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Une tortue invasive venue de Chine s’installe dans le Lez à Montpellier

Tortue à carapace molle au museau en trompette dans l'eau, illustration d'une espèce de trionyx

Une drôle de pensionnaire a refait surface dans le Lez. Le 4 juin, l’association montpelliéraine SOS Reptiles a récupéré une tortue trionyx de Chine dans le fleuve qui traverse la ville. C’est la deuxième en un an. De quoi confirmer la présence d’une espèce invasive que les bénévoles surveillent désormais de près.

Une tortue asiatique repérée dans le fleuve de Montpellier

La scène s’est jouée dans la nuit du 4 juin, vers 22h30. Les bénévoles de SOS Reptiles ont pris en charge une Pelodiscus sinensis, plus connue sous le nom de tortue trionyx de Chine. Installée au zoo du Lunaret, l’association suit depuis un an la présence de ces reptiles à carapace molle dans les eaux du Lez.

L’animal ne ressemble à aucune autre tortue. Sa carapace est souple et son museau s’étire en un long nez en forme de trompette. Originaire d’Asie, l’espèce vit naturellement en Chine, dans les deux Corées, au Japon et jusqu’au Vietnam. Les femelles peuvent atteindre 30 centimètres.

Très vendue comme animal de compagnie dans les années 1990, la trionyx est observée dans l’Hérault depuis une vingtaine d’années. Les signalements se multiplient désormais autour de la capitale héraultaise. Pour les spécialistes, cette nouvelle capture marque un tournant.

Une espèce invasive qui n’est pas sur la liste

C’est la deuxième fois en un an que le refuge découvre cette tortue dans le Lez. De quoi inquiéter Dorian Blayac, le président de SOS Reptiles, qui réclame un statut clair pour mieux agir.

« Cette nouvelle observation confirme la présence d’une population dans le Lez, à Montpellier. Nous ne savons pas comment elles sont arrivées là. C’est une espèce invasive, pourtant, elle n’est pas sur la liste des espèces invasives, ce que nous souhaiterions. »

Dorian Blayac, président de SOS Reptiles

Le classement en espèce exotique envahissante changerait la donne. Il autoriserait des mesures de gestion si la population venait à proliférer. En attendant, l’association documente chaque observation pour mesurer l’ampleur du phénomène.

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La trionyx n’est pas une voisine inoffensive. Quand elle se sent menacée, elle mord et ses mâchoires sont puissantes. Les bénévoles redoutent surtout son effet sur la faune du fleuve. Comme d’autres espèces exotiques, elle pourrait bouleverser l’équilibre du Lez et concurrencer les animaux déjà présents. Le département a connu d’autres alertes du même genre, des lapins qui ravagent les cultures au moustique tigre porteur du chikungunya.

Des bénévoles en kayak pour traquer les pontes

La période est sensible. En ce mois de juin, les femelles gagnent les berges pour y pondre leurs œufs. Une vingtaine de bénévoles mènent donc des opérations de recensement et d’observation, parfois en kayak, le long du Lez et autour de l’hôtel de ville de Montpellier.

L’objectif est de localiser les lieux de ponte pour suivre l’évolution de la population. Ce travail de terrain est mené avec le soutien de la Métropole de Montpellier et du Conservatoire d’espaces naturels d’Occitanie. La reproduction de ces tortues asiatiques en conditions naturelles reste un sujet encore mal documenté en France.

Le Lez, à hauteur de l’hôtel de ville de Montpellier, où les bénévoles recensent les tortues.

Le message de l’association aux Montpelliérains est clair. Si vous croisez une tortue trionyx au bord du Lez ou un reptile abandonné, mieux vaut ne pas tenter de l’attraper. Il suffit de prévenir SOS Reptiles, la Ville de Montpellier ou les pompiers. Chaque signalement aide les chercheurs à mieux suivre l’espèce.

SOS Reptiles, un refuge débordé avant l’été

La surveillance du Lez n’est qu’une facette du travail de l’association. Sa mission première reste le sauvetage. Créé en 2018, le refuge accueille en ce moment près de 200 animaux en quarantaine et intervient dans toute la France pour récupérer des reptiles abandonnés ou maltraités.

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À l’approche de l’été, les abandons explosent. SOS Reptiles reçoit près de 800 appels par semaine rien que pour des demandes de prise en charge de tortues. Avec les fortes chaleurs des derniers jours, les serpents sortent aussi, ce qui multiplie les interventions. Un quotidien chargé pour une poignée de bénévoles qui veillent, eux, sur des animaux dont plus personne ne veut.