Sur les 1 300 kilomètres de canalisations qui parcourent le sous-sol de la Métropole de Montpellier, deux fuites en moyenne sont réparées chaque jour par la Régie des eaux. Reportage publié ce 27 avril par la Ville de Montpellier dans le quartier de la Mosson, où une équipe de la Cellule performance réseaux est intervenue après une alerte transmise par les capteurs acoustiques du sous-sol. Une fenêtre concrète sur un travail souvent invisible mais déterminant pour la qualité du service public d’eau potable.
Des capteurs acoustiques qui « écoutent » le réseau en permanence
Tout commence un mardi à 16 heures. Les capteurs disséminés dans le sous-sol métropolitain signalent une anomalie au 10 rue Titan, dans le quartier de la Mosson. L’équipe de trois agents reçoit l’information sur une application mobile permettant d’observer la carte du réseau en temps réel. Les débitmètres équipés de « mouchards » qui transmettent leurs données par satellite confirment le diagnostic : une vraie fuite, pas un bruit parasite.
« Nous observons le réseau en permanence et nous menons des analyses comparatives tous les jours », explique Nicolas Le Lay, responsable de la Cellule performance réseaux de la Régie des eaux. Cette surveillance continue permet de localiser les fuites avant même qu’elles ne deviennent visibles en surface, un enjeu majeur pour limiter le gaspillage d’eau potable et préserver la ressource.
« Lorsqu’une fuite est repérée, nous planifions une intervention en urgence. En moyenne, nous effectuons deux réparations de fuite par jour. Toutefois, il y a de nombreuses étapes préalables à la réparation proprement dite. »
Nicolas Le Lay, responsable de la Cellule performance réseaux de la Régie des eaux
Quatre heures entre le premier coup de pelle et la fin de la réparation
Avant toute intervention, le chef d’équipe doit boucler les démarches administratives pour autoriser un terrassement en urgence. Puis prévenir les abonnés concernés, par tract dans la boîte aux lettres, affichage sur le portail, message sur le répondeur du centre d’appel ou information sur le site internet. Une entreprise sous-traitante doit ensuite être mandatée sous 24 heures.
Le mercredi à 7h30, les spécialistes de l’entreprise Faurie sont sur place pour découper le trottoir et atteindre la canalisation défectueuse. La fuite se trouve bien à l’endroit indiqué par les capteurs, au raccordement de deux conduites. L’un des quatre fontainiers de la Régie des eaux doit alors sélectionner la bonne vanne pour couper le débit, en limitant au maximum le nombre d’abonnés impactés. La vanne recherchée se trouve finalement sous une voiture stationnée à l’angle des rues Titan et Prométhée. Il faut déplacer le véhicule pour y accéder.
« On essaye d’être le plus réactif possible », souligne Nicolas Le Lay, « et de fermer l’eau au dernier moment pour impacter le moins possible les abonnés concernés, que ce soit des particuliers, des écoles, des commerces ou des entreprises ». Une fois l’eau coupée, les ouvriers découpent la portion défectueuse à la tronçonneuse thermique, appliquent un manchon de réparation de chaque côté pour garantir l’étanchéité, puis remplacent un joint de raccordement. La réparation pure dure entre 45 minutes et une heure. Compter quatre heures en moyenne entre le premier coup de pelle et la remise en service complète.
Le réseau métropolitain en chiffres
La Régie des eaux gère le service public d’eau potable de 14 communes sur les 31 que compte la Métropole, soit 85 % de la population. Le réseau totalise 1 300 km de canalisations enterrées, surveillées en continu par les capteurs acoustiques et les débitmètres satellites. Le rendement du réseau atteint aujourd’hui 85 %, en progression de 5 points sur les dix dernières années, un indicateur qui mesure la part d’eau effectivement consommée par rapport à celle injectée dans les canalisations.
Côté usage, un habitant consomme en moyenne 154 litres d’eau par jour, soit environ 53 m³ par an. Les quinze premiers mètres cubes restent gratuits pour les abonnés, dans le cadre d’une politique sociale de l’eau portée par la collectivité. Lorsque trois fuites sont constatées la même année dans une même rue, la Régie déclenche une opération de renouvellement complet du réseau, c’est-à-dire le changement des canalisations et des branchements abonnés.
Pour signaler une fuite ou un incident sur le réseau d’eau potable, la Régie des eaux dispose d’un numéro d’astreinte joignable 24 heures sur 24 : 09 69 32 34 23.
88 000 compteurs de télérelève en cours de déploiement
La Régie des eaux poursuit en parallèle le déploiement de nouveaux compteurs de télérelève. 88 000 appareils doivent équiper l’ensemble des abonnés d’ici fin 2027. Plus précis que les compteurs classiques, ils permettent d’affiner la recherche de fuites en distinguant ce qui relève du raccordement abonné de ce qui concerne la conduite publique. Chaque foyer pourra ainsi remarquer plus rapidement une consommation anormale et alerter la Régie.
Cet investissement s’inscrit dans la stratégie globale de la Métropole pour réduire les pertes en eau, dans un contexte de tensions croissantes sur la ressource. Plus une fuite est repérée tôt, moins l’impact est important : sur le terrain comme sur la facture. À la suite de la transformation du quartier Cambacérès et de la modernisation des infrastructures urbaines, la gestion fine du réseau d’eau potable devient un chantier de fond pour les années à venir.
