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Rémi Gaillard saisit le tribunal administratif pour faire annuler les municipales à Montpellier

Le tribunal administratif de Montpellier, où Rémi Gaillard a déposé son recours en nullité le 27 mars 2026

Rémi Gaillard est passé à l’acte. Vendredi 27 mars, le candidat de la liste « Yes We Clown » a déposé un recours en nullité devant le tribunal administratif de Montpellier pour faire annuler le premier tour des élections municipales. Il invoque des irrégularités dans la distribution de sa profession de foi, qui auraient privé une partie des électeurs de son programme avant le scrutin.

Une profession de foi bloquée, puis distribuée trop tard

L’affaire remonte au début du mois de mars. La commission de propagande électorale avait refusé de diffuser la profession de foi de la liste « Yes We Clown », estimant que ses couleurs (bleu, beige et rouge) se rapprochaient trop du drapeau tricolore, en violation du code électoral. Rémi Gaillard avait aussitôt saisi le tribunal administratif, qui lui avait donné raison le 10 mars en ordonnant la distribution du document.

Mais la préfecture de l’Hérault n’avait pas attendu cette décision pour envoyer les 110 000 plis électoraux aux foyers montpelliérains. Les professions de foi des autres candidats étaient déjà dans les boîtes aux lettres quand celle de Gaillard a été autorisée. Un second envoi a bien été effectué. Selon son équipe, il est arrivé dans une enveloppe portant la mention « tour 2 », source de confusion pour de nombreux électeurs.

Le tribunal administratif avait reconnu dès le mois de mars que ce blocage initial était « susceptible d’impacter la sincérité du scrutin ». C’est précisément sur ce terrain que Gaillard fonde son recours en nullité.

466 témoignages pour étayer le dossier

Pour donner du poids à sa démarche, Maître Juliette Péchier, avocate du candidat, a réuni 466 signalements d’habitants de Montpellier. Ces témoins décrivent des situations variées : absence totale de réception, réception tardive la veille du scrutin ou réception incomplète. Selon les descriptions collectées, certains secteurs entiers, des rues et des résidences n’auraient jamais reçu le programme de la liste indépendante.

« J’ai eu des centaines de témoignages d’électeurs. Des secteurs entiers, des rues, des résidences n’ont pas reçu notre programme. Cette décision du tribunal n’a pour autant pas été exécutée. »

Rémi Gaillard, candidat de la liste « Yes We Clown »

Son avocate définit le litige comme « une question d’équité et de respect du droit électoral ». L’argumentaire repose sur une asymétrie de traitement : les professions de foi des autres listes, celles de Michaël Delafosse, de Nathalie Oziol et de Mohed Altrad, ont été distribuées normalement, tandis que celle de « Yes We Clown » a fait l’objet d’un blocage, d’un retard et d’une livraison chaotique. Gaillard indique que les attestations continuent d’être collectées pour compléter le dossier avant l’audience.

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1 500 voix d’écart : une décision attendue fin mai

La question centrale que devront trancher les magistrats est la suivante : les irrégularités ont-elles modifié le résultat du scrutin ? Rémi Gaillard a obtenu 8,21 % des voix au premier tour. Le seuil pour se maintenir au second tour était fixé à 10 %. Il lui manquait environ 1 500 voix sur 175 000 inscrits pour y parvenir.

Sur le plan juridique, la reconnaissance d’une irrégularité ne suffit pas à entraîner l’annulation d’un scrutin. Les juges administratifs appliquent un critère exigeant : ils doivent établir que les conditions du vote ont été « suffisamment altérées » pour influer sur les résultats. L’écart de 1 500 voix complique l’exercice pour le requérant, même si le volume de témoignages collectés reste inhabituel pour ce type de dossier.

Deux scénarios sont envisageables. Le tribunal peut rejeter le recours, en jugeant que l’irrégularité n’a pas pesé de manière déterminante sur le vote. Il peut aussi prononcer l’annulation du premier tour et ordonner de nouvelles élections. Dans cette hypothèse, le mandat de Michaël Delafosse, qui avait remporté le second tour avec 50,13 % des voix avant d’être réélu lors du conseil municipal d’installation le 28 mars, se trouverait fragilisé.

Le tribunal administratif dispose d’environ deux mois à compter du 27 mars pour rendre sa décision. Elle est attendue pour fin mai 2026 au plus tard. D’ici là, la ville poursuit son fonctionnement normal sous la direction de son maire fraîchement réélu.

Si le tribunal annule le premier tour, de nouvelles élections municipales devraient être organisées à Montpellier : une hypothèse rare mais juridiquement possible, qui maintiendrait la capitale héraultaise dans une forme d’incertitude politique.

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