La cité des Marels, à Montpellier, a vu débarquer ce mardi 28 avril près de deux cents policiers, gendarmes et CRS. Pelleteuse, drones et chiens renifleurs ont accompagné cette opération coordonnée par la préfète de l’Hérault Chantal Mauchet et le maire Michaël Delafosse, dans un quartier devenu l’un des principaux points de deal de la métropole.
Une dizaine de cabanes utilisées par les guetteurs ont été détruites. Des épaves de voitures et de scooters ont été enlevées. La pression policière est annoncée pour durer plusieurs semaines.
Une opération coup-de-poing dès 9 heures du matin
Les premiers convois sont arrivés à 9 heures, un dispositif rare par son ampleur sur le sol montpelliérain. Sur le terrain : 80 CRS, 50 policiers nationaux, des effectifs de la police municipale, les services techniques de la Ville, une pelleteuse, des drones et des chiens spécialisés dans la détection de stupéfiants.
Les forces de l’ordre ont avancé sur deux axes simultanés. D’un côté la lutte contre le trafic de drogue, de l’autre la cabanisation : ces constructions sauvages, mobil-homes ou abris précaires, qui ont essaimé dans le secteur depuis plusieurs années. Une dizaine d’installations illicites, en particulier des cabanes de guetteurs, ont été démontées dans la matinée.
👮🚔 A #Montpellier , comme ailleurs dans l’#Hérault , il n’y a pas de zone de non droit !
Depuis ce matin 9h une importante opération de police, pilotée par la préfète de l’Hérault, est en cours dans un haut lieu du narcotrafic à Montpellier, le quartier des Marels.
Un… pic.twitter.com/Nhic0lElDZ
— Préfète de l’Hérault 🇫🇷 (@Prefet34) April 28, 2026
Des saisies modestes mais un message politique fort
Le bilan judiciaire reste contenu : 2 000 euros en numéraire, 150 grammes de cocaïne et 50 capsules de résine de cannabis. Aucune interpellation n’a été annoncée à l’issue de la journée. Un résultat sans commune mesure avec l’opération conduite l’été dernier dans le même secteur, qui avait permis la saisie d’une trentaine d’armes et de plusieurs kilos de cocaïne.
L’objectif assumé par l’État se situe pourtant ailleurs. Reprendre le contrôle d’un quartier signalé par 39 visites policières sur le seul mois d’avril, perturber la logistique du deal en supprimant les abris des guetteurs : tel est le sens politique de cette intervention, autant adressée aux trafiquants qu’aux riverains.
« Pour éviter que le quartier des Marels ne devienne une zone de non-droit. »
Chantal Mauchet (préfète de l’Hérault) et Michaël Delafosse (maire de Montpellier) lors de la conférence de presse du 28 avril 2026
L’opération s’inscrit dans une séquence plus large d’interventions sur les points de deal de la capitale héraultaise. Quelques jours plus tôt, la cité Gély avait fait l’objet d’une opération similaire avec quatorze interpellations à la clé. Début avril, c’est le quartier de Tournezy qui avait livré cocaïne, cannabis et fusil d’assaut.
La cabanisation, plaie urbaine durable
Au delà du narcotrafic, la cité des Marels concentre depuis des années un autre fléau : la cabanisation. Ces installations sans permis, parfois habitées, posent des questions de sécurité, d’hygiène et d’urbanisme. Les services techniques de la Ville ont profité de la présence des forces de l’ordre pour évacuer carcasses de voitures, scooters volés et amas de déchets accumulés sur les parcelles concernées.
Les opérations de remise en état devaient se poursuivre ce mercredi. Le directeur départemental de la police nationale de l’Hérault a confirmé en conférence de presse que la pression sur ce secteur ne retomberait pas dans les jours et semaines à venir. Une promesse de retour assumée, conscience qu’un point de deal délogé peut reformer ses cabanes en quelques heures.
Le gouvernement entend par ailleurs durcir l’arsenal législatif. Une proposition de loi visant à renforcer les pouvoirs de l’État face à la cabanisation, déposée le 23 mars 2026 au Sénat, doit être examinée en séance publique début mai.
Marels, la place forte du nord-est montpelliérain
Située en limite nord-est de la commune, à proximité de Castelnau-le-Lez, la cité des Marels figure depuis plusieurs années sur la cartographie nationale des points de deal sensibles. Sa configuration en lotissement éclaté, avec parcelles privées et accès multiples, complique les approches policières classiques et facilite l’enracinement des trafics.
Les habitants installés légalement, eux, vivent au quotidien la présence des guetteurs, le passage incessant des deux-roues et l’accumulation d’épaves. Cette opération du 28 avril ne réglera pas la situation à elle seule. Mais elle renoue avec une stratégie d’occupation du terrain que les services de l’État avaient laissée s’éroder, faute d’effectifs et de continuité.
Pour les Montpelliérains, le test grandeur nature de cette politique se jouera dans les prochaines semaines. La pression annoncée tiendra-t-elle au-delà de la médiatisation initiale ? Ou les guetteurs finiront-ils par reconstruire leurs cabanes à quelques mètres de là ? La nouvelle cheffe d’état-major de la police de l’Hérault, Lauriane Alomene, en poste depuis le 1er avril, hérite d’un dossier qui devient















