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Agression dans le tramway de Montpellier : un couple de SDF condamné

Tramway de la ligne 4 à Montpellier en direction de Garcia-Lorca

Le tribunal judiciaire de Montpellier a rendu son verdict mercredi 29 avril dans l’affaire de l’agression survenue le samedi 25 avril dans une rame de la ligne 4 du tramway, à hauteur de l’arrêt Garcia-Lorca. Un couple de SDF, jugé en comparution immédiate pour avoir lynché et dépouillé un trentenaire, écope de peines de prison ferme.

L’homme a été condamné à trois ans de prison dont un avec sursis probatoire, sa compagne à huit mois de prison assortis d’un possible aménagement sous bracelet électronique. Retour sur les faits, l’audience et les suites de cette affaire qui s’ajoute à la longue liste des violences signalées dans le réseau TaM ces dernières semaines.

Une agression d’une rare violence à l’arrêt Garcia-Lorca

Les faits remontent au samedi 25 avril, vers 17h15, dans une rame de la ligne 4 du tramway, à l’arrêt Garcia-Lorca, dans le quartier des Prés-d’Arènes. Un Montpelliérain de 34 ans, qui venait de monter à bord, est pris à partie par un groupe de quatre individus, deux hommes et deux femmes. Une réflexion de sa part aurait servi de déclencheur à la violence qui suit.

La victime reçoit une pluie de coups de poing et de coups de pied. Son téléphone portable lui est arraché. Les agresseurs tentent également de lui dérober sa sacoche, qu’il parvient à conserver en résistant. Le médecin légiste constatera plus tard une plaie saignante au coude et dans le dos, des ecchymoses. Sur le visage, une trace « compatible avec l’empreinte d’une chaussure ».

Localisation : arrêt Garcia-Lorca, ligne 4 du tramway, quartier des Prés-d’Arènes à Montpellier.

Le bilan médical fait état de cinq jours d’incapacité totale de travail et d’un fort trouble post-traumatique. Les images de la vidéo-protection, exploitées par les enquêteurs, ont permis d’identifier deux des auteurs présumés. Le troisième individu, qui a porté plusieurs coups de pied, n’a toujours pas été interpellé.

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Un couple à la dérive jugé en comparution immédiate

Mercredi 29 avril, deux des mises en cause comparaissaient devant le tribunal judiciaire de Montpellier, présidé par Aurélien Vitrac. Le couple, sans domicile fixe, vit dans une tente installée en périphérie de la ville. Tous deux étaient alcoolisés au moment des faits, après une longue après-midi de consommation.

Devant le tribunal, l’avocat de la jeune femme a longuement décrit le parcours chaotique de sa cliente : « Frappée par son père, séquestrée, abandonnée par sa mère, elle vit encore dans la misère. » Il insiste sur la précarité quotidienne du couple, dépendant des associations d’aide aux personnes sans-abri pour se nourrir. Son confrère, qui défend le compagnon, plaide quant à lui pour une « porte ouverte à la réinsertion ».

« Quand l’un n’est pas là, l’autre vacille. Il peut regarder devant en suivant des soins, en régularisant sa situation administrative. C’est en bonne voie. »

L’avocat du prévenu, lors de sa plaidoirie

Du côté du parquet, la procureure Laure Bouvier ne se laisse pas attendrir. Elle pointe « la multiplicité des coups et leur violence », commis en réunion dans un lieu de transport clos, qui plus est en plein après-midi. Le casier judiciaire du prévenu pèse lourd : six condamnations dont deux pour atteintes aux personnes. Sa compagne a elle aussi déjà été condamnée pour des faits de violence.

Le verdict : prison ferme et obligations de soin

Le ministère public a requis trois ans de prison ferme avec maintien en détention pour l’homme. Douze mois ont été demandés à l’encontre de sa compagne. Le tribunal a suivi pour l’essentiel les réquisitions, en y intégrant une dimension de réinsertion.

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Le prévenu écope de trois ans dont un an avec sursis probatoire pendant deux ans. Le sursis est assorti de plusieurs obligations : obligation de soin, obligation de rechercher un emploi et obligation d’indemniser la victime. La femme est condamnée à huit mois de prison, le tribunal renvoyant son dossier devant le juge d’application des peines pour étudier un éventuel placement sous bracelet électronique.

Le quatrième individu visible sur les images de vidéosurveillance, identifié comme un homme ayant porté des coups de pied à la victime au sol, court toujours. Les enquêteurs poursuivent leurs investigations pour l’interpeller.

Une série d’agressions qui inquiète sur le réseau TaM

Cette affaire n’est pas isolée. En une dizaine de jours, les faits divers signalés dans le tramway montpelliérain se sont multipliés. Le 19 avril, une trentenaire avait été rouée de coups pour une place sur la ligne 2, entre les arrêts Corum et Saint-Lazare. Le 24 avril, un sexagénaire avait été violemment agressé près de l’arrêt Mas Drevon, après une simple réflexion sur la présence d’une trottinette dans la rame.

La répétition de ces incidents alimente le sentiment d’insécurité dans les transports en commun de la métropole. Plusieurs élus locaux ont demandé un renforcement de la présence d’agents de sécurité aux heures de forte affluence et la généralisation des dispositifs de vidéo-protection à bord. La direction de TaM a déjà rappelé que la quasi-totalité des rames disposent désormais de caméras, comme l’a démontré l’enquête sur l’agression du 25 avril.

Pour les Montpelliérains, ce verdict envoie un signal clair : le tribunal sanctionne fermement les violences en réunion dans les transports publics, tout en prenant en compte les parcours de précarité extrême. Reste à savoir si cette fermeté suffira à enrayer la spirale d’agressions constatées ces dernières se

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