Montpellier Info

Toute l'actualité de Montpellier et sa région en direct

Étudiants « sans-fac » : le conseil d’administration de Paul-Valéry occupé à Montpellier

Banderole Etudiants en colere accrochee a la facade de l'universite Paul-Valery a Montpellier

La séance du conseil d’administration de l’université Paul-Valéry n’a pas eu lieu comme prévu ce mardi 22 septembre. Des étudiants privés d’inscription, soutenus par le Syndicat de combat universitaire de Montpellier (SCUM), ont occupé la salle du conseil pour réclamer une place dans la filière correspondant à leur diplôme. La présidence a déplacé la séance dans une autre salle. Le syndicat annonce en avoir tiré un engagement sur le réexamen des dossiers.

Une occupation pour arracher des inscriptions

On les appelle les « sans-fac ». Ce sont des bacheliers refusés en licence ou des diplômés de licence recalés en master, qui se retrouvent sans affectation universitaire depuis la rentrée du 7 septembre. Le SCUM affirme défendre 23 titulaires d’un baccalauréat refusés en licence à Paul-Valéry après être passés par la procédure Parcoursup, ainsi que 68 diplômés de licence écartés des masters par les enseignants qui en assurent la direction.

Leur revendication tient en une phrase : obtenir « une inscription universitaire dans le cursus correspondant à leur diplôme antérieur », selon le communiqué publié par le syndicat. L’action de ce mardi matin visait directement l’instance qui pilote l’établissement.

Le rectorat renvoie la décision aux universités

La mobilisation ne date pas de ce mardi. Le lundi 14 septembre, un premier rassemblement s’est tenu devant le rectorat de l’académie de Montpellier. Deux engagements en sont sortis, d’après le syndicat : le réexamen de tous les dossiers transmis, puis la garantie d’un prolongement de trois mois du titre de séjour pour les étudiants étrangers éligibles à un recours auprès du rectorat.

READ  Total à l'UM : des étudiants interrompent une conférence

La limite de l’exercice est apparue dans la foulée. Le rectorat a rappelé dans le même temps que seules les universités tranchent au bout de la chaîne. Trois jours plus tard, le jeudi 17 septembre, une délégation était reçue par la présidence de Paul-Valéry après un rassemblement sous ses fenêtres. Trois heures de discussions plus tard, le syndicat en est ressorti avec la promesse que certains dossiers seraient transmis à certains directeurs de master pour solliciter leur accord.

L’université écarte tout passe-droit

La version de l’établissement diffère sur le déroulé de la matinée. L’université indique que les étudiants ont tenté d’empêcher la tenue du conseil d’administration sans y parvenir, la séance ayant été déplacée dans une autre salle « dans une ambiance sereine ». Elle précise que sa présidente Anne Fraïsse a reçu la semaine précédente des représentants du SCUM, porteurs d’une trentaine de dossiers.

Quelques propositions ont pu être formulées, indique l’établissement. Dans le détail qu’il avance, dix de ces dossiers relevaient d’étudiants déjà inscrits en licence et désireux de changer d’orientation. Les vingt-six autres portaient sur des masters, avec des candidats dont le diplôme précédent a été décroché, pour la plupart, avec « un niveau très insuffisant dans la spécialité demandée » selon l’établissement.

« selon la politique qui est la nôtre aucun passe-droit n’a été accordé qui aurait conduit à prendre la place d’un étudiant mieux classé »

Université Paul-Valéry Montpellier 3

La séance délocalisée a tout de même eu lieu. Les administrateurs y ont voté une demande adressée au ministre chargé de l’enseignement supérieur, afin que l’établissement soit évalué pour quitter le régime expérimental et décrocher le statut de grand établissement. L’université fait état de 25 voix pour et 8 contre, sur 33 votants dans un conseil qui compte 35 membres, le seuil de la majorité qualifiée étant fixé à 18 voix.

READ  Carte scolaire : deux écoles de Montpellier bloquées par les parents

Bourse, logement, titre de séjour : ce qui se joue

Rester sans inscription universitaire ne se résume pas à manquer des cours. Le statut d’étudiant conditionne l’accès à la bourse du Crous et au logement étudiant. Pour les jeunes venus de l’étranger, le syndicat rappelle qu’une menace d’éloignement du territoire pèse sur ceux qui perdent leur inscription.

Ces étudiants sont « privés de rentrée depuis plus de deux semaines », souligne le SCUM, dans un établissement déjà fragilisé par ses comptes. L’université Paul-Valéry accueille 23 000 étudiants et a abordé cette rentrée avec un déficit annuel proche de huit millions d’euros.

À l’issue de l’occupation, le syndicat annonce avoir obtenu un nouvel engagement de la présidence : une réévaluation rapide des dossiers des étudiants concernés. Le SCUM prévient toutefois qu’il ne s’en contentera pas.

« Nous maintiendrons le rapport de forces jusqu’à ce que des solutions soient trouvées »

Syndicat de combat universitaire de Montpellier, communiqué du 22 septembre

Aucune date n’a été annoncée pour l’examen de ces dossiers. Les étudiants sans affectation, eux, comptent les semaines de cours perdues depuis le 7 septembre.