C’est L’Équipe qui a mis le feu aux poudres ce jeudi 4 juin : le fonds d’investissement britannique GSS serait sur le point d’entrer au capital du MHSC. Un accord serait attendu dans les 72 heures, selon le quotidien sportif. Laurent Nicollin a confirmé les discussions, sans aller plus loin pour l’instant.
L’Équipe lève le voile sur le fonds GSS et une décision imminente
Les rumeurs courent depuis des mois autour d’une possible cession du Montpellier Hérault Sport Club. Ce jeudi, le quotidien sportif national a mis un nom sur le dossier : le fonds d’investissement anglais GSS. D’après L’Équipe, un accord entre les deux parties serait attendu d’ici les 72 prochaines heures.
Le rapprochement a été facilité par Daniel Karbassiyoon, un ancien joueur d’Arsenal. Formé chez les Gunners à 18 ans, il n’a disputé que trois rencontres avant qu’une blessure ne mette fin prématurément à sa carrière à 22 ans. Il s’est reconverti dans les technologies appliquées au sport, notamment au sein d’Arsenal, avant de s’imposer comme intermédiaire dans des opérations d’investissement dans le football anglais et européen.
Plusieurs visites d’investisseurs britanniques ou anglo-américains au GGL Stadium avaient déjà été signalées depuis le début de l’année 2026, sans qu’aucun nom ne soit confirmé. GSS est désormais identifié comme le candidat le plus avancé dans les discussions.
Nicollin confirme, sans aller au-delà
Contacté par le Midi Libre dans la foulée de la révélation de L’Équipe, Laurent Nicollin a choisi la prudence. Le président du MHSC ne nie pas les discussions mais se refuse à tout communiqué triomphal.
« Il y a des discussions, des choses, mais rien n’est acté. »
Laurent Nicollin, président du MHSC, au Midi Libre le 4 juin 2026
Cette réserve s’inscrit dans une ligne de communication que Nicollin tient depuis plusieurs semaines. En avril dernier, il avait déjà ouvert la porte à un changement de gouvernance : « Nous, on veut une équipe compétitive, car ce club et la ville le méritent. On est proche de trouver un ou deux partenaires. On verra ce qu’ils nous proposent. On verra s’ils veulent une part, s’ils veulent tout racheter, on verra ce qui est mieux pour le club. »
Le passage sans encombre du MHSC devant la DNCG fin mai 2026, sans apport de capitaux nouveaux de la famille Nicollin, avait déjà été interprété par plusieurs observateurs comme un signal fort : les futures contraintes financières seraient assumées par les prochains propriétaires, pas par la famille fondatrice.
Actionnaire minoritaire ou rachat total : tout reste ouvert
Les modalités exactes de l’opération n’ont pas filtré. GSS pourrait entrer au capital sous deux formes radicalement différentes : une participation minoritaire qui laisserait les Nicollin aux commandes ou un rachat intégral qui consacrerait la fin de plus d’un demi-siècle de gestion familiale.
Le journaliste d’investigation Romain Molina, qui avait le premier évoqué début avril l’intérêt d’un groupe anglais, avait décrit une volonté ferme de la famille de vendre à tout prix, précisant que les Nicollin « ne veulent pas laisser couler le club » mais « veulent vendre ».
La crise des droits télévisés a privé le club d’une part significative de ses revenus ces dernières saisons. La relégation en Ligue 2 lors de la saison 2024-2025 a achevé de convaincre l’entourage du président que l’ouverture du capital était inévitable. Le déficit atteignait 30 millions d’euros à l’issue de la dernière saison.
La fin d’une ère pour le football montpelliérain
Si l’opération aboutit, elle marquerait un tournant historique pour un club fondé en 1974 par Louis Nicollin et Bernard Gasset pour 400 000 francs. Après la disparition de Louis Nicollin en 2017, son fils Laurent a pris le relais avec son frère Olivier, guidant le club à travers des années de Ligue 1, avant la descente en Ligue 2.
Sous pavillon Nicollin, le MHSC a notamment remporté le titre de champion de France en 2012, le seul de son histoire. Une heure de gloire qui reste gravée dans la mémoire des supporters pailladins, qui suivront de près les prochaines 72 heures avec un mélange d’espoir et d’inquiétude.
Le club a déjà lancé sa campagne d’abonnements pour la saison 2026-2027 de Ligue 2, avec des tarifs quasi inchangés et la tribune Roussillon fermée pour raisons économiques. L’arrivée d’un investisseur étranger pourrait rapidement rebattre les cartes sur le mercato estival.
Pour rappel, notre article du mois d’avril détaillait les cinq investisseurs en lice et le contexte financier qui a poussé la famille Nicollin vers cette décision.











