Deux semaines après sa condamnation à six ans de prison ferme pour l’agression qui a rendu Lorenzo Roques tétraplégique, Lucas Barreto a demandé ce mardi 28 avril sa remise en liberté à la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Montpellier. La décision sera rendue ce jeudi 30 avril, en attendant un procès en appel dont la date n’est pas encore fixée.
Le jeune homme de 28 ans, qui a toujours nié avoir frappé Lorenzo Roques au sol pendant la rixe du 22 août 2020 à Lattes, conteste son maintien en détention au centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone. Sa défense plaide une libération sous contrôle judiciaire ou un placement sous bracelet électronique, en pointant les contraintes professionnelles du condamné.
Une demande formulée dans le box de la cour d’appel
Lors de l’audience de ce mardi à Montpellier, Lucas Barreto a pris la parole pour exposer sa demande. Il maintient sa ligne de défense depuis l’origine du dossier : il n’aurait pas sauté sur le dos de Lorenzo Roques, tombé dans un fossé après avoir été plaqué au sol par Sébastien Plo, pour le frapper au dos et à la nuque.
« Effectivement, la détention, c’est dur. Je souhaite faire appel pour me sortir de cette affaire où je clame mon innocence. »
Lucas Barreto, à l’audience du 28 avril 2026
Le condamné partage actuellement sa cellule à Villeneuve-lès-Maguelone avec Sébastien Plo, lui aussi condamné le 13 avril dernier pour les mêmes faits. Ce dernier, qui n’a pas contesté ses gestes pendant la rixe, a écopé de cinq ans de prison dont 18 mois avec sursis. Sa condamnation est désormais définitive : il n’a pas souhaité faire appel.
L’argument du bracelet électronique incompatible avec le métier
Me Maryse Pèchevis, avocate de Lucas Barreto, a plaidé une libération assortie de mesures de contrôle. Elle a rappelé que son client n’avait été incarcéré que quatre jours au démarrage de l’enquête en 2020 et qu’il avait respecté son contrôle judiciaire pendant près de six ans, malgré la médiatisation du dossier.
L’audience a aussi été l’occasion d’évoquer une difficulté technique inattendue. Lucas Barreto travaille comme radiologue industriel et contrôle des soudures sur des sites nucléaires sensibles. Un bracelet électronique le priverait de l’accès à ses lieux d’intervention, donc de son emploi.
« Je suis actuellement radiologue industriel, je contrôle les soudures. Vu que je travaille sur des sites nucléaires sensibles avec un bracelet je serai refusé d’accès. »
Lucas Barreto, devant la chambre de l’instruction
L’avocate a également mis en cause la médiatisation de l’affaire par la mère de Lorenzo Roques sur les réseaux sociaux, qu’elle a comparée à des « appels au meurtre ». Une charge qui s’inscrit dans la stratégie d’appel du condamné, lequel cherche à fragiliser le récit de l’accusation.
L’avocat général s’oppose fermement à toute libération
Face à ces arguments, l’avocat général Nemanja Despotovic a maintenu une position ferme. Pour lui, la gravité des faits et la sanction prononcée en première instance commandent le maintien en détention de Lucas Barreto jusqu’à son procès en appel.
« Compte tenu de la gravité des faits et de la sanction prononcée en première instance, le seul critère qui vaut est celui de garantir sa représentation en justice. »
Nemanja Despotovic, avocat général
Lors du procès qui s’est tenu du 6 au 13 avril devant la cour criminelle de l’Hérault, Lorenzo Roques avait clairement désigné Lucas Barreto à la barre, comme il l’avait fait tout au long de l’instruction. Le jeune homme, devenu tétraplégique à 19 ans, expliquait avoir été précis et constant dans son récit dès qu’il avait pu s’exprimer après le drame.
Une décision attendue ce jeudi 30 avril
La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Montpellier rendra sa décision ce jeudi. Trois options se présentent : maintien en détention provisoire jusqu’au procès en appel, libération sous contrôle judiciaire ou assignation à domicile sous bracelet électronique.
Quelle que soit l’issue, le procès en appel se tiendra dans les mois qui viennent et rejugera l’intégralité des faits. Lucas Barreto y sera de nouveau confronté à la version de Lorenzo Roques et aux conclusions des médecins légistes, qui avaient retenu lors du premier procès que les coups portés au sol auraient pu aggraver les lésions de la victime.
L’affaire Lorenzo, qui a profondément marqué l’opinion publique dans la métropole montpelliéraine, n’en est donc pas encore à son point final. La décision du 30 avril viendra simplement préciser dans quelles conditions Lucas Barreto attendra son nouveau passage devant les juges.
