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Drones au-dessus de sept lycées de Montpellier : la justice valide l’arrêté de la préfète

Drone de surveillance en vol au-dessus de l'entree d'un lycee a Montpellier

Sept lycées de Montpellier resteront survolés par les drones de la police jusqu’au vendredi 16 octobre. Le tribunal administratif de Montpellier a rejeté ce mercredi le recours porté contre l’arrêté par le Syndicat des avocats de France. Une première autorisation, plus large, avait pourtant été suspendue cinq jours plus tôt.

Deux caméras aéroportées au-dessus de sept établissements

L’arrêté n°2026.10.DS.0691 a été pris le lundi 12 octobre au nom de la préfète Chantal Mauchet et signé par délégation par la secrétaire générale de la préfecture, Véronique Martin Saint Leon. Le document, publié au recueil des actes administratifs, autorise la direction interdépartementale de la police nationale de l’Hérault à capter, enregistrer et transmettre des images par caméras embarquées sur des aéronefs.

L’autorisation court du 13 au 16 octobre 2026, entre 7 h 30 et 18 h 30, aux abords immédiats des lycées Joseph-Joffre, Léonard-de-Vinci, Jean-Monnet, Georges-Clemenceau, Jean-Mermoz, Pierre-Mendès-France et Jules-Guesde. L’article 2 plafonne le dispositif à deux caméras embarquées sur deux aéronefs, soit une caméra par aéronef. La demande émane du directeur interdépartemental de la police nationale, le même 12 octobre.

Le texte s’appuie sur les articles L. 242-1 à L. 242-8 du code de la sécurité intérieure. Un registre doit être transmis au représentant de l’État après chaque manifestation. Dans le même recueil figure un second arrêté, qui réglemente temporairement, pour les manifestations du 13 octobre, l’usage et le transport d’artifices, de jerricans de carburant, d’acide ou d’alcool ménager.

Le périmètre, nerf de la bataille judiciaire

La semaine dernière, un premier arrêté autorisait déjà le survol de lycées montpelliérains dans un rayon de 500 mètres. La préfecture avait annoncé cette autorisation sur ses réseaux sociaux, pour la période du 7 au 16 octobre. Le juge des référés l’a suspendu le 9 octobre, à la demande du Syndicat des avocats de France. D’après Midi Libre, onze établissements de Montpellier et de Lattes étaient alors concernés.

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Le magistrat avait jugé que cette délimitation « ne permet pas d’apprécier précisément et concrètement l’étendue du périmètre concerné par l’autorisation et, par suite, la proportionnalité de la mesure au regard des finalités poursuivies de sécurité et de maintien de l’ordre ». La préfecture a changé de méthode. Le nouvel arrêté abandonne le rayon uniforme au profit d’une annexe cartographique : sept plans satellites, un par lycée, avec une zone rouge et la liste nominative des voies qui la bordent.

Plan du perimetre de survol par drone autour du lycee Joffre
Le plan annexé à l’arrêté délimite la zone de survol autour du lycée Joffre. Source : préfecture de l’Hérault, recueil des actes administratifs n°281.

Ces listes vont de cinq rues pour Léonard-de-Vinci à dix-neuf pour Joffre, où le périmètre englobe le boulevard Sarrail, l’esplanade Charles-de-Gaulle et le boulevard d’Antigone. À l’audience de mercredi, l’argument n’a pas convaincu la défense. Me Julien Charre y a vu « une atteinte manifeste à la liberté fondamentale d’aller et venir », rapporte Midi Libre. À la barre, il a contesté « le périmètre qui est utilisé par la préfecture », rapporte Hérault Tribune. Réponse de l’agent de la préfecture, cité par le même journal : « le périmètre est très clair. Des plans ont été publiés. »

Ce que la préfecture a versé au dossier

Les considérants de l’arrêté dressent un inventaire précis des incidents. Depuis le 29 septembre, les rassemblements devant les établissements scolaires ont donné lieu à 127 interpellations et six fonctionnaires de la police nationale de l’Hérault ont été blessés. Le 5 octobre, le lycée Léonard-de-Vinci a subi des dégradations majeures sous des tirs de mortiers d’artifice alors que des personnels de l’Éducation nationale se trouvaient à l’intérieur.

Le 8 octobre, des conteneurs à ordures ont été incendiés devant plusieurs lycées et le véhicule d’un particulier a brûlé dans une rue attenante à Jules-Guesde. Le 12 octobre, lors du blocage de Georges-Clemenceau, une élève non manifestante a été blessée à la tête par des jets de pierres. Le texte affirme enfin qu’« il n’existe pas de dispositif moins intrusif permettant de parvenir aux mêmes fins ».

Devant le tribunal, le Syndicat des avocats de France soutenait l’inverse. Son représentant a rappelé que le cadre juridique impose un recours subsidiaire aux drones, après les patrouilles de terrain et le réseau municipal de vidéosurveillance. Pour le syndicat, « la préfecture ne justifie pas du besoin absolu d’avoir recours à ces drones », selon les propos rapportés par Hérault Tribune. L’agent de la préfecture a répondu que ni le son ni la reconnaissance faciale n’étaient en jeu.

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Un appel annoncé devant le Conseil d’État

Le juge des référés a finalement estimé que l’usage des drones, limité à quatre journées et à onze heures quotidiennes, « est circonscrite dans le temps et n’apparaît pas, à cet égard, manifestement disproportionnée aux troubles à l’ordre public qu’elle entend prévenir ». La demande d’annulation déposée par le militant syndical Alban Desoutter, parent d’élèves à Jules-Guesde, a elle aussi été rejetée.

« Ainsi, les lycéens peuvent être surveillés par drone ! Inacceptable. Je fais appel de cette ordonnance devant le Conseil d’État »

Alban Desoutter, militant syndical et parent d’élèves, cité par Midi Libre

L’autorisation s’éteindra d’elle-même vendredi à 18 h 30, au seuil des vacances de la Toussaint. Le mouvement lycéen montpelliérain dure depuis fin septembre et a déjà produit son lot de contentieux, de la mise en cause de la police municipale devant les élus à la plainte d’un journaliste percuté par un motard de la police. Le recueil des actes administratifs qui publie l’arrêté reste consultable en ligne, cartes comprises.