Trois lycées de la métropole de Montpellier ont été ciblés mardi 14 avril par des tags et autocollants à caractère raciste et antisémite. La présidente de la Région Occitanie Carole Delga et la mairie de Castelnau-le-Lez ont déposé plainte auprès du parquet de Montpellier.
Les établissements visés sont le lycée Champollion à Lattes, le lycée Pompidou à Castelnau-le-Lez et le lycée Clemenceau à Montpellier. Les inscriptions et stickers ont été découverts aux abords immédiats des entrées, au petit matin, avant l’arrivée des élèves.
Trois lycées ciblés en une nuit dans la métropole
Les faits se sont produits dans la nuit du lundi 13 au mardi 14 avril. Agents d’entretien et personnels de direction ont constaté la présence de symboles haineux collés sur les grilles, les portails et les tourniquets d’accès. Les équipes ont procédé au retrait dans la matinée, avant l’ouverture des cours.
La gestion matérielle des lycées relève de la Région Occitanie, propriétaire des bâtiments. C’est à ce titre que la collectivité a été immédiatement alertée par les trois établissements. L’académie de Montpellier a elle aussi été saisie et a adressé un message de soutien aux équipes pédagogiques dans la foulée.
À Castelnau-le-Lez, la mairie n’a pas tardé à réagir publiquement. L’édile a confirmé avoir saisi le parquet en parallèle de la plainte régionale, estimant que la nature des inscriptions relevait clairement du droit pénal et non du simple incivisme.
Carole Delga dépose plainte et dénonce « l’ultradroite »
La présidente de la Région Occitanie a pris la parole dès mardi après-midi pour annoncer le dépôt de plainte au nom de la collectivité. Elle a pointé directement la responsabilité des mouvances d’extrême droite radicale dans la multiplication de ces actes aux abords des établissements scolaires.
« Je condamne avec fermeté cette propagande haineuse de l’ultradroite. Face au racisme, à l’antisémitisme et à tous les extrémismes, nous ne céderons rien. Jamais. Nos lycées resteront des espaces de République, de respect et de fraternité. »
Carole Delga, présidente de la Région Occitanie
La responsable socialiste rappelle qu’elle s’était déjà engagée en décembre dernier, lors d’une réunion consacrée à la montée des symboles d’extrême droite à l’école, à agir fermement dès le début de l’année 2026. Cette nouvelle série d’actes intervient dans ce contexte de vigilance renforcée.
La propagande à caractère raciste ou antisémite diffusée sur la voie publique est un délit, puni par la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Les peines peuvent atteindre un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.
Académie et élus locaux montent au créneau
L’académie de Montpellier a dénoncé dans un communiqué des « actes inadmissibles » et rappelé son attachement à la protection du cadre scolaire. Le rectorat assure suivre chaque signalement et accompagne les chefs d’établissement dans les démarches disciplinaires et judiciaires.
Côté collectivités, l’unité est de mise. Les maires de Lattes et de Montpellier ont apporté leur soutien aux équipes éducatives, tout comme la présidence du Département de l’Hérault. Une enquête a été ouverte par le parquet de Montpellier pour identifier les auteurs.
Les Montpelliérains assistent depuis plusieurs mois à une recrudescence de ce type de tags dans l’espace public, notamment sur le mobilier urbain et aux abords des lieux de culte. Associations antiracistes et syndicats enseignants réclament désormais un plan de prévention renforcé dans les établissements de l’académie.
Une enquête judiciaire ouverte à Montpellier
Le parquet de Montpellier a confirmé l’ouverture d’une enquête confiée aux services de police. Les investigations s’appuieront notamment sur l’exploitation des caméras de vidéoprotection des trois communes concernées et sur l’analyse des autocollants, qui peuvent permettre de remonter à un réseau précis de diffusion.
La capitale héraultaise n’en est pas à sa première affaire de ce type. En début d’année, des symboles similaires avaient déjà été retrouvés sur des vitrines de commerces du centre-ville, sans que les auteurs aient pu être interpellés à ce jour.









