. Le vendeur, âgé de 37 ans, se ravitaillait au pied d’un arbre où était dissimulée une plaquette d’environ 100 grammes de résine. Il a reconnu une partie des faits.
Dimanche 2 août à 11 h 55, rue de Montasinos, dans le secteur de l’Aiguelongue, un jeune homme de 18 ans attire l’attention d’une patrouille. Assis près d’une pancarte affichant les tarifs des produits, il propose de la cocaïne à un policier en civil engagé dans une opération de surveillance. Sa cache contenait 14 grammes de cocaïne, 35 grammes d’herbe et un gramme de résine.
Dernier épisode lundi 3 août au soir, rue Paul-Rimbaud, dans le quartier des Cévennes. Un homme de 20 ans est surpris en pleine vente. Les policiers récupèrent à proximité 150 grammes de résine, 25 grammes d’herbe et 115 grammes de cocaïne.
661 grammes, dont un tiers de cocaïne
L’addition des quatre saisies donne un total précis rarement publié. Les produits retirés de la circulation en quatre jours représentent 337 grammes de résine de cannabis, 233 grammes de cocaïne et 91 grammes d’herbe, soit 661 grammes au total.
La part de la cocaïne frappe. Elle représente plus du tiers du volume saisi, alors que la poudre restait longtemps marginale dans les points de deal locaux. Les toxicologues montpelliérains avaient déjà alerté début juillet sur un gramme tombé sous la barre des 40 euros, signe d’une abondance de l’offre.
La géographie des interpellations mérite aussi le détour. Aucune de ces quatre affaires ne s’est déroulée sur les points de fixation historiques du trafic montpelliérain. La Mosson et la cité Gély restent sous surveillance renforcée. La revente essaime désormais dans les rues résidentielles du nord de la ville et jusque dans les rames de tramway.
Comparution immédiate pour l’un, mars 2027 pour les autres
Les suites judiciaires réservées aux quatre mis en cause dessinent un contraste saisissant. Le dernier interpellé, déféré à l’issue de sa garde à vue, doit être jugé en comparution immédiate ce mercredi devant le tribunal judiciaire de Montpellier.
Les trois autres attendront. Le voyageur du tramway est convoqué à l’audience du 17 mars 2027, malgré les 104 grammes de cocaïne retrouvés dans son sac. Le jeune homme de la rue de Montasinos a accepté une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité fixée au 11 mars 2027. Le vendeur de la place Bouschet-de-Bernard, lui, fera l’objet d’une ordonnance pénale au mois d’octobre.
Quant à l’acheteur intercepté ce jour-là, il a été sanctionné d’une amende forfaitaire délictuelle. Cette procédure permet à un policier de sanctionner l’usage de stupéfiants sans passer par un procès : 200 euros à régler, ramenés à 150 euros en cas de paiement sous quinze jours, portés à 450 euros au-delà de quarante-cinq jours. Le paiement vaut reconnaissance de culpabilité et l’infraction s’inscrit au casier judiciaire.
Une pression assumée par la préfecture et le parquet
Cette semaine chargée s’inscrit dans une stratégie affichée depuis des mois. En présentant le bilan 2025 de la délinquance le 20 février dernier, la préfète de l’Hérault Chantal Mauchet avait fait de la lutte contre le narcotrafic sa priorité absolue, en insistant sur la pression exercée sur les consommateurs.
Les chiffres départementaux traduisent cette orientation. En 2025, 7 700 personnes ont été mises en cause pour usage de stupéfiants dans l’Hérault, en hausse de 14 %. Les amendes forfaitaires délictuelles ont bondi de 27 %, à 6 200. Le nombre de points de deal recensés est passé de 48 à 29 en un an. Les saisies, elles, ont presque doublé pour atteindre 7,6 tonnes.
Le procureur de la République de Montpellier a détaillé la mécanique judiciaire qui accompagne ces opérations.
« La plupart de ces dossiers passent en comparution immédiate. Quasiment toutes les semaines, des personnes sont jugées sur ces faits. »
Thierry Lescouarc’h, procureur de la République de Montpellier
Le magistrat martèle aussi la nécessité de frapper les réseaux au portefeuille. Près de 23,5 millions d’euros d’avoirs criminels ont été saisis dans le département en 2025, contre 10 millions un an plus tôt. La loi narcotrafic du 13 juin 2025 a par la suite permis de prononcer 33 interdictions de paraître sur un point de deal dans l’Hérault, dont 19 pour la seule ville de Montpellier.
Reste la question de fond, celle que Michaël Delafosse posait fin juillet en dénonçant l’emprise des réseaux criminels sur certains quartiers. Quatre interpellations en quatre jours démontrent l’intensité du travail policier. Elles disent tout autant la vitalité d’un marché qui se reconstitue au fil des saisies.















