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Longicorne tigre : les 31 communes de la Métropole de Montpellier en zone infestée

Trous de sortie circulaires du longicorne tigre et décollement d'écorce sur le tronc d'un mûrier platane, à Sète

Les 31 communes de Montpellier Méditerranée Métropole figurent toutes en zone infestée par le longicorne tigre. C’est ce que fixe l’annexe 2 de l’arrêté préfectoral du 10 septembre. Les larves de ce coléoptère venu d’Asie forent des galeries dans le bois des mûriers platanes jusqu’à tuer l’arbre. Un insecticide vient d’être autorisé en dérogation pour l’injecter dans les troncs, jusqu’au 8 janvier.

Toutes les communes de la Métropole dans le périmètre de l’arrêté

L’annexe 2 du texte préfectoral dresse la liste commune par commune, avec le code Insee de chacune. Elle compte 389 communes réparties sur l’Hérault, le Gard et l’Aude : 244 classées en zone infestée et 145 en zone tampon. L’Hérault concentre l’essentiel du périmètre avec 260 communes citées, dont 190 en zone infestée, soit plus de la moitié des 341 communes du département.

Le décompte commune par commune de cette annexe montre que les 31 villes de la Métropole y sont toutes classées en zone infestée. Montpellier bien sûr. Mais aussi Lattes, Castelnau-le-Lez, Juvignac, Saint-Jean-de-Védas, Pérols, Cournonterral ou Murviel-lès-Montpellier. Aucune commune de l’agglomération n’échappe au dispositif de surveillance obligatoire.

La nuance compte. Le classement en zone infestée ne signifie pas que l’insecte a été officiellement détecté dans chaque commune. La Draaf, direction régionale de l’agriculture, de l’alimentation et de la forêt, précise que cette zone réunit 134 communes officiellement trouvées infestées auxquelles s’ajoutent 110 voisines, prises dans un rayon de trois kilomètres autour d’un foyer ou cernées par des communes contaminées.

La progression se lit dans les chiffres de la Draaf. Une seule commune était concernée en 2018. Elles étaient 29 à la fin de 2022, 36 un an plus tard, 58 fin 2024 puis 100 fin 2025. Le compteur affiche 134 en septembre 2026. Le premier foyer français a été acté fin 2018 à Sète, sur des mûriers platanes de la commune. L’insecte est arrivé par la zone portuaire, explique dans Midi Libre Martin Strugarek, qui dirige l’unité santé des végétaux de la Draaf. Il gagne trois à cinq kilomètres par an. La liste intégrale des communes concernées est publiée par la Draaf Occitanie.

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À Saint-Georges-d’Orques, un mûrier condamné place du Porche

Un document rendu public par la commune montre ce que donne l’infestation sur un arbre précis. À l’automne 2025, le responsable du patrimoine des espaces verts de la Métropole pour le pôle Piémonts et Garrigues a fait expertiser le mûrier platane de la place du Porche, à Saint-Georges-d’Orques. Un expert en arboriculture ornementale de la société SMDA s’est rendu sur place.

Le verdict tient en quelques lignes. L’arbre, haut de six mètres et taillé chaque année en forme de tonnelle, tient debout sans faiblesse : ni fissure, ni cavité instable, ni défaut d’ancrage. Sa santé, elle, est perdue : trous de sortie à l’insertion des charpentières, écoulement sombre sur la face nord, bruits de mastication sous l’écorce et deux tiers du houppier déjà morts.

« son état phytosanitaire est gravement compromis par une infestation avancée de longicorne tigre »

Rapport de diagnostic sanitaire de la société SMDA, commandé par la Métropole de Montpellier

L’expertise conclut à un abattage sanitaire intégral, prioritaire, à conduire hors période de vol de l’insecte. Le bois doit être détruit sur place et le matériel désinfecté. Une replantation reste possible ensuite, à condition de choisir une essence qui n’héberge pas le ravageur. Le rapport qualifie le longicorne tigre d’organisme de quarantaine prioritaire au titre du règlement européen 2019/2072. La Draaf écrit de son côté que l’insecte n’a pas été inscrit en annexe de ce règlement : l’obligation de lutte découle en France de l’arrêté ministériel du 11 mars 2022 et, localement, de l’arrêté préfectoral.

Le sort de cet arbre rappelle que la Métropole gère un patrimoine arboré considérable le long de ses voies. Un motard blessé rue Vendémiaire avait d’ailleurs attaqué la collectivité devant le tribunal administratif, estimant qu’une chaussée soulevée par des racines d’arbres avait causé sa chute, avant d’être débouté fin juillet.

Localisation : place du Porche, Saint-Georges-d’Orques

Un insecticide autorisé pour cent vingt jours

Pour la première fois, un produit peut être employé contre le ravageur, relève Midi Libre. La décision d’autorisation signée le 8 septembre par la direction générale de l’alimentation change la donne, à titre provisoire. Le produit REVIVE II, également commercialisé sous le nom ARETOR, est autorisé du 10 septembre au 8 janvier, soit la durée maximale de cent vingt jours prévue par l’article 53 du règlement européen sur les produits phytopharmaceutiques. La demande émane de Fredon Occitanie, le réseau régional de surveillance des végétaux. Syngenta France en est le titulaire.

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Sa substance active est l’émamectine benzoate, dosée à 95 grammes par litre. Le produit porte cinq mentions de danger, dont une toxicité avérée pour les organes en cas d’exposition répétée et une très forte toxicité pour les organismes aquatiques. Il ne se pulvérise pas : il s’injecte dans le tronc par endothérapie, à raison de 1,6 millilitre par centimètre de diamètre, sur des arbres d’au moins vingt centimètres de diamètre mesurés à 1,30 mètre du sol. Une seule application est permise tous les deux ans, au stade larvaire actif, en automne.

Les conditions sont strictes. Seuls des applicateurs professionnels agréés, formés à l’endothérapie et équipés d’un matériel sous pression contrôlée, peuvent intervenir. Leur champ d’action se limite aux communes listées en zone infestée. La décision impose enfin de retirer toutes les fleurs de l’arbre pendant au moins un an après l’arrêt du traitement, afin d’épargner les abeilles et les autres pollinisateurs.

« Pour tuer un insecte, il faut un toxique »

Gilles Garampon, responsable du marché des biocides pour le sud-est chez Syngenta

Le contraste est net avec l’autre insecte venu d’ailleurs que combat la capitale héraultaise. Contre le moustique-tigre, la Ville a choisi la technique de l’insecte stérile, sans insecticide, expérimentée dans le quartier Malbosc.

Ce que doivent faire les propriétaires de mûriers

La facture de la surveillance puis de la lutte revient aux propriétaires ou détenteurs des arbres, en vertu de l’article L.201-8 du code rural. Dans les communes de la zone infestée, particuliers, collectivités et entreprises peuvent inscrire leurs arbres auprès de la Draaf, sous le régime dit de protection spécifique. Cette déclaration en ligne ouvre l’accès au traitement par injection. Elle engage aussi son auteur.

  • Deux examens visuels minimum de l’arbre pendant la période de vol de l’insecte
  • Abattage, curetage ou élagage selon le niveau d’infestation constaté
  • Destruction du bois par incinération ou broyage en copeaux de cinq centimètres maximum
  • Transport interdit du 1er mai au 31 octobre, sauf dérogation accordée par la Draaf pour un transport bâché
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Dans les communes déjà classées en zone infestée, le signalement d’un mûrier platane atteint n’est plus exigé. Il reste obligatoire partout ailleurs en Occitanie, ainsi que pour toute autre essence touchée. Fredon Occitanie décrit également une méthode mécanique à la portée des jardiniers : glisser un fil de fer souple dans les galeries récentes pour détruire les larves. Un mastic arboricole vient ensuite obturer l’orifice.

Reconnaître l’insecte reste le premier réflexe. L’adulte mesure de 15 à 25 millimètres et porte des zébrures rousses, noires et jaunes qui lui donnent des allures de frelon. En sortant du tronc, il laisse un orifice rond d’environ cinq à six millimètres. Une femelle peut pondre quelque 80 œufs au cours de sa vie. Inscrit depuis 2018 sur la liste d’alerte de l’OEPP, l’organisation européenne et méditerranéenne pour la protection des plantes, le ravageur s’attaque en priorité au mûrier platane et au mûrier blanc. Fredon cite le pommier, le poirier et la vigne comme hôtes secondaires. Martin Strugarek indique pour sa part que les observations écartent la vigne. Il dit avoir des doutes sur le pommier et le poirier, où aucune infestation n’a été constatée.

Découverte d’une larve de longicorne tigre sur un mûrier platane de l’Hérault (Fredon Occitanie)

Le longicorne tigre n’est pas la seule espèce asiatique à s’être installée dans la métropole ces dernières années. Une tortue trionyx venue de Chine a été récupérée dans le Lez au mois de juin. Pour les mûriers platanes, la fenêtre d’action est désormais comptée. Il reste cent deux jours avant l’expiration de l’autorisation du produit, le 8 janvier.