Au lycée Jean-Monnet de Montpellier, des élèves, des parents et une quarantaine d’enseignants ont dénoncé les propos et comportements d’un professeur qu’ils jugent inacceptables. L’enseignant vient d’être placé en congé d’office pour un mois. La communauté scolaire reste mobilisée, exigeant des réponses claires avant la rentrée prochaine.
Des propos inqualifiables dénoncés depuis des mois
Les signalements s’accumulent depuis plusieurs semaines au lycée Jean-Monnet. Les témoignages recueillis auprès des élèves, en particulier des lycéennes, sont accablants. « Les filles, si vous avez des questions intimes, venez me voir à la fin du cours », aurait déclaré l’enseignant devant sa classe. Plus grave encore, une élève rapporte qu’il lui a dit : « Je suis là pour vous accompagner dans votre future vie sexuelle. »
Les propos ne s’arrêtent pas là. Il aurait évoqué Gisèle Halimi en lançant : « De toute façon, vous en connaissez beaucoup, des filles qui se sont fait violer, vous ? » D’autres élèves font état de comportements physiques : « Il a tenté de replacer mon collier qui tombait pile dans mon décolleté », raconte l’une d’elles, quand une autre affirme avoir « senti sa main frôler mon postérieur ». Des lycéens signalent également avoir été forcés de retirer pulls et gilets sous peine d’exclusion.
Une quarantaine d’enseignants en grève le 26 mai
Face à ces témoignages, une quarantaine de personnels du lycée, majoritairement des enseignants, se sont réunis en assemblée générale le mardi 27 mai et ont décidé de suspendre les cours l’après-midi. Leur revendication principale : que ce professeur cesse d’être au contact des élèves.
Les personnels rappellent que les alertes avaient été lancées bien avant. « Un premier signalement écrit a été communiqué au proviseur le 27 mars. Un courrier a été envoyé au rectorat le 17 avril, resté à ce jour sans réponse », indique un représentant des enseignants. Le 11 mai, les représentants élus des parents d’élèves ont à leur tour alerté la direction de l’établissement. C’est à la suite de cette démarche que l’enseignant a été convoqué au rectorat le 12 mai.
« On a besoin de comprendre et d’avoir des certitudes quant à la rentrée. Si aucune réponse ne nous est apportée, on prendra les mesures nécessaires. »
Un représentant des personnels du lycée Jean-Monnet, cité par Midi Libre
Le rectorat réagit, l’enseignant mis en congé d’office
Selon les informations recueillies par Midi Libre, l’enseignant aurait été placé en congé d’office pour une durée d’un mois. Cette mesure, prévue par l’article R911-36 du code de l’éducation, permet à l’administration de mettre un fonctionnaire à l’écart lorsqu’il présente, par son état physique ou mental, un danger immédiat pour les enfants. Elle est accompagnée du traitement intégral et ouvre la voie à un examen médical pour d’éventuelles suites.
De son côté, le rectorat de l’académie de Montpellier confirme avoir été alerté : « Dès que nos services ont été informés de la situation de ce personnel, ils ont aussitôt engagé, en lien très étroit avec le chef d’établissement, toutes les procédures de suivi et d’accompagnement. » L’institution assure que « tout signalement de ce type fait l’objet d’une attention immédiate et d’un traitement sans délai. »
La justice en ligne de mire pour la rentrée
Si les personnels reconnaissent que l’éloignement immédiat de l’enseignant est une « priorité absolue » satisfaite, la question de l’avenir reste entière. Selon plusieurs témoins, cet enseignant aurait déjà eu des comportements problématiques dans d’autres établissements par le passé, sans que des mesures définitives n’aient été prises. « On ne veut pas que le problème soit reporté dans le temps. On ne veut pas non plus qu’il soit déplacé dans un autre établissement, comme cela a déjà été le cas », alertent les personnels.
Désormais, les enseignants envisagent d’activer l’article 40 du code de procédure pénale, qui oblige tout fonctionnaire ayant connaissance d’un crime ou d’un délit à en informer sans délai le procureur de la République. En attendant, ils continuent de collecter des témoignages auprès d’élèves comme de collègues et exigent d’être reçus par le rectorat avant la fin de l’année scolaire. « Les examens approchent », rappellent-ils, soulignant l’urgence d’une réponse pérenne.
Cette affaire intervient dans un contexte de tensions récurrentes dans les lycées montpelliérains. La communauté éducative de lycée Jules-Guesde avait elle aussi été le théâtre de vives tensions au printemps, avec des grèves et une marche vers le rectorat en mai dernier.














