Montpellier Info

Toute l'actualité de Montpellier et sa région en direct

Souveraineté numérique : Montpellier vote la création de l’opérateur public OPSN

Séance du conseil municipal de Montpellier du 6 octobre 2026

Le conseil municipal de Montpellier a adopté à l’unanimité, mardi 6 octobre, sa trajectoire de souveraineté numérique, sous la forme d’une délibération-cadre. La collectivité veut réduire sa dépendance aux solutions non européennes et préfigurer un opérateur public commun à ses satellites. Le texte doit être présenté au conseil de Métropole le 13 octobre.

Une délibération-cadre votée sans opposition

Cent-sept affaires étaient inscrites au menu de la séance du mardi 6 octobre, qui a duré près de six heures. L’une d’elles n’a suscité aucun vote contraire : la trajectoire de souveraineté numérique de la Ville, détaillée en séance par Manu Reynaud, septième adjoint au maire, délégué à la Ville numérique, à l’intelligence artificielle souveraine et à la performance du service public.

L’élu du groupe des écologistes indique avoir porté le texte à la demande de Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole. L’objectif affiché n’est pas de couper les ponts avec les éditeurs étrangers. Il s’agit de reprendre la main sur les choix techniques du service public local.

« La souveraineté numérique n’est pas l’indépendance de Montpellier. C’est la capacité de Montpellier à choisir ses dépendances et à les organiser au sein d’alliances publiques françaises et européennes. »

Manu Reynaud, adjoint au maire de Montpellier délégué à la Ville numérique

Un opérateur public ouvert aux satellites de la collectivité

La délibération ouvre la voie à une structure baptisée OPSN Montpellier, pour « opérateur public de souveraineté numérique ». Manu Reynaud la présente comme la première du genre. Il annonce qu’elle réunira notamment la Ville, la Métropole et le CCAS, rejoints par plusieurs structures publiques satellites de la collectivité.

  • TaM Montpellier 3M
  • Altémed
  • la Régie des eaux de la Métropole
  • l’office de tourisme de Montpellier
  • Montpellier Events, gestionnaire du Corum et du Zénith Sud
  • les Services funéraires de Montpellier Agglomération
  • le Marché Gare
READ  Halle Tropisme : le tiers-lieu reste, Delafosse lance un concours d'architecture

L’adjoint entend ensuite élargir le cercle aux communes de la métropole, puis à tout organisme public que la démarche intéresserait. Chaque brique produite par l’opérateur devra pouvoir resservir à d’autres, précise-t-il.

L’enjeu dépasse la bureautique des agents. À l’échelle du groupe Montpellier, plus de 2 000 agents répondent chaque jour aux usagers, selon l’élu, qui interroge le rôle du service public local face aux plateformes géantes et aux agents d’intelligence artificielle.

Le détail du dispositif publié par Manu Reynaud sur LinkedIn, le 8 octobre 2026.

51,8 % d’outils non européens, 6 millions d’euros par an

Le chiffrage public le plus précis date d’avril 2025. À cette date, Manu Reynaud évaluait à 51,8 % la part des outils numériques et informatiques non européens au sein des services municipaux et métropolitains, essentiellement américains ou chinois, pour un coût de 6 millions d’euros par an. Les seuls produits Microsoft pesaient alors 1,8 million d’euros par an dans les deux collectivités.

L’élu citait un épisode révélateur du rapport de force : une hausse tarifaire de 39 % voulue par l’éditeur américain en 2024, ramenée à 12 % après négociation. Il décrivait au même moment une stratégie en trois paliers, à trois, six et neuf ans, calés sur la difficulté des chantiers à mener.

Montpellier travaille dans le cadre de TIE Break, la Trajectoire d’indépendance numérique européenne. L’appel a été lancé le 9 avril 2025 par les élus de la commission numérique des Interconnectés, d’Intercommunalités de France et de France urbaine. Avec l’élu nantais Francky Trichet et les services de Nantes Métropole, les équipes montpelliéraines ont dressé la cartographie de leurs appuis extérieurs puis bâti une note de souveraineté, attribuée à la manière d’un nutriscore aux composants des systèmes d’information. L’horizon fixé à la démarche est 2030.

READ  Patrick Bruel au Zénith Sud : Delafosse veut l'annulation

Les deux collectivités ont présenté ces travaux le 22 septembre à Nantes. Elles y décrivaient des migrations relativement simples sur certains équipements comme les pare-feu ou les VPN. Le chantier est autrement plus lourd sur une suite aussi installée que Microsoft 365. À Montpellier, la doctrine d’achat a déjà bougé : le recours à un produit non européen doit maintenant être motivé, lorsque la réglementation l’autorise. Les initiateurs de TIE Break chiffrent à 1,5 milliard d’euros les achats numériques des collectivités en France.

Le texte devant les élus métropolitains le 13 octobre

La délibération-cadre suit maintenant son chemin institutionnel. Manu Reynaud annonce sa présentation au conseil de Métropole du mardi 13 octobre. Les directions de travail annoncées touchent la dématérialisation, la donnée et l’intelligence artificielle, la cybersécurité, les infrastructures ainsi que l’architecture de la relation aux usagers.

Reste à mesurer ce que la trajectoire produira sur les postes de travail des agents. L’élu pose le cadre en deux phrases.

« La dépendance est subie. L’interdépendance doit être organisée. »

Manu Reynaud, sur LinkedIn, le 8 octobre 2026

La principale affaire de cette séance du 6 octobre concernait un autre dossier : le lancement d’un appel à manifestation d’intérêt pour une assurance habitation communale, première mesure de l’Office municipal du pouvoir d’achat. La séance s’était ouverte sur un changement dans les rangs de l’opposition, avec l’exclusion de Marie-France Boisbault du groupe Montpellier notre fierté. L’élue n’appartient plus à aucun groupe de l’assemblée.