La préfète de l’Hérault Chantal Mauchet a ordonné la fermeture administrative de quinze jours de l’épicerie SH, située au 31 rue du Faubourg du Courreau à Montpellier. Le commerce a baissé son rideau dès le 29 avril 2026 et restera fermé jusqu’au 13 mai inclus. Motif retenu : non-respect répété de l’arrêté municipal encadrant les horaires d’ouverture.
Cette nouvelle sanction préfectorale s’inscrit dans une série de fermetures visant les épiceries de la métropole montpelliéraine, plusieurs établissements ayant été frappés par des arrêtés similaires ces dernières semaines.
Une fermeture pour ouverture tardive en récidive
L’arrêté préfectoral notifié à l’exploitant impose la fermeture totale du local commercial pendant quinze jours consécutifs. La porte du magasin reste close. Le rideau métallique baissé porte la sanction affichée à l’entrée. À l’origine de la décision : le non-respect répété de l’arrêté municipal qui fixe les horaires d’ouverture autorisés pour les commerces de détail à Montpellier.
Ce type d’arrêté municipal vise à limiter les nuisances liées aux ouvertures nocturnes dans le centre-ville, notamment les ventes d’alcool en horaires interdits, les regroupements bruyants en pleine nuit ou les troubles à la tranquillité publique. Lorsqu’un commerce continue d’ouvrir au-delà des plages autorisées malgré un premier rappel à l’ordre, la préfecture peut prononcer une fermeture administrative, mesure temporaire mais immédiatement applicable.
La récidive est l’élément central qui transforme un simple manquement en sanction lourde. Les services de l’État estiment que l’avertissement initial n’a pas été suivi d’effet.
Le Faubourg du Courreau, une artère stratégique de l’Écusson
La rue du Faubourg du Courreau borde l’ouest du centre historique, à deux pas de la place de la Comédie et de la place du Marché aux Fleurs. C’est une artère commerciale ancienne, animée de jour comme en début de soirée, qui concentre boutiques, restaurants et commerces de proximité fréquentés par les habitants de l’Écusson et les passants se rendant vers les facultés.
La présence de plusieurs commerces ouverts tard le soir y a généré ces dernières années des plaintes récurrentes de riverains, qui dénoncent les attroupements nocturnes ainsi que le bruit aux abords de certains établissements. La municipalité a renforcé son cadre réglementaire afin de pouvoir mieux contrôler ces ouvertures, en lien avec la préfecture qui dispose du pouvoir de sanction administrative.
Une vague de fermetures préfectorales dans la métropole
L’épicerie SH n’est pas un cas isolé. Quelques jours plus tôt, le 24 avril, la préfète avait déjà signé un arrêté contre l’Épicerie du 34, située rue des Îles Tonga à Montpellier. Le commerce a été fermé pour quinze jours pour détention illégale de tabacs destinés à la revente, en récidive également. L’établissement était déjà visé par une mesure du même type quelques mois auparavant.
Au début du mois d’avril, le quartier de la Mosson avait été le théâtre d’une vaste opération de contrôle conjointe police-préfecture, ayant abouti à plusieurs saisies de tabac de contrebande, de protoxyde d’azote ainsi que d’alcool vendu illégalement. Ces opérations dessinent une stratégie répressive coordonnée, qui combine contrôles de terrain et fermetures administratives prononcées dans la foulée par la préfecture. Plus récemment, le 28 avril, 200 policiers ont été déployés au quartier de Marels contre le narcotrafic et la cabanisation illégale.
Pour les commerces visés, la fermeture administrative se cumule souvent à des poursuites pénales. Une seconde infraction peut entraîner une fermeture de plus longue durée, voire un retrait définitif d’autorisation.
Un outil préfectoral utilisé de plus en plus largement
La fermeture administrative pour non-respect des horaires d’ouverture est un dispositif qui ne nécessite pas de procès. La préfète peut la prononcer sur la base des constatations effectuées par les forces de l’ordre, après un contrôle resté sans effet. Sa rapidité d’exécution en fait un levier efficace pour répondre aux nuisances de voisinage signalées dans le centre-ville.
Les commerçants concernés peuvent contester l’arrêté devant le tribunal administratif. Mais la mesure étant immédiatement exécutoire, le recours ne suspend pas la fermeture, qui doit être appliquée pendant toute la durée fixée par la préfète. À Montpellier, Chantal Mauchet, en poste depuis fin décembre 2025 comme première femme préfète du département, fait un usage régulier de cet outil pour répondre aux demandes des riverains face aux dérives de certains commerces de nuit.
L’épicerie SH devra rouvrir le 14 mai 2026 à condition de se conformer aux horaires fixés par l’arrêté municipal. À défaut, une nouvelle sanction de durée plus longue pourrait être prononcée par la préfecture, qui surveille désormais ces récidives avec attention.
