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Université Paul-Valéry : des étudiants de troisième année privés d’examens

À l’université Paul-Valéry de Montpellier, des étudiants de troisième année de Licence affirment ne pas avoir pu se présenter à leurs examens. En cause : un système d’inscription en ligne aux sessions qui aurait ouvert un nombre de places insuffisant. Les retardataires se retrouvent renvoyés vers les rattrapages, avec des conséquences sérieuses sur leurs stages, leurs emplois et leur logement. Le syndicat majoritaire de la fac, le SCUM, dénonce une situation inédite et lance un appel à témoignage.

Un système d’inscription numérique qui ne suit pas le nombre d’inscrits

D’après le syndicat, les étudiants de troisième année ont dû passer par l’espace de travail numérique de l’université pour réserver leur place à une session d’examens. Le principe : un créneau ouvert, un nombre limité de places, un fonctionnement en premier arrivé premier servi. Le problème, c’est que la capacité ouverte n’aurait pas correspondu au volume d’étudiants concernés par cette unité d’enseignement.

Les inscrits trop tardivement sur la plateforme se sont vus refuser l’accès aux salles. Aucune session de rattrapage immédiate n’a été ouverte pour absorber ce surplus. Pour ces étudiants, la seule porte de sortie reste donc la deuxième session, organisée plusieurs semaines plus tard.

Des conséquences directes sur les stages, emplois et logements

Le calendrier de fin de Licence n’est pas un détail. Beaucoup d’étudiants enchaînent immédiatement avec un stage de fin d’études, une embauche ou un master qui démarre dès l’été. D’autres ont déjà signé leur préavis et doivent libérer leur logement étudiant à une date précise. Être renvoyé en rattrapage à plusieurs semaines d’écart change radicalement leur agenda.

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Le SCUM rappelle que ces étudiants « ne peuvent pas être empêchés de composer ». Un étudiant qui ne valide pas son année à temps risque de devoir refuser un poste, repousser une intégration en master ou prolonger un loyer qu’il n’a plus les moyens de payer. La sanction est concrète, financière et durable.

Le règlement des études en question

Le syndicat avance un argument réglementaire : le règlement des études de l’université impose deux sessions d’examens accessibles à toutes et tous. La première session, dite session principale, devrait permettre à chaque étudiant inscrit de composer. Elle est suivie d’une session de rattrapage destinée aux étudiants n’ayant pas validé leur unité d’enseignement.

Si un système d’inscription par créneaux limite mécaniquement l’accès à la première session, l’esprit du règlement n’est plus respecté. Les étudiants qui se retrouvent en deuxième session par défaut, sans avoir échoué à un examen, perdent en réalité une chance. Le calendrier officiel des examens publié par l’université ne précise pas le mécanisme d’inscription par créneaux limités. La direction de l’université n’a, à ce stade, pas communiqué publiquement sur le sujet.

Un appel à témoignage pour mesurer l’ampleur du problème

Pour évaluer le nombre d’étudiants concernés, le SCUM et un collectif de troisième année ont mis en ligne un formulaire de témoignage. L’objectif est double : recenser les cas et constituer un dossier qui puisse être présenté aux instances de l’université. Selon le syndicat, le nombre de personnes ayant déjà pris contact dépasserait largement les attentes initiales.

Le SCUM, syndicat majoritaire à Paul-Valéry depuis 2022 avec 56 % des voix aux dernières élections étudiantes, demande l’ouverture immédiate de sessions d’examens supplémentaires. La revendication est simple : que toutes et tous les étudiants concernés puissent composer en première session, comme le prévoit le règlement.

« Nous demandons la mise en œuvre immédiate d’un rétablissement de la situation avec l’ouverture de sessions d’examens conformément au nombre d’étudiantes et étudiants de troisième année. »

Communiqué du SCUM et du collectif des étudiants de Licence 3, 2 mai 2026

Une fin d’année sous tension à Paul-Valéry

L’université Paul-Valéry, qui accueille près de 20 000 étudiants en sciences humaines et sociales, traverse régulièrement des épisodes de mobilisation autour des moyens et des conditions d’études. Le calendrier universitaire 2025-2026, déjà adopté après plusieurs allers-retours en conseil, avait dû tenir compte des semaines de mobilisation du printemps. La fac avait également vu ses étudiants en architecture imaginer la fac de demain à l’Hôtel de Ville il y a quelques jours, dans un contexte plus apaisé.

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Cette nouvelle séquence intervient à un moment particulièrement sensible, en pleine période d’examens. La crise s’ajoute à un climat universitaire déjà fragile, marqué récemment par le piratage de Parcoursup touchant 705 000 candidats d’Occitanie. Les prochains jours diront si l’université ouvre des sessions complémentaires ou si les étudiants empêchés de composer devront patienter jusqu’aux rattrapages. La pression syndicale, elle, monte d’un