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Grève du 31 mars : 148 postes supprimés dans l’académie de Montpellier, les écoles perturbées

Cinq syndicats appellent l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale à cesser le travail ce mardi 31 mars. Dans l’académie de Montpellier, 148 postes d’enseignants sont supprimés à la rentrée 2026. Les parents d’élèves héraultais doivent s’attendre à des perturbations dans les écoles, collèges et lycées.

Une mobilisation intersyndicale inédite depuis deux ans

FSU, UNSA Éducation, CFDT Éducation, CGT Éduc’Action et SUD Éducation : les cinq principales organisations syndicales de l’Éducation nationale ont signé un communiqué commun le 20 mars pour appeler à la grève. Cette unité syndicale, rare dans le secteur, traduit l’ampleur du mécontentement face au budget 2026 qualifié d’« austéritaire » par les organisations.

La journée du 31 mars s’inscrit dans une semaine de mobilisation plus large, du 30 mars au 3 avril. Des actions sont prévues avec les parents d’élèves, les associations et les collectivités locales tout au long de cette période. À Nîmes, un rassemblement est prévu devant la Maison Carrée à 12h30. Un autre se tiendra devant la sous-préfecture d’Alès à la même heure.

148 postes supprimés dans l’académie de Montpellier

Les chiffres sont tombés fin janvier lors de la présentation des dotations académiques par le ministère. L’académie de Montpellier perd 75 postes dans le premier degré (écoles maternelles et élémentaires) et 73 postes dans le second degré (collèges et lycées). Au total, 148 équivalents temps plein disparaissent à la rentrée prochaine.

Le ministère justifie ces suppressions par la baisse démographique : 4 661 élèves en moins sont attendus dans le premier degré au niveau académique et 1 692 dans le second degré. Les syndicats contestent cette logique purement comptable. Selon eux, la baisse des effectifs devrait permettre de réduire le nombre d’élèves par classe plutôt que de fermer des postes.

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Dans le second degré, les collèges sont les plus touchés avec 90 postes supprimés pour l’ensemble de l’académie. Certaines classes dépassent déjà les 30 élèves, une situation que les enseignants jugent intenable.

L’Hérault particulièrement touché par la carte scolaire

Dans le département de l’Hérault, la rentrée 2026 se prépare avec 1 818 élèves en moins par rapport à 2025 (de 94 508 à 92 690 dans le premier degré). Cette baisse se traduit par le retrait de 20 équivalents temps plein. Les ajustements prévoient l’ouverture de 14 classes et la fermeture de 16 autres, soit 30 mouvements au total.

À Montpellier, quelques décisions ont été revues après mobilisation. La fermeture programmée d’une classe à l’école Charles-Dickens a été annulée, tout comme celle prévue à l’école André-Malraux. Deux ouvertures ont été actées aux écoles Jeanne-Moreau et Germaine-Richier. Le Conseil Social d’Administration Spécialisé Départemental (CSASD) se réunira le 3 avril pour finaliser les arbitrages.

Les revendications des enseignants

Au-delà de la carte scolaire, les syndicats portent des revendications salariales. La CFDT Éducation réclame une revalorisation immédiate de 1 300 euros bruts mensuels sur la part fixe de la rémunération, ainsi qu’un plan pluriannuel de rattrapage pour aligner les salaires des enseignants sur ceux des autres fonctionnaires de catégorie A.

La situation des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) concentre une part importante de la colère. Si le Premier ministre a annoncé 2 000 postes d’AESH en janvier, seuls 500 sont réellement des créations nettes selon les syndicats, les 1 500 restants correspondant à des recrutements déjà budgétés. Les personnels administratifs ne sont pas oubliés : 80 postes créés au niveau national ne suffiront pas à compenser le sous-effectif chronique dans les secrétariats et les intendances.

« Le budget 2026 ne permettra pas d’améliorer les conditions de travail des personnels ni les conditions d’apprentissage des élèves. Nous appelons à une mobilisation massive le 31 mars. »

SGEN-CFDT, académie de Montpellier

Ce qui attend les familles montpelliéraines mardi

Les parents d’élèves doivent anticiper des perturbations dans les établissements scolaires de la métropole. Le taux de grévistes, difficile à prévoir, pourrait dépasser les 40 % dans le premier degré si l’on se réfère aux précédentes mobilisations unitaires. Les cantines et les accueils périscolaires pourraient également être affectés si les agents municipaux rejoignent le mouvement.

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Les directeurs d’école sont tenus d’informer les familles au plus tard 48 heures avant la grève. La Ville de Montpellier, récemment reconduite sous la direction de Michaël Delafosse, devra organiser un service minimum d’accueil (SMA) dans les écoles où plus de 25 % des enseignants sont déclarés grévistes. Ce dispositif garantit un accueil des enfants, sans toutefois assurer de cours.

La mobilisation dépasse le cadre scolaire. Plusieurs collectifs de parents d’élèves de l’Hérault ont déjà exprimé leur soutien au mouvement, dénonçant la dégradation progressive des conditions d’enseignement. L’université de Montpellier, qui figure parmi les 200 meilleures au monde, pourrait elle aussi connaître des perturbations si les enseignants-chercheurs se joignent à la grève.