Six cents signatures, un courrier du maire et un rassemblement organisé devant les grilles. À l’école élémentaire Marie-Curie de Montpellier, les parents d’élèves refusent la fermeture d’une classe prévue pour la rentrée de septembre. Ce lundi 15 juin au matin, ils se sont retrouvés devant l’établissement, à trois jours d’une réunion qui doit figer la carte scolaire départementale.
Une classe menacée malgré des effectifs stables
L’annonce est tombée il y a quelques mois. L’école Marie-Curie figure parmi les seize établissements montpelliérains visés par une suppression de classe. La cause avancée tient à la nouvelle carte scolaire, inscrite dans une politique nationale de réduction des postes justifiée par la baisse du nombre d’élèves.
Sauf que les familles contestent le raisonnement. L’école accueillait récemment 231 élèves répartis en 10 classes, soit une moyenne de 23,1 enfants par classe. Pas de chute des effectifs, au contraire, selon les parents délégués. Ils rappellent aussi la spécificité de l’établissement, qui scolarise des élèves allophones et demande donc un encadrement renforcé.
« Pour cette école il n’y a pas de réduction des effectifs, au contraire. Sans compter la spécificité de l’établissement qui accueille des élèves allophones. »
Un parent délégué de l’école Marie-Curie
Les familles de deux écoles voisines, la maternelle Alphonse-Daudet et l’élémentaire Marie-Curie, ont décidé d’unir leurs forces. Une pétition lancée sur Change.org, doublée d’une version papier, a réuni près de 600 soutiens. Le rassemblement de ce lundi matin, à 8 h 30 devant l’école, prolonge cette mobilisation avant l’échéance décisive.
Le maire de Montpellier monte au créneau
La cause des parents a trouvé un relais de poids. Michaël Delafosse, maire de Montpellier, a adressé un courrier à Aymeric Meiss, directeur académique des services de l’Éducation nationale dans l’Hérault, pour lui demander de reconsidérer le projet de fermeture.
Cette intervention a été accueillie comme un signal d’espoir par les familles, qui saluent l’écoute des services de la Ville et de l’Éducation nationale. La municipalité n’a toutefois pas encore détaillé les démarches concrètes engagées auprès de l’Académie ou de la préfecture pour obtenir le maintien de la classe.
« Cette lettre nous a mis du baume au cœur. On espère que notre mobilisation et nos arguments seront entendus. »
Une mère d’élève mobilisée
Une carte scolaire départementale sous tension
Le cas Marie-Curie n’a rien d’isolé. Dans l’Hérault, la carte scolaire 2026 du premier degré s’écrit sur fond de conflit. L’académie de Montpellier justifie ses arbitrages par une baisse démographique d’environ 4 600 élèves dans le primaire, qui entraîne la disparition de 75 postes d’enseignants à temps plein pour la prochaine rentrée.
Validée par la préfète de l’Hérault à la mi-avril, cette première version reste susceptible d’ajustements. D’autres communes du département vivent la même inquiétude. À Agde, des parents se sont organisés contre la menace de trois fermetures de classe. À Sète, des collectifs ont interpellé les autorités académiques.
Les syndicats enseignants ont joué un rôle d’alerte précoce. Le SNUipp-FSU 34 et le SE-Unsa ont publié des analyses pointant le déséquilibre entre la baisse des effectifs et l’ampleur des suppressions. De leur côté, la FCPE et FO ont mené des actions communes, dénonçant une logique comptable déconnectée des réalités pédagogiques et sociales des quartiers. Les mobilisations dans l’éducation montpelliéraine se sont multipliées cette année, des 148 postes supprimés dénoncés lors de la grève du 31 mars jusqu’aux collectifs de parents dénonçant les conditions d’accueil.
Le 18 juin, dernière fenêtre de tir
Tout va se jouer en quelques jours. Le comité social d’administration de juin, réuni le 18, représente l’ultime occasion officielle de modifier la carte scolaire avant la rentrée. C’est dans ce délai que le soutien du maire et la pression des familles pourraient peser sur la décision finale de l’Académie et de la préfecture.
Les raisons précises ayant placé Marie-Curie sur la liste des fermetures n’ont pas été communiquées publiquement par l’Académie à ce stade. Les parents, eux, comptent bien occuper le terrain jusqu’au bout pour défendre une école qu’ils jugent essentielle à leur quartier.















