La police nationale a passé six mois à coordonner police municipale, TAM, commerçants et lycées autour d’un même objectif : rendre Odysseum plus sûr pour ses treize millions de visiteurs annuels. Le commandant Jérôme Crouzet, à la tête du commissariat centre-ville depuis septembre 2025, dresse un premier bilan positif de cette démarche partenariale inédite dans ce secteur.
Odysseum, treize millions de visiteurs et un contexte tendu
Implanté à l’est de Montpellier, Odysseum concentre près de 120 boutiques, dont des enseignes majeures comme Ikea, Decathlon et Primark, ouverte récemment. Avec l’arrivée de cette dernière, l’affluence a bondi : entre 30 000 et 40 000 visiteurs supplémentaires par jour, pour atteindre jusqu’à cent mille personnes certains samedis. Un afflux qui a mécaniquement amplifié les tensions sur site.
Dès sa prise de fonctions, le commandant Crouzet a choisi de focaliser son attention sur ce secteur qu’il qualifie de « deuxième centre-ville de Montpellier au niveau commercial ». Sa réponse : un Groupe de Partenariat Opérationnel (GPO), outil phare de la police de sécurité du quotidien, utilisé depuis plusieurs années dans le centre historique avec des résultats concrets sur la délinquance.
Trois réunions mensuelles, de décembre 2025 à mars 2026, ont réuni autour de la table la police nationale, la police municipale, la police des transports, la TAM, la Ville de Montpellier, l’Éducation nationale et plusieurs commerçants du site, notamment des enseignes de restauration rapide fréquentées par les jeunes.
Quatre chantiers prioritaires : trottinettes, lycéens, vols et sentiment d’insécurité
Les échanges ont permis d’identifier quatre thématiques récurrentes. La première concerne la sécurité routière : trottinettes et scooters de livraison circulent en zones piétonnes, en infraction avec l’arrêté municipal. La police des transports a renforcé ses contrôles aux horaires sensibles. Des « zones blanches » ont également été instaurées pour empêcher les plateformes de livraison de prendre des commandes sur site, limitant ainsi les déplacements rapides des deux-roues.
Deuxième enjeu : la présence des lycéens. Deux établissements sont situés à proximité immédiate, les lycées Mendès-France et Georges-Frêche, dont les élèves fréquentent massivement le secteur pendant les pauses méridiennes. Un référent Éducation nationale, rattaché au commissariat, a pris attache avec les proviseurs et travaille en lien direct avec les commerçants pour identifier les comportements à risque et contacter les familles des perturbateurs identifiés.
Les vols constituent le troisième axe : vols à l’arraché dans le tramway, vols à l’étalage, intrusions dans les véhicules des parkings. Des fiches pratiques ont été distribuées aux commerçants pour fluidifier les signalements au 17 et les dépôts de plainte. Des patrouilles en civil ont été déployées dans les secteurs les plus exposés, notamment depuis l’ouverture de Primark. Enfin, le sentiment d’insécurité lié aux regroupements a été traité par une présence renforcée aux heures de pointe.
« On a de très bons résultats, parce que le partenariat permet un énorme gain de temps et une transmission d’informations beaucoup plus efficace. »
Commandant Jérôme Crouzet, commissariat centre-ville de Montpellier
La vidéosurveillance relancée, un outil décisif pour la réactivité
Parmi les avancées concrètes issues du GPO, la relance du dispositif de vidéoprotection est présentée comme particulièrement structurante. Une convention existait déjà entre la Ville, la préfecture et la police nationale pour relier les caméras d’Odysseum à la salle de commandement de l’hôtel de police. Des difficultés techniques en avaient pourtant bloqué la mise en œuvre. Le GPO a permis de remettre le sujet sur la table et de rétablir le flux en temps réel.
Les équipes de la police nationale peuvent désormais visualiser directement des situations potentiellement conflictuelles depuis leur central : regroupements illicites, équipes de voleurs à l’étalage en maraude ou incidents susceptibles de générer des tensions. Une capacité d’anticipation qui réduit les délais d’intervention et améliore le déploiement des effectifs.
Le commandant Crouzet se refuse à donner des chiffres précis, la police de sécurité du quotidien ne fonctionnant pas sur des indicateurs quantitatifs. L’évaluation repose sur une question simple : le problème est-il résolu ou non ? Sur Odysseum, la réponse semble pour l’heure positive. La ville de Montpellier, qui compte parmi les partenaires du dispositif, a également contribué à coordonner les actions en lien avec les nouvelles instances de commandement de la police héraultaise.
La démarche s’inscrit dans une stratégie plus large de police de proximité déployée dans plusieurs quartiers de la capitale héraultaise depuis plusieurs années. Après le centre historique, c’est donc le pôle commercial de l’est qui bénéficie à son tour d’une approche coordonnée réunissant tous les acteurs du territoire autour d’une m�













