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Vente du MHSC : la famille Nicollin cherche un repreneur, cinq investisseurs en discussion

La famille Nicollin s’apprête à tourner une page de l’histoire du football montpelliérain. Après plus de cinquante ans aux commandes du MHSC, le clan fondateur cherche activement un ou plusieurs investisseurs pour reprendre le club. Cinq candidats sont actuellement en discussion, un groupe anglais figurerait en pole position.

Le dossier avance vite : un investisseur s’est déjà déplacé à Montpellier pour évaluer le club sur place. Les premières offres concrètes sont attendues pour la mi-mai.

Cinquante ans de règne Nicollin : pourquoi vendre maintenant ?

Louis Nicollin avait racheté le club en novembre 1974 pour 400 000 francs. Son fils Laurent Nicollin a pris la suite à sa disparition en 2017, accompagné de son frère Olivier. Sous leur direction, le MHSC a traversé des hauts (le titre de champion de France en 2012) et des bas, jusqu’à la relégation en Ligue 2 lors de la saison 2024-2025.

Plusieurs facteurs ont poussé la famille à envisager la cession. La crise des droits télévisés a lourdement impacté les finances du club : Mediapro, qui devait assurer 40 millions d’euros annuels pendant trois ans, a mis fin à son contrat avant même les premiers versements. Le déficit atteint 30 millions d’euros en fin de saison. L’échec du projet de nouveau stade, qui aurait pu attirer des investisseurs, a achevé de convaincre Laurent Nicollin qu’il fallait ouvrir le capital.

« S’il faut lâcher la barre, je la lâcherai. »

Laurent Nicollin, président du MHSC, au Midi Libre le 2 avril 2026

Cinq investisseurs en lice, un groupe anglais en tête

Le journaliste d’investigation Romain Molina a révélé début avril qu’un groupe anglais serait en train de finaliser le rachat. Laurent Nicollin a confirmé l’intérêt de plusieurs candidats : quatre à cinq retours concrets sont remontés via la banque mandatée par la famille.

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Tous les scénarios restent ouverts. L’entrée au capital pourrait prendre la forme d’une participation minoritaire (10 ou 30 %) comme d’un rachat majoritaire (60 à 80 %). Laurent Nicollin n’a pas écarté non plus l’option de la multipropriété, un modèle déjà en place à Lorient et Strasbourg. Un investisseur s’est rendu à Montpellier courant avril pour rencontrer les dirigeants et évaluer les infrastructures du club.

Mi-mai 2026 : c’est la date avancée par Laurent Nicollin pour disposer d’offres concrètes et y voir plus clair sur l’identité du futur partenaire.

Olivier Nicollin lucide sur les limites familiales

Le frère cadet du président ne s’est pas montré moins direct. Dans un entretien accordé à La Gazette de Montpellier le 9 avril, Olivier Nicollin a reconnu les limites du modèle familial pour un club qui ambitionne de remonter en Ligue 1.

Olivier Nicollin estime que la famille n’est probablement pas en mesure de ramener le club au plus haut niveau. La réduction de la masse salariale est une option si aucun des cinq candidats ne concrétise son engagement. Le discours est clair : la pérennité du club prime sur l’attachement sentimental.

Sans investisseur, le MHSC pourrait être contraint de réduire drastiquement sa masse salariale, compromettant ses ambitions de remontée en Ligue 1.

Rémi Gaillard s’invite dans le dossier

Surprise du calendrier : le 12 avril, l’humoriste montpelliérain Rémi Gaillard a publié sa propre proposition de rachat du MHSC. Le Montpelliérain, déjà candidat malheureux aux élections municipales, avait porté un projet de nouveau stade durant sa campagne. S’il est difficile de mesurer le sérieux de la démarche, elle traduit l’attachement viscéral des Montpelliérains à leur club et l’émotion que suscite la possible fin de l’ère Nicollin.

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Cette initiative populaire rappelle que le MHSC n’est pas qu’un actif financier : c’est un symbole de la capitale héraultaise, porté depuis un demi-siècle par une famille ancrée dans le tissu local. L’identité du futur repreneur sera scrutée avec attention par les supporters.

Un enjeu sportif immédiat : remonter en Ligue 1

Sur le terrain, les Pailladins restent sur une série de six matchs sans défaite en Ligue 2, insuffisante toutefois pour espérer les barrages. Le prochain objectif du club est de stabiliser sa position au classement avant la fin de saison. La Coupe Gambardella offre un motif d’espoir supplémentaire : les jeunes du centre de formation disputeront une demi-finale à Rennes le 25 avril.

Le futur investisseur héritera d’un effectif en reconstruction, d’un centre de formation réputé et d’un stade vieillissant (le GGL Stadium, ex-Mosson). L’enjeu des prochaines semaines dépasse largement le rectangle vert : c’est l’avenir d’une institution montpelliéraine qui se joue dans les bureaux des banquiers et des avocats d’affaires.