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Budget 2027 : 38 millions d’euros en moins pour Montpellier et sa Métropole

Stéphane Le Foll, Michaël Delafosse et Aristide Olivier lors de la conférence de presse de France urbaine sur le budget 2027

Le projet de loi de finances pour 2027 priverait Montpellier et sa Métropole de 38 millions d’euros, selon le chiffrage présenté mercredi 14 octobre à Paris par Michaël Delafosse. Le maire s’exprimait comme vice-président aux finances de France urbaine, l’association des grandes villes et des métropoles. Il prévient que les investissements fondraient de 320 à 200 millions d’euros.

Vingt-neuf millions pour la Métropole, neuf pour la Ville

L’association vient de fêter ses dix ans. Elle fédère une centaine de grandes villes et d’intercommunalités représentant 30 millions d’habitants. Elle chiffre à 6,6 milliards d’euros l’effort que l’État demanderait aux collectivités en 2027, hausse des cotisations retraite des agents territoriaux comprise.

Michaël Delafosse a détaillé la facture pour le territoire montpelliérain : 29 millions d’euros en moins pour la Métropole, 9 millions pour la Ville. Les communes voisines seraient touchées à leur tour, à hauteur de 1 million d’euros pour Castelnau et de 900 000 euros pour Lattes. « Toutes les communes seront touchées », avertit le maire, qui dit avoir réuni ses deux exécutifs pour chercher des pistes d’économies.

« Nous ne sommes pas contre le fait de participer au redressement des comptes publics, nous faisons d’ailleurs des propositions en ce sens. Mais fragiliser les métropoles et les grandes villes, qui portent l’investissement local, entraînerait une casse de la machine économique. »

Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de la Métropole

Des investissements qui fondraient de 320 à 200 millions

L’élu socialiste chiffre la conséquence directe de ce prélèvement : les investissements « fondent de 320 à 200 M€ », selon ses mots. Il redoute alors une réduction des services publics de proximité qui sont, dit-il, « au cœur de notre action ». Et de citer les domaines menacés : « Transports, logements, tous les domaines seraient concernés. »

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Un autre chiffrage circulait déjà en début de semaine sur le territoire. Le simulateur mis en ligne le 8 octobre par France urbaine évaluait à plus de 27 millions d’euros le manque à gagner pour la Métropole, dont 6 millions pour la seule Ville. Ces montants, rapportés par Hérault Tribune avant le conseil de métropole du mardi 13 octobre, diffèrent de ceux avancés le lendemain à Paris.

Sept associations d’élus signent une déclaration commune

Le même jour, à l’initiative du président du Comité des finances locales, sept associations ont rendu publique une déclaration commune à Paris. Régions de France, Départements de France, l’Association des maires et des présidents d’intercommunalité de France, France urbaine, Intercommunalités de France, Villes de France et l’Association des petites villes de France y expriment « une opposition ferme et unanime » aux dispositions du budget qui concernent les collectivités.

Le document chiffre à « au moins 7,5 milliards d’euros » la ponction imposée aux collectivités territoriales sur un seul exercice budgétaire. Il rappelle que celles-ci assument plus de 70 % de l’investissement public civil et que leur dette représente 9 % du produit intérieur brut, un ratio stable depuis 1995.

« Je n’avais jamais vu une telle unanimité depuis mon élection de maire en 2020 », observe Michaël Delafosse, qui a relayé le texte sur son compte X.

Quatre mesures en cause, dix propositions sur la table

Quatre dispositions du texte pèsent sur les communes et les intercommunalités, selon le décompte publié le 8 octobre par France urbaine : une contribution progressive à l’effort de redressement des comptes publics de 2,5 milliards d’euros, un rabotage de 25 % du Fonds de compensation pour la TVA, soit 2,1 milliards, un écrêtement de la fraction de TVA censée compenser la suppression d’impôts locaux et un étalement des remboursements dus au titre du dispositif Dilico. L’association met aussi un simulateur d’impact à disposition de ses adhérents.

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Dix propositions ont été présentées mercredi pour corriger le texte. Elles réclament un plafond de prélèvement limité à 2 % des recettes réelles de fonctionnement de chaque collectivité, le retrait du rabotage de ce même fonds et une révision des critères de répartition de la nouvelle contribution. Stéphane Le Foll, maire du Mans et coprésident de la commission finances, résume la colère des élus urbains : « 6,6 milliards, c’est la somme des efforts qui nous ont été demandés sur les deux dernières années. Mais là c’est sur un an ! »

« C’est une injustice car nos collectivités représentent 18 % des dépenses et 26 % des efforts demandés », complète Aristide Olivier, coprésident de la commission finances de l’association. Le maire de Montpellier, lui, a lancé : « On n’est pas des ploucs ».

Montpellier mise sur le développement économique

Deux jours plus tôt, le maire avait déjà prévenu que le calendrier des chantiers allait glisser. « Des projets qu’on voyait arriver à l’horizon 2029 arriveront plutôt à l’horizon 2031 », déclarait-il à Hérault Tribune le 12 octobre, en qualifiant la situation des finances publiques d’« extrêmement inquiétante ».

Pour compenser une partie du manque à gagner, le maire mise sur le développement économique. Il s’envolera prochainement pour le Québec, accompagné d’entrepreneurs montpelliérains, afin d’attirer des investisseurs canadiens. Le plan local d’urbanisme intercommunal réserve de son côté 350 hectares de foncier à l’activité économique.

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Deux décisions ont déjà marqué l’année budgétaire locale. Le conseil de Métropole avait voté le 28 avril une hausse de sa part de taxe foncière, dont le taux est passé de 0,16 % à 5,8 %. La Ville, elle, avait affiché un budget d’équipement de 157 millions d’euros pour 2026. La suite se joue maintenant au Parlement : « Nous avons rédigé un amendement qui est maintenant entre les mains des parlementaires », indique Michaël Delafosse.