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Moustiques-tigres à Malbosc : Montpellier relance la stérilisation des mâles

La Ville de Montpellier relance sa bataille contre le moustique-tigre dans le quartier Malbosc. Une réunion publique se tient ce mercredi 15 avril à 18h30 à la Maison pour tous Rosa Lee Parks pour présenter les résultats de la technique de l’insecte stérile testée depuis l’été dernier.

Après une première phase jugée encourageante à l’automne 2025, la municipalité poursuit son expérimentation sans insecticide jusqu’à la fin de l’année 2026.

Une technique écologique testée grandeur nature à Malbosc

Depuis le 1er avril, la nouvelle campagne de lâchers a repris dans le quartier Malbosc, au nord-ouest de Montpellier. Le principe de la technique de l’insecte stérile consiste à relâcher dans l’environnement des moustiques-tigres mâles rendus stériles par irradiation. Quand ces mâles s’accouplent avec des femelles sauvages, les œufs ne donnent rien. Mécaniquement, la population chute.

Le choix de Malbosc n’a rien d’anodin. Le quartier combine de vastes espaces verts propices à la stagnation de l’eau, une configuration urbaine isolée et de multiples signalements d’habitants excédés par la prolifération du Aedes albopictus. Installé durablement à Montpellier depuis plus d’une décennie, l’insecte venu d’Asie s’est imposé dans la plupart des quartiers de la capitale héraultaise.

La technique de l’insecte stérile ne recourt à aucun produit chimique. Elle s’appuie uniquement sur la biologie de l’espèce ciblée. Une approche qui fait écho au récent colloque scientifique sur les pesticides et les cancers tenu dans la métropole.

Jusqu’à 40 % de stérilité observée lors de la première phase

Entre août et novembre 2025, les équipes en charge du dispositif ont procédé à plusieurs lâchers successifs dans le quartier. Au total, 2,4 millions de moustiques stériles ont été relâchés sur la période. Les pièges installés dans les rues ont permis de suivre l’évolution des populations et de mesurer l’efficacité de l’opération.

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Les résultats sont jugés prometteurs par les scientifiques mobilisés : le taux de stérilité mesuré chez les moustiques capturés a atteint 40 % en pic de campagne. Autrement dit, quatre œufs pondus sur dix ne donnent plus de larves. Un chiffre qui ouvre la voie à une réduction durable de la pression moustique dans la zone, à condition de maintenir l’effort sur plusieurs saisons consécutives.

Un consortium scientifique derrière le projet

L’expérimentation montpelliéraine n’est pas isolée. Elle s’appuie sur un partenariat entre la Ville, l’IRD, l’EID Méditerranée, Altopictus et l’INRAe. La jeune pousse héraultaise Terratis, qui produit les moustiques stériles dans son unité d’élevage, joue un rôle central dans la chaîne industrielle. Le comité de quartier Malbosc Bouge accompagne la démarche côté habitants.

Cette mobilisation scientifique vise à produire des données solides sur l’efficacité réelle de la méthode en conditions réelles. La technique est déjà utilisée depuis longtemps sur d’autres espèces d’insectes ravageurs. Son application au moustique-tigre reste expérimentale en Europe.

Les habitants, maillon indispensable du dispositif

La réussite du programme ne repose pas uniquement sur les lâchers. La Ville compte aussi sur l’implication des riverains pour éliminer les gîtes larvaires présents sur les terrains privés. Une campagne de porte-à-porte est programmée tout au long du mois d’avril dans Malbosc pour identifier les zones de reproduction potentielles et rappeler les gestes de base :

  • vider les soucoupes de pots de fleurs, seaux et jouets laissés dehors
  • couvrir les réserves d’eau, bidons et récupérateurs de pluie
  • entretenir les gouttières et les regards pluviaux
  • changer régulièrement l’eau des abreuvoirs d’animaux

« La TIS sera d’autant plus efficace que la production de moustiques dans le quartier sera limitée. »

Ville de Montpellier, dans sa communication officielle

Ce message résume l’équation posée aux habitants : chaque femelle qui parvient à pondre dans un gîte privé annule une partie du travail fait par les scientifiques. Un moustique-tigre femelle peut pondre jusqu’à 300 œufs au cours de sa vie, souvent dans moins d’un centimètre d’eau stagnante.

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Une réunion publique pour faire le point ce mercredi soir

La rencontre prévue ce mercredi 15 avril à 18h30 à la Maison pour tous Rosa Lee Parks doit permettre aux Montpelliérains du quartier de poser leurs questions directement aux équipes qui pilotent le projet. Au programme : présentation des résultats de la phase 2025, calendrier des lâchers 2026, points de vigilance sur l’habitat et échanges avec la salle.

L’adresse exacte de la réunion est le 10 rue François-Henry d’Harcourt, à deux pas de l’arrêt de tramway Malbosc sur la ligne 1. L’entrée est libre et ouverte à tous les riverains intéressés par la démarche.

Localisation : Maison pour tous Rosa Lee Parks, 10 rue François-Henry d’Harcourt, quartier Malbosc, Montpellier

Les pièges utilisés pour le suivi scientifique sont installés sur l’espace public. Ils ne doivent pas être déplacés ni manipulés par les riverains.

Si la méthode fait ses preuves sur la durée, elle pourrait être étendue à d’autres quartiers de Montpellier particulièrement concernés par la prolifération estivale du moustique-tigre. Une perspective qui dépend des résultats obtenus à Malbosc d’ici l’automne.