Montpellier Info

Toute l'actualité de Montpellier et sa région en direct

Sécheresse à Montpellier : le bassin du Lez et de la Mosson passe en alerte

Le Lez à hauteur de la station de tramway Moularès, à Montpellier

Montpellier bascule à son tour dans les restrictions d’eau. Le bassin versant du Lez et de la Mosson est placé en alerte sécheresse depuis le jeudi 24 septembre, au lendemain de la signature d’un arrêté par la préfète de l’Hérault. Arrosage des pelouses, lavage de voiture, remplissage de piscine : les premières interdictions s’appliquent déjà sur le territoire de la capitale héraultaise.

La décision touche trois secteurs d’un coup. Les bassins versants de l’Or et du Lez et de la Mosson quittent la vigilance pour l’alerte, tandis que l’Aude aval et le canal du Midi montent d’un cran supplémentaire, en alerte renforcée. L’arrêté du 23 septembre, mis en ligne par la préfecture avec la carte départementale actualisée, produit ses effets jusqu’au 31 octobre.

Trois zones d’alerte se rejoignent sur Montpellier

La préfecture découpe l’Hérault en 21 zones d’alerte, dont 18 dites globales, deux souterraines et un ouvrage, le canal du Midi. Montpellier en cumule trois : le bassin de l’Or, le bassin du Lez et de la Mosson hors axe Lez soutenu, puis l’axe Lez soutenu lui-même. Le tableau annexé à l’arrêté cadre départemental l’indique pour les eaux brutes comme pour l’eau potable.

Ces trois zones étaient encore maintenues en vigilance à l’issue de l’arrêté précédent, daté du 9 septembre. La carte départementale diffusée avec le nouveau texte les fait toutes trois basculer au niveau alerte. Ce relèvement touche 82 des 342 communes de l’Hérault, celles dont le territoire recoupe au moins l’une des trois zones. Les 31 communes de Montpellier Méditerranée Métropole y figurent toutes. Le seul bassin du Lez et de la Mosson en concerne 56, de Palavas-les-Flots à Saint-Martin-de-Londres.

READ  Vague de chaleur : jusqu'à 34°C dans l'Hérault ce lundi de Pentecôte

Arrosage, piscine, voiture : ce qui est interdit

Le niveau alerte déclenche des interdictions horaires qui visent d’abord les usages extérieurs. Voici ce qui s’applique désormais aux habitants de Montpellier :

  • arrosage des pelouses, massifs fleuris, espaces verts, ronds-points et voies de tramway interdit de 10 heures à 18 heures
  • potagers individuels comme collectifs soumis au même créneau d’interdiction
  • lavage des véhicules par des particuliers interdit à titre privé
  • nettoyage des façades, toitures et trottoirs interdit de 10 heures à 18 heures
  • remplissage des piscines privées de plus d’un mètre cube interdit, hors remise à niveau et cas particuliers prévus par l’arrêté
  • alimentation des fontaines d’ornement interdite lorsque c’est techniquement possible

Les professionnels et les collectivités ne sont pas épargnés. Le lavage de véhicules en station professionnelle est interdit entre 14 heures et 8 heures, sauf dans les stations qui recyclent au moins 70 % de leur eau et se sont fait recenser par le service de police de l’eau. Les douches de plage tombent sous une interdiction stricte. L’arrosage des terrains de sport enherbés suit le créneau de 10 heures à 18 heures. Les golfs sont soumis à une interdiction plus large encore, de 8 heures à 20 heures.

Un point passe souvent inaperçu : tout prélèvement lié à un usage qui ne figure pas dans le tableau de l’arrêté est réputé interdit dès l’alerte. Les mesures valent quelle que soit l’origine de l’eau, réseau public comme forage domestique. En juillet, Midi Libre rappelait que les contrôles de l’Office français de la biodiversité exposent les contrevenants à 1 500 euros d’amende.

READ  Éoliennes d'Aumelas : EDF Renouvelables relaxé en appel à Montpellier

Pourquoi le curseur a bougé

Le franchissement du seuil n’a rien d’un simple code couleur. L’arrêté cadre départemental en donne une définition précise, qui fixe aussi un objectif chiffré aux gros préleveurs.

« ALERTE : le franchissement de ce niveau signifie que la coexistence de tous les usages et le bon fonctionnement des milieux risque de ne plus être assuré. Lorsque les conditions de déclenchement sont constatées, les premières mesures de limitation effective des usages de l’eau sont mises en place. »

Arrêté cadre départemental sécheresse de l’Hérault, article 6

Pour les usages encadrés par un volume de prélèvement autorisé, le texte vise une réduction globale de 30 % des prélèvements non prioritaires. Le seuil suivant, l’alerte renforcée, porterait cet objectif à 50 %.

Les services de l’État justifient le relèvement par des conditions climatiques toujours très défavorables et l’absence de pluies significatives. La sécheresse des sols « a atteint un record bas », relèvent-ils, quand les eaux souterraines résistent mieux grâce à la recharge de l’hiver et du printemps. Sur ce bassin précis, l’arrêté cadre reconnaît que sa station de référence, la Mosson à Saint-Jean-de-Védas, présente une faible fiabilité et que le suivi hydrométrique n’y constitue pas l’indicateur principal. Une recherche de station de substitution est en cours. Le tableau des stations lui adjoint quatre piézomètres, installés à Castelnau-le-Lez, aux Matelles, à Saint-Gély-du-Fesc et à Saint-Jean-de-Védas.

Le contexte national donne la mesure de l’épisode. L’agroclimatologue Serge Zaka a publié le 22 septembre une analyse des indicateurs de sécheresse où il écrit que la sécheresse de 2026 « devient la plus sévère jamais observée en France alors qu’elle n’est même pas terminée ».

Dans l’Hérault, la préfecture a publié huit points de situation sur la ressource en eau depuis le 12 mai. La préfète Chantal Mauchet avait installé le 4 août une cellule de crise agricole chargée de recenser les pertes des exploitations du département.

READ  Salon de l'environnement : Montpellier mise sur la biodiversité

La pluie annoncée la semaine prochaine

Les restrictions courent jusqu’au 31 octobre, sous réserve d’un nouvel arrêté. Chacun peut vérifier le niveau applicable dans sa commune et le détail des usages concernés sur RestrEau 34, la carte interactive mise en ligne par les services de l’État. Les maires conservent la possibilité de durcir les règles par arrêté municipal lorsque la situation locale le justifie.

Une éclaircie se dessine du côté du ciel. Les prévisionnistes d’InfOccitanie annoncent un changement de temps à partir du lundi 28 septembre, avec des entrées maritimes puis un épisode pluvio-orageux attendu à compter du mardi 29 septembre, susceptible de se prolonger jusqu’au 1er octobre. L’intensité de cet épisode reste indéterminée à ce stade des prévisions.

La ressource se joue aussi sous les pieds des Montpelliérains. La Régie des eaux de la Métropole répare en moyenne deux fuites par jour sur les 1 300 kilomètres de canalisations d’un territoire dont les 31 communes relèvent désormais toutes d’une zone en alerte.