Presque deux mois après l’alerte lancée par le Snes-FSU sur « l’état préoccupant » du lycée Joffre de Montpellier, la Région Occitanie a publié sa réponse officielle ce mercredi 20 mai 2026. L’institution détaille ses investissements et relativise les critiques du syndicat enseignant.
Une alerte restée longtemps sans réponse
Le 31 mars dernier, la section Snes-FSU du lycée Joffre avait adressé un courrier alarmant à la Région Occitanie, propriétaire de l’établissement. Le syndicat décrivait une situation qui se dégradait depuis des années : vitres fendues, chutes de matériaux au plafond de la salle des professeurs, fenêtres impossibles à fermer, infiltrations répétées, températures insoutenables en été comme en hiver dans plusieurs bâtiments. Le lycée accueille 2 500 élèves et étudiants au sein d’un site historique du cœur de Montpellier.
Les enseignants avaient publié dans leur courrier des verbatims issus d’un cahier de doléances, resté « lettre morte » selon eux depuis son envoi à la Région en février 2026. Parmi les témoignages recensés : une professeure « sérieusement blessée » en poussant la porte vitrée cassée de la salle des professeurs, des sols dangereux dans plusieurs salles de classe ainsi que des pièces dont les radiateurs impossibles à régler contraignent les occupants à ouvrir les fenêtres en plein hiver.
« La quasi-totalité des vitres du bâtiment Espace accueillant la salle des professeurs et la cafétéria sont fendues et menacent de se briser. Faut-il attendre l’accident irrémédiable ? »
Extrait du cahier de doléances du Snes-FSU, lycée Joffre
La piscine de l’établissement a quant à elle été fermée après des analyses d’eau en 2025 révélant des problèmes structurels nécessitant des reprises lourdes.
La Région détaille ses investissements
Le 7 mai, Kamel Chibli, vice-président de la Région en charge de l’éducation, a rencontré les représentants du lycée. Sa réponse formelle, publiée ce 20 mai, tient en plusieurs points.
Sur les travaux déjà réalisés, la Région avance un bilan : 1,2 million d’euros investis sur les six dernières années pour la maintenance de l’établissement. Ces travaux ont concerné la réfection des salles de sciences, des réseaux aérauliques, la réfection de toitures, la mise à niveau du système de sonorisation et de la centrale incendie. Des travaux d’électricité sont actuellement en cours pour sécuriser les installations et améliorer l’éclairage des vestiaires.
Sur les équipements pédagogiques, la Région indique que le lycée a bénéficié de 281 000 euros de matériel entre 2023 et 2025, avec une instruction en cours pour 2026. Du côté des personnels d’entretien, l’institution avance que le budget consacré aux remplacements est passé de 9 à 17 millions d’euros annuels en dix ans sur l’ensemble de la région. Elle ajoute que le lycée Joffre est doté de 65 agents régionaux de lycée, ce qui le place « parmi les lycées encore fortement surdotés ».
Des chantiers annoncés pour 2026
Sur les problèmes d’infiltrations, la Région indique que des devis sont en cours et que des travaux seront réalisés courant 2026 à hauteur de 80 000 euros. Les menuiseries vétustes des bâtiments Espace et CDI (portes et fenêtres) sont également programmées pour cette année, avec des chiffrages en cours. Pour la piscine fermée depuis 2025, un budget exceptionnel d’un million d’euros a été voté pour sa remise en service, incluant la reprise complète des circuits d’eaux usées en sous-sol.
Un projet de rénovation des vestiaires et du terrain de rugby est par ailleurs en cours, mené en lien avec le Montpellier Hérault Rugby. La Région assure également avoir maintenu la dotation annuelle de fonctionnement 2026 au niveau de 2025, alors que les données prévisionnelles auraient pu conduire à une réduction de plus de 24 %. Elle chiffre cet effort à près de 270 000 euros.
Un dialogue qui reste tendu
Si la Région multiplie les chiffres pour rassurer, le Snes-FSU avait pointé en mars une « absence de prise en compte » de ses demandes et un « dialogue impossible » à l’échelle régionale. Le syndicat dénonçait notamment le refus de communiquer aux organisations syndicales les dotations comparatives des lycées d’Occitanie, ainsi que la suppression annoncée de deux postes d’agents dans l’établissement, ce que la Région dément dans sa réponse.
Cette séquence intervient alors que plusieurs lycées montpelliérains traversent une période de tension avec leur tutelle régionale. Le lycée Jules-Guesde avait lui aussi connu une mobilisation d’ampleur en mai, avec une marche vers le rectorat réunissant enseignants, parents et lycéens.
La réponse de la Région apporte des éléments concrets mais ne devrait pas clore le débat : les syndicats attendent désormais la concrétisation des travaux annoncés, dont certains sont promis depuis plusieurs années selon eux.















