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Facultés bloquées à Montpellier : droit et sciences fermées jusqu’à vendredi

Les deux facultés de l’Université de Montpellier bloquées depuis le mardi 6 octobre resteront fermées au moins jusqu’à vendredi inclus, selon Midi Libre. Le campus Triolet et la faculté de droit ont rejoint un mouvement parti des lycées. L’université Paul-Valéry, bloquée depuis le 1er octobre, indiquait mercredi que la situation se prolongeait. Le syndicat étudiant à l’origine des blocages appelle à un nouveau rassemblement ce jeudi à 13 heures au Peyrou.

Une première à la faculté de droit depuis 2018

L’information est tombée mardi matin. La faculté de droit et de science politique de Montpellier s’est retrouvée bloquée, une première depuis huit ans selon le syndicat étudiant qui a porté le mouvement. Le campus Triolet, qui abrite la faculté des sciences, a basculé le même jour.

Le Syndicat de combat universitaire de Montpellier (SCUM) avait appelé à une journée de blocages ce mardi 6 octobre et annoncé la veille que la faculté des sciences serait bloquée. Dans un communiqué publié mardi sur la faculté de droit, il rappelle qu’avant cela, la faculté de droit n’avait plus connu de mobilisation étudiante depuis 2018 et l’occupation de ses amphithéâtres, dirigée alors contre l’arrivée de Parcoursup. Le syndicat dit répondre à un appel national de l’Union étudiante.

La mécanique n’a pas été la même sur les deux sites. Une assemblée générale s’est tenue lundi soir devant le campus Triolet, où le blocus a été voté. Selon une étudiante citée par Hérault Tribune, les centaines de participants se sont prononcés « à l’unanimité ». Aucune assemblée générale ne s’est tenue à la faculté de droit, souligne un représentant du syndicat ELUM dans les colonnes de Midi Libre.

Deux revendications transmises aux présidences

Les blocages portent deux demandes adressées aux deux universités : l’inscription sans délai des étudiants « sans fac », recalés en licence comme en master, ainsi que le remboursement, pour les étudiants étrangers, des frais d’inscription qu’ils ont acquittés. Le premier sujet avait déjà conduit le même syndicat à occuper le conseil d’administration de Paul-Valéry le 22 septembre.

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Sur les frais, les montants cités varient d’un document à l’autre. Le SCUM écrit 2 902 euros en licence et 3 950 euros en master dans son communiqué du 1er octobre, puis 2 895 et 3 941 euros dans celui du 5 octobre. Son représentant Théo Haffner déclarait de son côté à La Gazette de Montpellier : « On leur réclame 3000 € en licence et 4000 en master ».

Le tableau officiel du ministère de l’Enseignement supérieur pour l’année universitaire 2026-2027 tranche. Il fixe à 2 902 euros le droit annuel de licence pour les usagers en mobilité internationale et à 3 950 euros celui du master, au titre de l’article 8 de l’arrêté du 19 avril 2019. Les mêmes diplômes sont facturés 178 euros et 255 euros au tarif national. Le droit différencié représente ainsi plus de seize fois le tarif national en licence, plus de quinze fois en master.

Près de 70 000 inscrits dans les deux universités

Combien d’étudiants le mouvement concerne-t-il ? Les fichiers du ministère livrent un ordre de grandeur que les communiqués ne donnent pas. À la rentrée 2024, dernier millésime publié, l’Université de Montpellier comptait 47 867 inscrits, l’Université de Montpellier Paul-Valéry 21 188, écoles rattachées non comprises.

Dans le détail des secteurs disciplinaires, 6 803 étudiants étaient inscrits en sciences juridiques et en sciences politiques à l’Université de Montpellier. Ils étaient 15 977 en sciences et sciences de l’ingénieur. Ces périmètres ne recouvrent pas exactement ceux des deux facultés bloquées, que ce fichier ne détaille pas composante par composante.

La revendication sur les frais d’inscription vise une population que le même fichier permet de dénombrer. 8 802 étudiants de nationalité étrangère issus de systèmes éducatifs étrangers étaient inscrits dans les deux universités montpelliéraines à cette même rentrée, 5 570 à l’Université de Montpellier, 3 232 à Paul-Valéry.

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Des cours reportés, un agenda qui ne bouge pas

L’Université de Montpellier a publié mercredi en fin d’après-midi un bref avis. « En raison de perturbations, le campus Triolet est fermé ce mercredi 7 octobre 2026 », écrit l’établissement, qui suspend les activités prévues sur le site. Paul-Valéry indiquait de son côté mercredi que le blocage se poursuivait sur le campus route de Mende ainsi que sur le site Saint-Charles.

Les deux doyens ont invité leurs enseignants à décaler ce qui pouvait l’être ou à basculer en distanciel, rapporte Midi Libre, qui précise que les locaux resteront fermés jusqu’à vendredi inclus, au moins. Paul-Valéry a aussi annulé son forum professionnel Paul-Va PRO, prévu ce jeudi 8 octobre, reporté au 4 février 2027 « en raison du contexte national ».

L’agenda en ligne de la faculté de droit, lui, n’affiche aucune interruption. Il annonce cinq rendez-vous dans les bâtiments 1 et 2 pour jeudi et vendredi : la conférence inaugurale d’un master jeudi à 17 h 30 dans l’amphithéâtre Claude Serres, une sortie de course à pied à 17 h 50, puis vendredi une journée d’étude sur la Convention européenne des droits de l’homme, un colloque sur l’émancipation des femmes au cinéma et les treizièmes assises nationales de la prévention des difficultés des entreprises. La rubrique actualités du site ne mentionne pas la fermeture. Son dernier avis de suspension de cours est daté du 30 septembre.

Un mouvement qui divise les étudiants

« le blocus, décidé seulement par une petite minorité, n’est pas une solution car, pour la majorité silencieuse des étudiants, qui bien souvent n’est pas entendue, la faculté reste un lieu de vie. Le blocage devrait être le fruit d’une réflexion collective et amicale de camarades étudiants, pas la décision personnelle d’un petit nombre. »

Un représentant du syndicat étudiant ELUM, cité par Midi Libre

Aurélien Trannoy, étudiant en droit et membre du SCUM, défend au contraire un mouvement qui dépasse la seule solidarité avec les lycéens. « le sous-investissement de l’État dans l’éducation et l’enseignement supérieur touche aussi les étudiants à la faculté de droit », déclare-t-il à Midi Libre, en citant une rénovation thermique qu’il dit repoussée sur un bâti vieillissant.

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L’Université de Montpellier met en avant d’autres chiffres. Dans un communiqué de juillet, elle annonçait la pose de la première pierre d’un bâtiment de près de 6 300 mètres carrés sur le campus Triolet, financé intégralement par l’État à hauteur de 22 millions d’euros dont la livraison est prévue en 2028. Elle y indiquait que le campus avait bénéficié de plus de 100 millions d’euros d’investissements depuis 2020.

Le syndicat, lui, annonce la suite sur ses réseaux.

Le rendez-vous est fixé ce jeudi 8 octobre à 13 heures au Peyrou, en soutien à la mobilisation lycéenne. Celle-ci avait déjà donné lieu à quarante-quatre gardes à vue au 5 octobre dans le ressort du tribunal judiciaire de Montpellier, selon le décompte du parquet.